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Jean-François Copé, pour une droite « décomplexée »

Publié par MaRichesse.Com sur 4 Octobre 2016, 04:20am

Catégories : #POLITIQUE, #FRANCE

Jean-François Copé, pour une droite « décomplexée »

► Sa stratégie

La stratégie de Jean-François Copé consiste à dénoncer « la bande des quatre » (en réalité cinq), formée par tous ceux qui ont exercé des fonctions exécutives entre 2007 et 2012 : Nicolas Sarkozy (président de la République), François Fillon (premier ministre), Alain Juppé, Bruno Le Maire et Nathalie Kosciusko-Morizet (ministres). Cette formule était autrefois utilisée par le FN afin de mettre dans le même sac le RPR, l’UDF, le PS et le PCF.

Jean-François Copé concentre toutefois ses coups sur Nicolas Sarkozy, pour plusieurs raisons. D’une part, les relations entre l’ancien chiraquien et l’ancien balladurien oscillent depuis longtemps entre méfiance et détestation, ce dernier sentiment l’emportant depuis l’affaire Bygmalion. « Si j’avais été mis en examen, je n’aurais pas été candidat », répète le premier en faisant allusion à la mise en examen du second, dans l’affaire Bygmalion, pour avoir dépassé le plafond légal de dépenses électorales. Il est le seul, avec François Fillon, à attaquer Nicolas Sarkozy sur ce terrain judiciaire.

 

D’autre part, les deux hommes se positionnent sur un créneau identique en défendant, face à la droite « molle » ou « tiède », une « droite décomplexée », réputée correspondre au noyau dur des sympathisants Républicains. Si ce créneau semble actuellement monopolisé par Nicolas Sarkozy, le maire de Meaux trace son sillon en espérant rattraper son grand retard.

Tout d’abord, en fustigeant « la droite qui recule » et en prônant une « vraie rupture complète », dans l’optique de séduire l’électorat de droite déçu par le quinquennat sarkozyste. De fait, il assure être celui qui a soufflé à Nicolas Sarkozy, en mars 2007, le mot « identité » pour ses discours (cité dans Copé, l’homme pressé, Solenn de Royer et Frédéric Dumoulin, L’Archipel, 2010). Ensuite, en dénonçant « la droite Trump populiste et racoleuse », visant tout autant Bruno Le Maire que Nicolas Sarkozy.

► Ses idées phares

Sur le fond, la « droite décomplexée » dont se réclame Jean-François Copé (Manifeste pour une droite décomplexée, Fayard, septembre 2012) s’entend tant dans le domaine économique que sur les thématiques de sécurité, d’immigration et d’identité nationale.

En août 2013, Jean-François Copé, alors président de l’UMP, avait prononcé un grand discours sur le thème de la liberté. Ce créneau d’un libéralisme économique décomplexé, qui fut celui de Nicolas Sarkozy entre 2001 et 2006 et que partage François Fillon depuis 2006, irrigue tout le programme économique de l’auteur du Sursaut français (Stock, janvier 2016) : supériorité des accords d’entreprise sur la loi ; suppression de la durée légale du travail, désormais déterminée par référendum d’entreprise ; assouplissement des modalités de licenciement ; dégressivité des allocations-chômage ; fin de l’emploi à vie dans la fonction publique  ; suppression d’un jour férié (le 8 mai) ; enfin, symboliquement, attribution dès l’âge de 16 ans d’un identifiant personnel d’entreprise (Siret).

 

Sur les questions régaliennes, Jean-François Copé assume l’idée d’un « tournant sécuritaire » (suppression des aménagements et réductions de peine automatiques, rétablissement des peines plancher, etc.), avec le recrutement de 50 000 policiers, gendarmes, magistrats, gardiens de prison et militaires.

Le maire de Meaux veut également durcir la politique migratoire : expulsion des étrangers condamnés (« double peine »), fixation annuelle par le Parlement des chiffres de l’immigration légale, durcissement des conditions du regroupement familial (notamment une présence de trois ans au lieu de dix-huit mois), conditionnement de l’accès à toute prestation d’aide sociale, allocation familiale ou aide au logement subordonnée à une présence légale de cinq ans, suppression du droit du sol (comme Jean-Frédéric Poisson et le FN).

Enfin, favorable à l’assimilation, Jean-François Copé veut « interdire le port de signes ou de tenues manifestant ostensiblement une appartenance religieuse dans un établissement public à l’ensemble des agents mais aussi aux usagers » (ce qui est déjà le cas dans les écoles, collèges et lycées publics) ou rendre obligatoire dans les écoles publiques l’uniforme et la levée des couleurs.

► Ses forces et ses faiblesses

Depuis l’alternance, Jean-François Copé a subi deux coups durs. Le premier dès novembre 2012, lorsque François Fillon, l’accusant de fraudes, a refusé d’accepter sa victoire à la présidence de l’UMP. Cette crise interne a fait chuter sa cote d’avenir dans le baromètre TNS Sofres-Le Figaro-Magazine de 27 à 20 % entre octobre et décembre 2012.

Surtout, second coup dur, le 27 mai 2014 : il est poussé par le bureau politique de l’UMP à la démission en raison de l’affaire dite Bygmalion. Cette société dirigée par des proches a facturé au parti des prestations non réalisées. Première hypothèse à l’époque : l’accumulation par les copéistes d’un trésor de guerre. Seconde hypothèse : la facturation à l’UMP d’une fraction des dépenses de campagne de Nicolas Sarkozy. L’épisode est violent et la cote d’avenir de Jean-François Copé s’effondre à 11 %.

 

L’hypothèse d’une caisse noire copéiste a finalement été écartée et l’intéressé a été placé sous le statut de témoin assisté. Ce qui signifie qu’il existe « des indices rendant vraisemblables » des infractions, mais que ceux-ci ne sont pas suffisamment « graves ou concordants » pour une mise en examen, préalable à un éventuel renvoi devant le tribunal correctionnel. « Je suis donc innocent », répète inlassablement celui qui assure qu’en tant que président de l’UMP, il ne voyait « ni les factures ni les chèques ».

Le principal atout du maire de Meaux est cependant sa combativité. « Quand il tombe de cheval, il se remet toujours en selle », avance le candidat à la primaire en parlant aussi bien de lui que de son personnage préféré, Zorro. Lors de son départ de l’UMP, ses collaborateurs lui ont d’ailleurs offert l’affiche du film Le Retour de Zorro (1937).

Son itinéraire, à la présidence du groupe à l’Assemblée nationale, en 2007, puis à la tête du parti, entre 2010 et 2014, lui a en outre permis de se constituer un réseau de fidèles, à l’exemple des députés Michèle Tabarot et Bernard Deflesselles. Même si 48 % des parlementaires copéistes de novembre 2012 ont, aujourd’hui, rallié Nicolas Sarkozy. À commencer par son ami chiraquien Christian Jacob, président du groupe LR à l’Assemblée nationale et ancien président délégué du club copéiste Génération France. 

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