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Conseils, science, sante et bien-être


L'enfer des migrants en Grèce

Publié par MaRichesse.Com sur 16 Octobre 2016, 04:46am

Catégories : #EUROPE

Depuis des mois, de nombreux syriens sont coincés sur place. Au fil du temps, leurs chances d'être relocalisés ailleurs en Europe s'amenuisent et les conditions d'accueil se dégradent.

Depuis des mois, de nombreux syriens sont coincés sur place. Au fil du temps, leurs chances d'être relocalisés ailleurs en Europe s'amenuisent et les conditions d'accueil se dégradent.

«Je ne sortirai plus toute seule dans ce camp.» Rama Wahed a 16 ans. Depuis sept mois, cette jeune syrienne, son frère Kamal, 17 ans, «l'homme de la famille qui ressemble davantage à un enfant perdu»écrit le Washington Post, et sa mère Lamis sont en Grèce. Et sur place, la situation en fait qu'empirer.

Avec des centaines d'autres migrants comme eux, les voilà dans une ancienne usine de fabrication de papier toilette. Les moustiques ont infesté les tentes du campement, on parle d'agressions, de vols, de trafics de drogues, de tentatives de suicide. Et du viol d'une adolescente de 14 ans, rapporte le quotidien américain. Et au milieu de ce chaos, aucune porte de sortie. «Nous ne sortirons jamais de là. Jamais», se désespère Kamal.

En juin 2015 pourtant, tous les États de l'Union européenne avaient accepté de partager le fardeau porté par la Grèce et l'Italie. Mais progressivement, tous ont retourné leur veste sous la pression de population de plus en plus ouvertement méfiantes concernant l'accueil de ces migrants. Résultat, après seize mois, l'Union n'a rempli que 3,3% de sa promesse, comptabilise le Washington Post. À peine un peu plus de 5.000 réfugiés –4.134 de Grèce, 1.156 d'Italie– ont été relocalisés ailleurs. Le ministre de l'Intérieur autrichien a appelé la semaine dernière à une plus grande fermeté de l'Europe. Selon lui, les migrants qui n'ont pas obtenu l'asile doivent être expulsés et l'accès aux frontières encore plus serré.

Pour la Grèce, au bord de la banqueroute, le fardeau est énorme. Mais quelques voix dans l'Union critiquent les mauvaises conditions d'accueil des migrants sur place, malgré plus d'un milliard d'euros d'aide.

Kafka

Pour comprendre à quelle point la situation est kafkaïenne, il n'y a qu'à citer l'exemple du camp de Diavata. Une ONG allemande a proposé sa construction dans la banlieue de Thessalonique en utilisant 2,5 millions d'euros des fonds européens. D'après une estimation du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, 1,5 millions suffisaient pour prendre en charge 1.500 réfugiés. Pas assez, a répliqué le ministère grec en charge de l'immigration qui a, lui, fixé un budget de 8,5 millions avec emploi d'une firme locale. Résultat, aucun accord n'a été trouvé ce quel type de bâtiment construire et à quelle échéance, explique le Washington Post...

Résultat, de nombreux besoins des migrants ne sont pas pris en charge, comme l'éducation. Dans le camp de Rama et Kamal, une ONG parvient à offrir quelques heures de cours par jour. Certains enfants n'ont pas été à l'école depuis quatre ans. «Ils sont en train de gâcher leur avenir», déplore Ahmed, professeur et lui-même réfugié. «Personne ne se soucie de notre sort. Il n'y a rien pour nous ici, ils ne veulent pas de nous», avance Rama. Sa mère Lamis tente de la réconforter:«Ils ont promis de nous laisser rentrer. Ils vont tenir leur parole. Ça prend juste un peu plus de temps que prévu.» En vain. «Nous n'aurions jamais dû quitter Alep.»

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