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Conseils, science, sante et bien-être


Les opiacés nous rendent indifférents à la mignonnerie des enfants

Publié par MaRichesse.Com sur 3 Octobre 2016, 05:09am

Catégories : #SANTE-BIEN-ETRE

Les opiacés nous rendent indifférents à la mignonnerie des enfants

Le cerveau de dépendants aux opiacés ne réagissent pas aux caractéristiques physiques qui, normalement, poussent les humains à prendre soin des plus vulnérables.

Une étude présentée au 29e congrès du Collège européen de neuropsychopharmacologie observe que la dépendance aux opiacés –que ce soit des médicaments comme le Fentanyl ou des drogues comme l'héroïne– modifie la perception des visages infantiles et la réceptivité des individus à leur mignonnerie. Le caractère étant un déclencheur connu de bienveillance, d'altruisme et de sollicitude, ce travail prouve que le système opioïde de notre cerveau est bien impliqué dans notre propension à vouloir (ou non) prendre soin des autres, mais il laisse aussi entendre que les substances qui le modifient ne sont vraiment pas à prendre à la légère.

À la base, cette étude se fonde sur un concept formulé en 1943 par Konrad Lorenz: leKindchenschema ou «schéma du bébé», soit le fait que des êtres ou des objets présentant des caractères néoténiques poussent intuitivement à la prévenance. Ce qui expliquepourquoi l'évolution les a sélectionnés chez les plus vulnérables, à savoir les bébés animaux, y compris humains –ils sont littéralement une garantie de survie.

Ce que Lorenz ne pouvait pas savoir, c'est que notre cerveau accompagne ce réflexe du mignon d'un réel et très addictif sentiment d'euphorie prenant racine dans son centre de récompense, bourré comme de juste de récepteurs aux opiacés. Plusieurs études montrent en effet que plus les visages d'enfants possèdent des caractéristiques «objectivement» mignonnes, plus ils déclenchent attendrissement et envie de pouponner chez ceux qui les regardent –un phénomène, sans réelle surprise, d'autant plus saillant chez les femmes, et ce qu'elles aient ou non enfanté.

D'où l'idée de Daniel Langleben, psychiatre affilié à la faculté de médecine de l'université de Pennsylvanie et de sa collègue An-Li Wang de concevoir une étude pilote rassemblant 47 adultes dépendants aux opiacés et traités pour leur toxicomanie à la naltrexone. Dans les dix jours précédant le début de leur désintox, et dans les dix jours qui l'ont suivi, les chercheurs leur ont montré des visages de bébés tout en surveillant leur encéphale par IRMf.

«Nous observons que les cerveaux des individus dépendants aux opiacés ne réagissent pas au schéma du bébé», explique Langleben.

Par contre, une fois «traités par le médicament qui bloque les effets des opiacés, la réponse devient plus similaire à celle des sujets sains. Ce qui indique un mécanisme cérébral sous-jacent aux problèmes de déficit de cognition sociale chez les personnes abusant des opiacés».

En particulier, l'étude pourrait permettre de comprendre pourquoi les problèmes d'investissement parental sont si courants chez ce type de drogués – et offrir un possible remède aux délétères conséquences sur le développement des individus de la négligence et de la maltraitance infantiles. Mais Langleben met aussi en garde contre l'usage médicamenteux des opiacés. «Nos données posent aussi la question de l'effet des médicaments opiacés sur la cognition sociale en général. En fonction du contexte clinique, un tel effet peut être désirable ou non.»

Et vu que «les opiacés font partie des médicaments les plus prescrits au monde et pour des traitements souvent au long cours», conclut-il, «c'est un élément qui n'est pas à négliger»

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