Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Marichesse.com

Marichesse.com

Conseils, science, sante et bien-être


Les auteurs de la fuite au bac 2011 n’ont «pas fait gaffe»

Publié par MaRichesse.Com sur 16 Octobre 2016, 04:08am

Catégories : #JUSTICE, #ECOLE, #FAITSDIVERS, #FRANCE

Cinq prévenus étaient jugés hier pour une affaire de triche au bac 2011, largement médiatisée à l’époque. Une fraude qui n’a pas empêché les jeunes de poursuivre leurs études.

Cinq prévenus étaient jugés hier pour une affaire de triche au bac 2011, largement médiatisée à l’époque. Une fraude qui n’a pas empêché les jeunes de poursuivre leurs études.

L’affaire de la photo diffusée sur internet la veille de l’épreuve de maths du bac 2011 était jugée jeudi 13 octobre au palais de justice de Paris. Une star du Barreau, l’avocat pénaliste Olivier Morice, s’est démenée pour défendre les prévenus, un père de famille, son fils, et trois jeunes parisiens.
 
C’est Dominique, le père de famille, qui rejoint la barre en premier. Peu volubile, il peine à convaincre la procureure de sa bonne foi. Cet agent de maintenance informatique d’une cinquantaine d’années est soupçonné d’avoir subtilisé la feuille contenant une partie d’un sujet de bac S alors qu’il travaillait pour le rectorat d’Aix-Marseille. Les mains vissées à la barre, il raconte: «Au rectorat d’Aix, ils laissaient traîner leurs papiers partout. J’ai simplement pris cette feuille comme un brouillon pour noter des informations techniques. Je ne savais pas qu’il y avait le sujet en verso. Dans la précipitation, on fait pas gaffe».
 
«Je brûle tout, même mes tickets de caisse»
Cédric, un des 4 prévenus
Dans le jardin familial de Dominique, Cédric, son fils, alors élève de terminale, ramasse le papier et le glisse dans son sac. Il raconte: «Un jour je croise Bryan (également en terminale à l’époque NDLR), et je lui parle de cet exercice comme d’une annale, qui pourrait - on ne sait jamais - tomber cette année. Jamais je n’ai cru qu’il s’agissait du vrai exercice du bac à venir. Je l’ai laissé prendre une photo et je suis reparti». Cédric brûle ensuite le papier, ce qui interpelle la présidente. «Ça ne prouve rien. Je brûle tout, même mes tickets de caisse», se défend-il.
 
Bryan, c’est l’élève le plus brillant du groupe. Le bac est loin pour lui, puisqu’il est désormais étudiant en licence de mathématiques à Dauphine. Sa veste bleu marine est froissée, mal ajustée, mais il électrise l’audience à chaque prise de parole. Il s’emporte, puis s’excuse, en boucle. «J’ai pris la photo vite fait, je n’y attachais pas d’importance. Un exercice de probabilités comme celui-ci, pour moi, c’était vraiment facile, je l’ai terminé très vite. Je n’ai jamais pensé que c’était le vrai» raconte le jeune homme. Pour lui aussi tout cela n’est que le fruit d’un malheureux hasard. Un flou entoure l’enquête autour de son téléphone. «Quand on a vu l’ampleur que ça prenait dans les médias, Cédric m’a appelé pour que je lui donne mon téléphone. La conversation a été très tendue mais j’ai fini par accepter». Son ami Cédric, de l’autre côté de la chambre correctionnelle, réfute. «Je n’ai jamais récupéré son téléphone. J’ai juste retrouvé Bryan pour effacer la photo avec lui. J’avais peur». Où se trouve ce téléphone aujourd’hui? La police n’a jamais pu le retrouver.
 
«Ce n’est pas ça, la justice!»
Maître Morice, avocat de la défense
Avant de se retrouver placardée sur le site jeuxvideos.com par Steven, qui ne se présentera pas à l’audience, la photo passera entre les mains d’Adel, intermédiaire final, jeune homme timide à la parole fluette: toute l’audience place sa main en pavillon autour de l’oreille pour l’entendre. Jusqu’à trois heures du matin le jour de l’examen, il a planché sur le sujet: «Je n’ai réussi que les deux premières questions, je séchais sur la 3ème. C’est pour ça que j’ai envoyé le sujet à Steven, j’avais besoin d’aide». La présidente s’étonne d’un tel acharnement sur un sujet qui, selon tous les prévenus, n’était qu’une annale comme une autre.
 
Entre 5 et 8 mois de prison avec sursis requis
Pour la procureure de la République, la probabilité pour qu’il ne s’agisse que d’une naïveté béate est proche de zéro. Les prévenus étaient conscients de ce qu’ils avaient dans les mains. Elle requiert 8 mois avec sursis pour les deux extrémités de la chaîne, Dominique et Steven, 6 mois avec sursis pour Cédric, et 5 pour Bryan et Adel.
 
Maître Morice, avocat général de la défense, tente d’intimider la jeune procureure de la République. Il semble vouloir agir avec le public comme avec un juré, il passe dans les rangs, harangue la foule. Selon lui et les trois autres avocats de la défense, le débat est faussé du début à la fin. Il s’agit bien d’une inadvertance suivie d’un concours de circonstance. L’avocat s’en prend au système politique et médiatique qui a condamné les prévenus avant même le début du procès. «On a dit, dès le début de l’affaire ‘vu qu’ils ont le même sujet que celui du bac, ils sont coupables’. Ce n’est pas ça, la justice!». Tous les avocats plaident la relaxe pour leurs clients.
 
La présidente remettra finalement la décision en délibéré au 9 novembre. Après cinq ans d’attente, les prévenus devront patienter encore un mois.
 
Malgré cette triche, certains d’entre eux ont pu obtenir leur bac, et l’un d’eux a même poursuivi des études brillantes à l’université Paris-Dauphine.
 
Fraude aux examens: que dit la loi?
■Sanctions disciplinaires
 
La commission académique peut décider, selon les cas:
 
● un blâme,
 
● la privation de toute mention au diplôme,
 
● l’interdiction de participer à tout examen de l’Éducation nationale pendant 5 ans au maximum (bac ou post-bac),
 
● l’interdiction de s’inscrire dans un établissement public du supérieur (temporairement ou définitivement),
 
● l’interdiction définitive de passer tout examen de titre ou diplôme délivré par un établissement public du supérieur et de s’y inscrire.
 
La sanction s’accompagne de l’annulation de l’épreuve pendant laquelle s’est déroulé la fraude pour le candidat (il aura alors la note de 0).
 
Selon les cas, la commission peut aussi prononcer la nullité de l’examen pour ce candidat.
 
Toute sanction peut être inscrite au livret scolaire
 
■Sanctions pénales
 
La fraude au bac constitue un délit. Son auteur et ses complices encourent une peine:
 
de 9 000 € d’amende, et/ou de 3 ans d’emprisonnement.
 
Informations sur le site Service-public.

 Source

Commenter cet article

Archives