D'après le professeur Johan Verbraecken, coordinateur du centre de sommeil de l'hôpital universitaire d'Anvers (UZA), le nombre d'heures de sommeil nécessaires à un fonctionnement normal dépend d'une personne à l'autre, mais seuls 5 à 10% de la population est capable de passer de courtes nuits. Les autres ont besoin de sept à neuf heures de sommeil par nuit. Et s'il n'est pas grave de passer une nuit courte, l'accumulation du manque de sommeil entraîne des conséquences désastreuses pour la santé.

1. Moins d'énergie

Il est évident qu'on a moins d'énergie quand on ne dort pas assez. "Vous éprouvez le besoin de dormir, ce qui entraîne les troubles classiques : vous êtes somnolent, vous avez du mal à vous concentrer, vous avez moins d'énergie et vous vous sentez plus indolent parce que votre esprit n'a pas suffisamment récupéré " explique le professeur Verbraecken au journal De Morgen.

2. Plus de maladies infectieuses

Le manque de sommeil compromet le fonctionnement du système immunitaire et entraîne un risque accru de rhumes, de grippes et d'autres maladies infectieuses. Une étude de l'université Carnegie Mellon, à Pittsburg, parue dans la revue professionnelle Sleep affirme même que les personnes qui dorment moins de six heures par nuit ont 4,2 fois plus de risques de contracter un rhume.

3. Le surpoids

À en croire une étude de l'Université du Colorado, perdre quelques heures de sommeil pendant quelques nuits de suite pourrait conduire à une prise de poids immédiate. La fatigue incite non seulement à manger plus, mais différemment. Ainsi, nous aurions tendance à manger plus de glucides, à manger moins au petit déjeuner et beaucoup plus après le repas du soir. À long terme, le manque de sommeil peut entraîner l'obésité et les conséquences néfastes qui en découlent.

4. Une fonction cognitive diminuée

"Les fonctions cérébrales qui dépendent du lobe frontal du cerveau sont très sensibles au manque de sommeil. Si vous dormez trop peu, ces fonctions sont touchées", explique Verbraecken. Du coup, l'attention se relâche, la mémoire fonctionne moins bien, on réagit moins rapidement, on a du mal à fixer des priorités, on devient irritable et on est plus enclin à prendre une mauvaise décision.

Inutile de rappeler que c'est néfaste pour les activités quotidiennes, mais aussi pour la conduite où les conséquences peuvent être désastreuses. Selon une étude réalisée en 2010 par l'Asfa (Association des sociétés françaises d'autoroutes), la somnolence au volant est considérée comme la première cause de mortalité sur les autoroutes françaises.

5. Moins de contrôle de nos émotions

À en croire une étude de la Harvard Medical School et de l'université de Californie à Berkeley, un manque de sommeil augmente l'activité dans les zones émotionnelles du cerveau de 60%, ce qui explique pourquoi on éclate plus rapidement en sanglots, on est plus agressif ou susceptible quand on est fatigué. Selon le professeur Verbraecken, le manque de sommeil peut même entraîner une dépression.

6. Symptômes de vieillissement

Si d'après Verbraecken, il n'y a pas de lien direct établi entre le manque de sommeil chronique et la démence, bien dormir peut tout de même aider à lutter contre cette affection. Les personnes prédisposées à la démence qui dorment peu peuvent en effet voir leurs symptômes empirer. En outre, plusieurs études révèlent que le sommeil est important pour la récupération et l'hydratation de la peau.

7. Les troubles cardiovasculaires

D'après une étude de la Chicago Medical School relayée par De Morgen, les gens qui dorment moins de 6 heures par nuit courent deux fois plus de risques d'avoir une attaque d'apoplexie ou une crise cardiaque. À long terme, le manque de sommeil chronique peut en effet entraîner une hypertension permanente. Verbraecken pointe également les risques accrus de diabète.

8. Une espérance de vie plus courte

Sans surprise, les risques accrus liés au manque de sommeil chronique compromettent également l'espérance de vie. Tous les mécanismes susmentionnés entraînent en effet un état de santé négatif général, "ce qui à terme peut également accroître les risques de cancer et de problèmes intestinaux et augmente le risque de décès prématuré", conclut Verbraecken. (CB) levif