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L’assaut des médias américains pour stopper Donald Trump

Publié par MaRichesse.Com sur 7 Octobre 2016, 12:13pm

Catégories : #POLITIQUE, #ETATS-UNIS, #TRUMP

L’assaut des médias américains pour stopper Donald Trump

Ce n’est plus un flot. C’est un torrent. Depuis quelques semaines, les médias américains mènent ce qu’en termes militaires ils appelleraient un «surge». Jour après jour, ils publient éditoriaux après éditoriaux, tribunes après tribunes et chroniques après chroniques dont l’objectif est commun: empêcher Donald Trump de devenir le 45e président des Etats-Unis.

Dans le «Washington Post», il n’est pas rare de voir cinq des six chroniqueurs en un seul jour se focaliser sur le candidat républicain pour en dénoncer la démagogie, la vacuité ou le tempérament inadéquat. Mardi, le chroniqueur conservateur Michael Gerson y fustigeait les «hommes blancs fâchés» qui conseillent Donald Trump: Newt Gingrich, Roger Ailes ou encore Rudy Giuliani.

«Il n’y a pas de limite à la folie humaine»

Dans le «New York Times», tous les chroniqueurs utilisent leur espace pour dire tout le mal qu’ils pensent du magnat de l’immobilier devenu politicien. Roger Cohen n’y échappe pas. Il explique de façon alarmiste pourquoi le candidat républicain est aux portes de la Maison-Blanche: «C’est possible parce que l’Histoire montre qu’il n’y a pas de limite à la folie humaine.» Le magazine «The Atlantic» fait lui aussi dans l’hyperbole: Trump est à ses yeux le «candidat d’un des deux grands partis manifestement le plus inapte dans les 227 ans d’histoire de la présidentielle.».

Lire aussi l'interview de Paul Krugman: «Avec Trump, la démocratie pourrait se défaire assez vite»

Les tirs croisés viennent moins des chaînes de télévision câblées comme CNN, Fox News ou MSNBC, mais davantage des journaux traditionnels. C’est ainsi que le quotidien «USA Today» a pour la première fois en trente-quatre ans d’existence décider de prendre position contre Trump sans toutefois soutenir Hillary Clinton. Ses raisons? «Du moment où il a annoncé sa candidature il y a 15 mois au (premier) débat présidentiel, Trump a montré de façon répétée qu’il n’a ni le tempérament, ni connaissance, ni constance et l’honnêteté dont l’Amérique a besoin de la part d’un président. Que ce soit par indifférence ou ignorance, Trump a trahi les promesses fondamentales faites par tous les présidents depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.»

Des médias associés à l'élite

Plus étonnant encore «l’Arizona Republic». Le journal appelle officiellement à voter pour Hillary Clinton, malgré ses «imperfections». Depuis sa création en 1890, le journal n’a jamais soutenu un démocrate. Responsable des pages opinions, Phil Boas l’admet: plusieurs lecteurs ont annulé leur abonnement. Mais il ne flanche pas: «Nous savons que nous prenons la bonne décision.» Idem pour le «Dallas Morning News», un journal pourtant très républicain. Plus de 80 titres se sont ralliés à la candidature de l’ex-secrétaire d’État. Pour sa part, le républicain, qui avait été soutenu par le «New York Post» de Rupert Murdoch et le très complotiste National Enquirer durant les primaires, n’a pour l’heure l’appui d’aucun journal.

Pour Donald Trump, cet assaut médiatique, qui apparaît comme un sursaut républicain contre la culture du mensonge, de l’extrémisme et de la démagogie, confirme que les médias traditionnels sont inféodés à la campagne de Hillary Clinton. Durant les primaires, il a constamment décrié les journalistes, «la plus basse forme de l’humanité». Il qualifie la chaîne câblée CNN de «dégoûtante et malhonnête» et la surnomme le «Clinton News Network». Dans cette veine populiste, les médias sont clairement associés à l’élite, à cet establishment que l’électorat de Donald Trump exècre. Sans utiliser le même vocabulaire et recourir à la vulgarité, le rival malheureux de Hillary Clinton lors des primaires, Bernie Sanders, dénonçait lui aussi avec véhémence les grandes entreprises de médias.

Grâce aux réseaux sociaux

La prolifération et la violence des éditoriaux anti-Trump indiquent-elles que les journalistes n’ont pas la conscience tranquille quant au travail accompli jusqu’ici? Les médias traditionnels n’ont pas, comme on l’entend souvent, créé le phénomène Trump. Celui-ci a été rendu possible grâce aux réseaux sociaux et fut difficile à appréhender d’un point de vue journalistique. Mais ces mêmes médias n’ont pas toujours pris la mesure de ce qui arrivait.

 

Les télévisions y ont vu un intérêt commercial et ont donné au républicain un temps de parole excessif. Le milliardaire a eu droit à l’équivalent de 4,6 milliards de dollars de couverture gratuite si on traduit son temps d’antenne en publicité. Professeur de journalisme à la City University de New York, Jeff Jarvis ne s’étonne pas de constater qu’une part de l’électorat américain en colère est prêt à voter pour Trump. A ses yeux, les journalistes américains ont échoué à parler des vrais problèmes de l’Amérique dont le sous-emploi qui mine en particulier les classes laborieuses blanches, moins éduquées. Le sursaut médiatique aura-t-il un effet? Chez les «trumpistes», il ne fera qu’accentuer le clivage entre le peuple et les élites. 

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