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«J'ai surpris Göring en train de se curer le nez»

Publié par MaRichesse.Com sur 3 Octobre 2016, 06:10am

Catégories : #JUSTICE, #ALLEMAGNE

«J'ai surpris Göring en train de se curer le nez»

Ce procès historique raconté par un de ses interprètes.

Il y a 70 ans, le 1er octobre 1946, les sentences du procès de Nuremberg étaient prononcées: Hermann Göring et onze autres criminels nazis furent condamnés à mort par pendaison, sept autres à des peines de prison, trois autres enfin furent acquittés.

Au cours de ce procès historique intenté par les puissances alliées contre 24 dignitaires nazis, qui s'étira sur dix mois, les criminels nazis furent appelés pour la première fois à s'exprimer au sujet des crimes de masse perpétrés sous le troisième Reich. Les interprètes chargés de la traduction simultanée des échanges durant ce qui fut le tout premier procès international jouèrent un rôle-clef.

L'hebdomadaire allemand Der Spiegel donne cette semaine la parole à George Sakheim, 93 ans, interprète allemand-anglais au procès de Nuremberg. Né à Hambourg en 1923 dans une famille juive, George Sakheim a pris la fuite à l'âge de dix ans avec sa mère, rejoignant la Palestine puis les États-Unis. Il est revenu en Allemagne en 1945 en tant que GI, et a notamment participé à la libération du camp de concentration de Mittelbau-Dora, en Thuringe. Il se souvient:

«Nous avons découvert des montagnes de cadavres en putréfaction, parmi lesquels se trouvaient des survivants, pareils à des squelettes humains, qui tendaient des bras implorants vers nous.»

Au procès, il est notamment chargé de traduire les mots de Rudolf Hess, commandant du camp d'extermination d'Auschwitz, qui avait été arrêté pendant le procès et qui comparaissait donc en qualité de témoin:

«Je n'ai jamais rencontré quelqu'un d'aussi horrible, de si bas, c'était vraiment une brute. Comme si cela ne le concernait pas, Hess a expliqué qu'on aurait pu aussi tuer sans problème plus de 10.000 personnes en l'espace de 24 heures. Que le gazage était ce qui allait le plus vite, et que la crémation était ce qui prenait le plus de temps.»

George Sakheim était également présent lorsqu'Hermann Göring était à la barre:

«Cet homme était terrifiant, et il parlait comme s'il était toujours au pouvoir. Il était le leader secret des accusés, il essayait de faire en sorte qu'ils se tiennent les coudes, il ne tolérait aucune contradiction. Göring pensait qu'il était le plus grand, le meilleur et le plus important du procès. Une fois, je l'ai surpris en train de se curer le nez. J'ai regardé Göring en riant doucement, et il m'a jeté un regard acerbe.»

L'interprète, qui revient également sur l'ambiance qui régnait au procès de Nuremberg dans le documentaire Le procès du siècle, en ligne sur le site d'Arte jusqu'à fin octobre 2016, a été chargé de traduire simultanément une vingtaine d'interrogatoires. Notamment celui d'Otto Olhendorf, commandant du groupe d'intervention D 1941/42 en URSS, et à ce titre responsable de l'assassinat de 90.000 personnes. À la barre, le SS n'a fait part d'aucun regret, explique George Sakheim:

«Les hommes comme Ohlendorf évoquaient les atrocités qu'ils avaient commises sans aucune émotion. Comme les autres parlent de leur job. Ou d'une partie de chasse. L'air de rien, comme s'il s'agissait de se débarrasser de la vermine à la maison. J'essayais de rester calme et de me contrôler. Mais à l'intérieur de moi, je bouillais, je me sentais malade. J'ai eu envie de vomir à plusieurs reprises.»

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