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L’égalité salariale hommes-femmes? Pas avant 2186

Publié par MaRichesse.Com sur 26 Octobre 2016, 14:58pm

Catégories : #ECONOMIE, #HOMME-FEMME

L’égalité salariale hommes-femmes? Pas avant 2186

En 2186, les femmes pourront gagner le même salaire que les hommes. Il faudrait donc encore 170 ans pour atteindre la parité dans ce domaine après «un recul dramatique des progrès». C’est le résultat d’une étude mondiale publiée ce mercredi par le Forum économique mondial (WEF). Lointain? C’est pire que cela: l’an dernier, la même étude parlait de 2133 avant que l’écart des genres ne disparaisse dans le domaine économique. En moyenne, selon l’étude, les femmes gagnent un peu plus de la moitié du salaire d’un homme.

La Suisse régresse

Un certain nombre de pays, dont la Suisse et les Etats-Unis, affichent une régression, qui s’explique en partie par des changements méthodologiques qui donnent une image plus précise des inégalités. La première dégringole du 10e au 11e rang, tandis que les seconds s’effondrent au 45e rang, perdant 17 places. L’Islande et les pays nordiques dominent le classement. Le top dix n’est pas la chasse gardée des Européens. Le Rwanda (5e), les Philippines (7e) et le Nicaragua (10e) y figurent aussi.

L’Europe occidentale, avec onze pays dans les 20 premiers, reste néanmoins la mieux représentée. Dans l’ensemble, c’est la région qui traite les femmes le mieux, avec un écart comblé à 75%. Selon les projections du WEF, il pourrait disparaître totalement en 47 ans. L’Italie et la Grèce faisant exception: les deux pays ont chuté à la 50e et 92e place. Au fond du classement, l’Asie du sud: il faudrait plus de mille ans pour arriver à l’égalité si aucun effort supplémentaire n’est fait.

Des talents gâchés

Pour le WEF, «le monde risque de gâcher un nombre alarmant de talents s’il n’agit pas rapidement pour réduire les inégalités entre les sexes qui peuvent compromettre la croissance et priver certaines économies de possibilités concrètes de développement.» Le rapport ausculte quatre domaines: l’accès à l’éducation, à la santé, aux opportunités économiques et la représentativité politique. Les deux premiers secteurs sont les plus égalitaires à travers le monde. Dans le domaine économique, la situation inquiète d’autant plus que la tendance au rattrapage s’inverse et que «le fossé entre les sexes, désormais de 59%, est plus élevé qu’il n’a jamais été depuis 2008», souligne le rapport. En politique, des progrès sont visibles, même si cela reste le domaine où les écarts sont les plus criants (23%, contre 22% en 2015).


 

«Les évolutions technologiques affectent davantage les femmes que les hommes»

Responsable de l’étude, spécialiste des questions de genre et membre du comité exécutif du WEF, Saadia Zahidi détaille ces résultats. Les femmes sont davantage affectées par le changement technologique, prévient-elle.

Le Temps: Etes-vous déçue par ces résultats qui montrent une situation qui empire dans certains pays comme la Suisse et les Etats-Unis?

Saadia Zahidi: Les résultats montrent que la réduction du «gender gap», l’écart entre les hommes et les femmes, a calé. C’est en particulier le cas dans les pays développés. Il faut préciser que le changement de méthodologie explique en partie cette dégradation. Nous avons une vision plus claire et plus transparente. Mais ce n’est pas la seule explication: les évolutions technologiques affectent davantage les femmes que les hommes, par exemple. En outre, les infrastructures de soutien, comme les crèches, ne sont pas encore à la hauteur de ce que nous pouvons attendre des pays développés pour permettre aux femmes de travailler. Il y a néanmoins une bonne nouvelle: les écarts se réduisent nettement dans le domaine politique, où la représentation des femmes progresse. C’est le secteur où les améliorations peuvent se produire le plus rapidement et où des mesures peuvent être prises.

– Comment expliquez-vous le recul marqué en Suisse et aux Etats-Unis?

– Le résultat de la Suisse est particulièrement affecté par le changement de méthodologie. Nous nous appuyons sur les données du Programme des Nations unies pour le développement, qui les a révisées. Jusqu’ici, il considérait le revenu moyen à 40 000 dollars par an pour les pays développés. Pour la Suisse, ce n’était clairement pas la réalité. Désormais, la médiane pour un homme est de 69 500 dollars et de 49 500 pour une femme. Cela nous donne une perspective plus précise pour le pays, dont le classement n’aurait pas changé sans ces nouvelles données.

– Pourquoi les changements technologiques affectent-ils davantage les femmes que les hommes? On imagine plutôt des robots qui remplaceraient des ouvriers dans des usines…

– Les changements technologiques montrent en effet quelques paradoxes. Le cliché de l’ouvrier remplacé par un robot n’est pas faux, mais ce n’est pas le tableau complet. Nous avons réalisé un sondage auprès de grandes entreprises. Il nous a montré qu’une automatisation des emplois est en cours et touche effectivement des emplois typiquement masculins, mais pas seulement. Il a aussi révélé que des fonctions administratives, ou de ventes, plus souvent féminines, sont aussi en train d’être disruptées. A cela s’ajoute un deuxième problème: l’automatisation détruit des emplois mais elle en crée. Or, elle en crée dans des domaines scientifiques, là aussi, plus masculins. Les femmes souffrent donc du double effet de la perte d’emplois et de la non-participation à ceux qui sont créés. Il faut toutefois nuancer: cette conclusion n’est pas irrémédiable, nous ne sommes qu’au début de cette transformation. Des politiques peuvent inverser la tendance par exemple en incitant les femmes à opter pour des formations scientifiques et rester dans cette voie.

– Avec la possible élection aux Etats-Unis de la première femme présidente, on pourrait avoir l’impression que la situation s’est améliorée. D’autant plus qu’il a pu sembler que l’importance de mieux intégrer les femmes dans l’économie pour améliorer la croissance faisait l’objet d’une prise de conscience. En fait, les résultats indiquent que l’égalité sera atteinte dans 170 ans, ce qui montre le chemin qu’il reste à parcourir. D’où vient cet écart de perception?

– Nous vivons dans un monde interconnecté, où les informations circulent très vite et influencent les perceptions. En outre, certains thèmes comme les disparités de genres prennent de l’ampleur. Mais si ces thèmes prennent de l’ampleur, c’est parce que les problèmes deviennent plus visibles et que l’écart est encore immense. Cela montre aussi l’étonnement du public face aux accès inégaux aux opportunités. Cela dit, c’est bien d’en parler, mais il faut faire plus que parler, il faut aussi des mesures si l’on veut que les choses changent.

– Si une femme devient présidente des Etats-Unis, cela peut-il aider?

– Les «role models» aident, évidemment. D’autant plus qu’il s’agit de la première économie mondiale et que l’événement est très visible.

– A voir votre classement, il n’y a pas véritablement de plus grande égalité dans les pays développés que dans les pays en développement… Est-ce encore un cliché de penser que le monde occidental offre une meilleure égalité des chances?

– Nous nous concentrons sur l’écart qui existe, pas sur le niveau. Sans tenir compte de ce dernier, nous pouvons déterminer si les hommes et les femmes ont un même accès à l’éducation, à la santé, aux opportunités économiques et s’ils sont représentés de manière égale en politique. Le classement peut donc rapprocher des pays dont les citoyens ont des revenus très différents, mais un accès proche.

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