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Le succès ambigu de Céline Alvarez, l'institutrice qui veut révolutionner la pédagogie

Publié par MaRichesse.Com sur 1 Octobre 2016, 05:06am

Catégories : #ECOLE

Le succès ambigu de Céline Alvarez, l'institutrice qui veut révolutionner la pédagogie

Son livre, Les Lois naturelles de l'enfant, est en tête des ventes. Cette enseignante se prévaut de résultats impressionnants. Qu'en est-il ?

A regarder les vidéos filmées dans l'ancienne classe de maternelle de Céline Alvarez, on ne peut qu'applaudir à deux mains. La plupart de ces enfants, issus de milieux défavorisés, y savent tous lire à cinq ans, voire à quatre ans pour plus de la moitié d'entre eux. Certains réalisent des divisions à quatre chiffres. Ces images de très jeunes enfants calmes, posés, curieux, s'exprimant avec précision, ont été diffusées au 20 heures de France 2, soulevant l'enthousiasme sur les réseaux sociaux. La jeune femme, démissionnaire de l'Éducation nationale, y est présentée comme une «victime» du mammouth qui l'aurait brisée, alors qu'elle était détentrice d'une méthode pédagogique miracle.

 

L'ancienne institutrice a posé mi-septembre dans Paris-Match. Elle a même fait l'objet d'une pétition de soutien. Depuis les ventes de son livre Les lois naturelles de l'enfant (éditions Les Arènes) se sont envolées. Elle est désormais numéro 2 des ventes en France, juste derrière Patrick Buisson mais devant Harry Potter. Du coup, comme les stars, elle a décidé de faire «une diète médiatique» dont elle sortira peut-être au mois de novembre, explique-t-elle, par mail, au Figaro.

Les parents de jeunes enfants s'arrachent ce livre, les professeurs, eux, sont divisés. Il y a ces «centaines» d'enseignants séduits par sa méthode qui affirment, sur son blog, s'inspirer de ses pratiques pédagogiques. Ils lui reconnaissent un talent de vulgarisatrice hors pair et un enthousiasme libérateur. Il y a ceux, jaloux ou sceptiques, qui ne manquent pas de souligner qu'elle a beau jeu de donner des leçons pédagogiques et de fustiger la rigidité du système alors qu'elle a quitté le navire pour faire des conférences et des formations désormais payantes. Ses résultats, soulignent ses détracteurs, n'auraient pas pu être obtenus sans le soutien financier de l'association «Agir pour l'école» qui lui a offert plus de 10.000 euros de matériel pédagogique et l'emploi à temps plein d'une assistante d'éducation rompue à la pédagogie de Maria Montessori. D'ailleurs son livre ne serait qu'une réécriture de cette pédagogie italienne vieille de plus de 100 ans. Maria Montessori, qui appartenait au mouvement de l'école nouvelle créé après la première guerre mondiale, avait inventé sa pédagogie pour les enfants handicapés, puis l'avait utilisée auprès des enfants pauvres des faubourgs de Rome.

» Une pédagogie expérimentale qui souffre du manque de données scientifiques

Professeur des écoles et syndiquée au Se-Unsa, Stéphanie de Vanssay ne dit pas autre chose dans sa critique de ce livre qui «reprend les fondamentaux de la pédagogie» et décrit son expérience de trois ans avec «beaucoup de naïveté et de bons sentiments, d'affirmations non étayées, ce qui du coup ne fait pas très sérieux». Rien de très nouveau dans ce que Céline Alvarez raconte, critique également Roland Gouigoux, universitaire spécialiste de l'apprentissage de la lecture lequel lui reconnaît cependant une vraie réussite, fruit d'une alchimie complexe, celle d'un enseignement hyperindividualisé, basé sur du sur-mesure pour chaque enfant, caractérisé aussi par une bonne maîtrise didactique et une disponibilité maximale des deux enseignantes dans la classe.

La jeune femme affirme avoir obtenu des résultats extraordinaires validés par le CNRS de Grenoble mais ces derniers n'ont porté que sur une année d'enseignement dans une seule classe. «C'est un peu court» pour ses anciens soutiens selon qui la personnalité d'Alvarez, solaire, passionnée, ultra-investie, capable de travailler 100 heures par semaine, n'est pas transposable si aisément dans l'Éducation nationale. Son livre, écrit dans un style simple et direct est agréable à lire et offre des pistes intéressantes d'éducation mais laisse quelque peu perplexe. Il faut aider «l'être humain à révéler sa belle et lumineuse nature», écrit-elle par exemple de façon quasi mystique. Les enfants faisaient «ce qu'ils voulaient» mais surtout «ils voulaient ce qu'ils faisaient», souligne-t-elle encore, quelque peu mystérieuse. 

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