Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Marichesse.com

Marichesse.com

Conseils, science, sante et bien-être


La religion dans l'entreprise: un sujet à haut risque

Publié par MaRichesse.Com sur 2 Octobre 2016, 10:45am

Catégories : #RELIGION, #EMPLOI, #TRAVAIL, #ENTREPRISE

La religion dans l'entreprise: un sujet à haut risque

Temps de pause pour la prière, prise de congés pour une fête religieuse, questions alimentaires, refus de serrer la main à une femme… Comment gérer les demandes d’ordre religieux dans l’entreprise ? « Le sujet est à haut risque », a prévenu Jean-Paul Bailly, président de l’association Entreprise & Personnel, le 12 septembre, en ouvrant les 5esEntretiens de la cohésion sociale. Il n’est cependant plus possible de fermer les yeux, tranche Henri de Castries, président de l’Institut Montaigne et coorganisateur de la manifestation, « l’émergence du fait religieux en entreprise est inévitable ». Mais il ne faut lui opposer « ni négation ni trop grande complaisance », dit-il.

Pas de jurisprudence claire

Le juste milieu, que l’ancien numéro un d’Axa appelle de ses voeux, est d’autant plus difficile à trouver que la jurisprudence n’a pas donné de direction claire jusqu’à présent. « Ces quinze dernières années, ces affaires n’ont jamais été jugées de la même façon », relève Eric Manca, avocat associé chez August & Debouzy. Même la Cour de cassation « ne sait pas régler les problèmes et renvoie à la loi européenne ».

En témoigne le procès qui oppose depuis 2008 une salariée voilée, ingénieure d’études dans une société d’informatique, licenciée après les récriminations d’un client. Un motif réel et sérieux, ont estimé les prud’hommes et la cour d’appel. Mais la plus haute juridiction, saisie, en a référé à la Cour de justice de l’Union européenne, dont l’avocate générale, Eleanor Sharpston, a pris en juillet une position tranchée. « Le règlement d’une entreprise imposant un code vestimentaire parfaitement neutre est susceptible de créer une discrimination indirecte », a estimé la magistrate. Décision d’ici à la fin de l’année.

En attendant, les entreprises cherchent leur voie. La société Paprec a négocié et fait voter par les salariés une charte de la laïcité que chaque nouvelle recrue doit signer. Le voile ? « On a des salariées qui le laissent dans leur voiture en arrivant et qui le remettent en partant, assure Claude Solarz, le vice-président. Quant aux salutations et au refus de serrer la main, on en parle, et si ça ne marche pas, on se sépare. » Un cas assez isolé.

A la RATP, Patrice Obert a été nommé délégué général à l’éthique le 1er décembre 2015 : un poste créé après les attentats de novembre. La présence d’un de ses anciens agents dans le commando qui a attaqué le Bataclan a entraîné « une campagne médiatique », présentant la RATP « comme une entreprise qui recrute des terroristes », déplore ce dirigeant. Des attentats qui ont profondément changé le regard des salariés sur les questions religieuses. « En 2010, c’était une question qui se posait entre le salarié et son manager, résume Luis Molina, directeur compétences et performances sociétales du groupe. Aujourd’hui, on a un collectif qui demande au manager de prendre position. »

Pour apporter des réponses, les pouvoirs publics ont réuni les parties prenantes autour d’une table. « Le 20 octobre, nous publierons le premier guide du fait religieux dans les entreprises privées, en partenariat avec des entreprises comme Casino, RATP, BNP Paribas ou EDF, a annoncé Clotilde Valter, secrétaire d’Etat à la Formation professionnelle et à l’Apprentissage, lors du colloque. « Un vrai mode d’emploi envisagé du point de vue de l’employeur et de celui du salarié », a-t-elle promis. 

 Source

Commenter cet article

Archives