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Hollande reconnaît le rôle de l'État dans la persécution des Tsiganes

Publié par MaRichesse.Com sur 29 Octobre 2016, 09:36am

Catégories : #POLITIQUE, #FRANCE

Hollande reconnaît le rôle de l'État dans la persécution des Tsiganes

François Hollande était samedi à Montreuil-Bellay dans le Maine-et-Loire dans ce qui fut le plus grand camp d'internement de Tsiganes de France. Il a reconnu la responsabilité de la France dans cette tragédie.

Voilà plus de trente ans que les Tsiganes de France attendaient cette reconnaissance. Samedi matin, François Hollande était à Montreuil-Bellay dans le Maine-et-Loire à l'occasion d'une cérémonie nationale du souvenir organisée sur les vestiges d'un camp d'internement de Tsiganes datant de la Seconde Guerre mondiale. Ce déplacement du chef de l'État symbolise le 70e anniversaire de la libération des derniers Tsiganes en 1946. «Le jour est venu et il fallait que cette vérité soit dite», a dit le président français. «La République reconnaît la souffrance des nomades qui ont été internés et admet que sa responsabilité est grande dans ce drame», a-t-il poursuivi. «La France reconnaît sa responsabilité dans le drame de Montreuil-Bellay» sans «oublier que dans d'autres régions, les gens du voyage ont été déportés à Auschwitz parce qu'ils étaient des Tziganes», a dit François Hollande.

C'est la première fois qu'un président évoque ainsi la responsabilité de l'Etat dans la persécution des gens du voyage, une reconnaissance réclamée de longue date.

François Hollande a inauguré une stèle mémorielle sur place. Pour Eugène-Alain Daumas, président de l'Union Française des Associations Tsiganes (UFAT), c'est l'aboutissement de plusieurs années de militantisme. «On a eu beaucoup de difficultés à faire valoir cette commémoration oubliée. Il fallait tout le temps rappeler dans les discours que notre histoire était partie intégrante de l'histoire de France», explique-t-il au Figaro avant de souligner «le courage de François Hollande» à qui il a promis de «dire merci».

Jacques Sigot.

Après avoir travaillé près de quarante ans sur le sujet, Jacques Sigot, instituteur-historien local, estime que la reconnaissance est «quelque chose d'extraordinaire». «Depuis qu'ils ont annoncé la venue de François Hollande, ils ont tout restauré alors que le site a longtemps été dans un état sauvage», poursuit-il. Il se dit «très content que le site soit enfin sauvé», là où «29 personnes, essentiellement des bébés et des hommes âgés, sont mortes».

Reconsidérer une histoire occultée

Classé monument historique en 2012 et considéré comme le plus grand camp d'internement de Tsiganes de France (4000 personnes y sont passées), le site de Montreuil-Bellay, dont il ne reste que des vestiges, est hautement symbolique. Il témoigne des conditions de traitement dramatiques endurées par ces personnes entre 1940 et 1946. En effet, alors qu'ils suspectaient les nomades d'être des espions, les nazis ont créé plusieurs camps d'internement sur l'ensemble du territoire pour les confiner. «Entre insalubrité, malnutrition et maladie, les conditions étaient lamentables», raconte Eugène-Alain Daumas. Le gouvernement de Vichy était lui en charge de la gestion de ces camps et a donc largement participé à l'internement des Tsiganes. D'autant qu'une loi française de 1912 ordonnait déjà le fichage des «nomades». Enfin, preuve que L'État français était fortement impliqué: les derniers Tsiganes ne seront libérés qu'en 1946, près de deux ans après la Libération.

Le camp d'internement de Montreuil-Bellay pendant la Seconde guerre mondiale.

Cette reconnaissance est une première étape pour la population nomade dont la mémoire a longtemps été occultée. Pendant des années, elle a gardé ces souvenirs enfouis, les dissimulant à ses enfants, avant que la parole ne se libère.

Désormais, les gens du voyage se battent pour l'abrogation totale de la loi de 1969 qui instaura le «livret de circulation», obligeant ses détenteurs à se présenter à un commissariat tous les trois mois pour indiquer où ils se trouvent, et dont la suppression a seulement été votée en 2015 par l'Assemblée nationale, après réclamation de l'ONU. «Nous attendons le décret maintenant. Pour nous c'est toujours d'actualité. Il arrive encore que l'on nous demande le carnet alors que ce n'est plus obligatoire. C'est aberrant», déplore Eugène-Alain Daumas. François Hollande a plaidé samedi dans ce sens. Il s'en est remis au Parlement pour que très prochainement «les gens du voyage soient des citoyens comme les autres, des Français et des Françaises à part entière», a-t-il dit.


Hollande visitera un CAO

Dans la foulée de la commémoration du camp de Montreuil-Bellay, le chef de l'Etat se rendra à quelques kilomètres de là au centre d'accueil et d'orientation (CAO) de Doué-la-Fontaine, où il échangera avec des migrants de Calais, arrivés cette semaine dans le centre, et les acteurs du secteur associatif qui les accompagnent. Il devrait y prononcer un discours à la mi-journée. 

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