Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Marichesse.com

Marichesse.com

Conseils, science, sante et bien-être


Les policiers français sont proches de la rébellion

Publié par MaRichesse.Com sur 22 Octobre 2016, 15:38pm

Catégories : #FAITSDIVERS, #FRANCE

Les policiers français sont proches de la rébellion

En France, l’état d’urgence n’est peut-être pas celui qu’on croit. A quelques jours du premier anniversaire des attentats du 13 novembre 2015 – qui avaient entraîné les mesures sécuritaires d’exception toujours en place – la traque des réseaux djihadistes a accouché d’une confrontation inédite entre policiers et gouvernement.

Lancées en dehors des syndicats, les opérations «coup de poing» des agents des forces de l’ordre – ils ont manifesté à Paris, Lyon, Bordeaux, Marseille ou Toulouse – ressemblent de plus en plus à une rebellions contre leur hiérarchie, et contre le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve. Dans une lettre expédiée vendredi, ce dernier a affirmé «mesurer les conditions éprouvantes» du travail des forces de sécurité, répétant que «les moyens réclamés seront donnés». Mais l’affaire est désormais gérée à l’Elysée où les représentants du mouvement seront reçus lundi par François Hollande.

Le déclenchement de ces protestations est lié à l’embuscade dans laquelle deux voitures de police sont tombées le 8 octobre à la périphérie de la Cité de la Grande Borne à Viry-Châtillon, au sud de Paris. Attaqués aux cocktails molotovs, plusieurs policiers avaient été brûlés dans leurs voitures et l’un d’entre eux est toujours dans un état grave. Une semaine plus tard, dans la nuit du 15 au 16 octobre, des policiers se sont à nouveau retrouvés pris pour cible dans un autre quartier sensible, celui du Val Fourré à Mantes-la-Jolie (Yvelines).

Réactions en chaînes

Ces deux événements témoignent d’une double réalité, un an après l’entrée en vigueur de l’état d’urgence qui a accru les moyens de perquisition, d’écoute, d’interpellation et d’envoi en détention. D’un côté, les moyens dévolus au quadrillage des cités difficiles ont été réduits pour favoriser la traque antiterroriste, les policiers généralistes étant happés par les missions de renseignement intérieur. De l’autre, les «coups de pied» donnés grâce à l’état d’urgence dans la fourmilière des trafics qui alimentent les réseaux islamistes radicaux (armes, stupéfiants…) provoquent des réactions en chaîne. Dernier point enfin: le ressentiment des flics envers la justice qui, pour cause de prisons bondées et d’incarcérations massives d’islamistes, est accusée de relâcher les malfrats.

«On se retrouve pris dans l’étau des règlements de compte. On est les cibles les plus faciles car les «caïds» nous connaissent», explique au Temps un responsable du commissariat de Grigny, la commune de la cité de la Grande Borne. Une première preuve de cet engrenage avait été apportée, à la mi juin, par l’assassinat à leur domicile de Magnanville (près du Val Fourré) d’un couple de policiers par Larossi Abballa, un délinquant radicalisé. Le meurtrier avait ensuite été tué.

L’autre aspect compliqué de cette mobilisation – déclenchée alors que la campagne pour la primaire de la droite des 20 et 27 novembre favorise la surenchère sécuritaire – est qu’elle échappe aux corps intermédiaires. En France, la droite comme la gauche s’appuient, pour négocier avec la police, sur les syndicats (plus de 60% des policiers sont syndiqués) et sur des réseaux moins publics mais efficaces comme ceux de la franc-maçonnerie. Or cette fois, c’est la base qui proteste. L’appel aux rassemblements nocturnes spontanés dans les villes lors des heures de travail – par exemple sur les Champs Elysées à Paris ou sur le Vieux-Port à Marseille – n’avait pas l’objet d’un préavis de grève classique. Idem pour l’appel, lancé vendredi, à manifester tous les mardis devant les palais de justice.

Craintes d'attentats

Comment en sortir? D’abord en trouvant d’urgence un compromis entre les syndicats classiques et les représentants du mouvement actuel. De l’autre, en jouant la montre… faute d’autre choix. Le démantèlement prévu sous peu de la «jungle» des 7000 migrants de Calais est ainsi assuré d’accroître les tensions, surtout s’il ne se passe pas bien. On craint aussi, avec le siège de Mossoul et l’anniversaire du 13 novembre, de possibles actions terroristes en France. Le versement de primes, et l’ouverture d’une grande négociation sur les conditions de travail de la police pourraient, au moins, calmer les rebelles. Dans l’espoir que cette crise policière ne profitera pas trop à la candidate du Front national à la présidentielle de 2017, Marine Le Pen.

Source

Commenter cet article

Archives