Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Marichesse.com

Marichesse.com

Conseils, science, sante et bien-être


François Mitterrand à Anne Pingeot: «Je t’aimerai jusqu’à la fin de moi»

Publié par MaRichesse.Com sur 7 Octobre 2016, 06:07am

Catégories : #PEOPLE

François Mitterrand à Anne Pingeot: «Je t’aimerai jusqu’à la fin de moi»

L’événement est à la fois médiatique et littéraire. A l’occasion du centenaire de la naissance de François Mitterrand, le 26 octobre 1916 à Jarnac, Gallimard s’apprête à publier deux ouvrages exceptionnels. Le premier, Lettres à Annecomprend plus de 1200 courriers et poèmes adressés à l’amour de sa vie, la femme de l’ombre et la mère de Mazarine, de 1962 à 1995. Le second,Journal pour Anne regroupe une vingtaine de carnets que le sénateur de la Nièvre a tenus de 1964 à 1970. Cet album, adressé à sa maîtresse, regroupe des articles politiques, des caricatures ou des portraits de lui-même, agrémentés de ses commentaires. «Joli coup éditorial, fomenté dans le plus grand secret par Anne Pingeot et Antoine Gallimard», précise L’Express.

 

 
Sa maîtresse compile ses lettres. 
D'amour. 
Une déclaration. 
Post. 
Mort. 
T'aime.

 
 

En pleine campagne électorale, alors qu’aucun candidat ne semble avoir l’étoffe d’un chef d’Etat et que la prose présidentielle est souvent réduite à quelques tweets, la figure de Mitterrand revient comme une nostalgie, rappelant ce que fut la grandeur de la France. Peut-être même l’a-t-il inventée, cette grandeur, cette France cultivée, lettrée, stratégique, florentine et amoureuse des Arts. Lui, c’était elle. Et vice versa. Mitterrand a écrit sa légende. L’histoire a retenu d’autres aspects de son règne. Cynique, conspirateur, dissimulateur, ambitieux jusque dans la tombe, et cruel bien au-delà. Mais sa statue de Commandeur continue de faire de l’ombre à ses successeurs.

Lire aussi: En 2016, la France désenchantée de la «Génération Mitterrand»

 

De Machiavel à Tristan

Avec cette double publication, à paraître le 13 octobre, l’image du Sphinx va changer. Mitterrand y offre un nouveau visage, celui «d’un amant enflammé, vibrant et sans retenue», selon Eve Roger, journaliste à Europe 1. On le savait Machiavel, le voici transformé en Tristan. Mais un Tristan qui aurait une plume. A en juger par certaines de ses lettres déjà mises en ligne, l’homme aimait, follement, passionnément, mais il savait aussi dire l’amour, l’attiser, l’aiguiser, le nourrir et le faire durer à travers sa correspondance. Ce recueil consacre donc un écrivain, «notre dernier président à vénérer la langue française, user du subjonctif passé, connaître le chromatisme des métaphores et pouvoir écrire, comme ici, de vibrants poèmes d’amour…», selon Jérôme Garcin, qui a lu toutes les lettres et en fait un bel hommage dans le Nouvel Obs. Un exemple: «J’aime ton corps, la joie qui coule en moi quand je détiens ta bouche, la possession qui me brûle de tous les feux du monde, le jaillissement de mon sang au fond de toi, ton plaisir qui surgit du volcan de nos corps, flamme dans l’espace, embrasement» (1970).

Lettres chaudasses de #Mitterrand publiée au "nom de l'Histoire": dans 50ans, les photo. de Sarko et Carla dans les clubs échangistes ?

— Noémie Halioua (@NaomiHalll) 6 octobre 2016

L’événement a aussi de quoi surprendre puisque Anne Pingeot, qui en a décidé la publication, est toujours restée en retrait, tapie dans une discrétion qui était dans sa nature, mais qui lui a aussi permis de protéger sa relation clandestine et le fruit de cet amour, Mazarine. Alors pourquoi publier cette correspondance si intime? Pour Philip Short, auteur de Portrait d’un ambigu, Anne Pingeot aurait mal supporté toutes les versions non autorisées de sa vie et voulait dire sa vérité. Par délicatesse, comme le relève Ariane Chemin du quotidien Le Monde, elle a attendu «la mort de l’épouse officielle, Danielle Mitterrand, pour la mise à nu de ses secrets d’alcôves. Les lettres sont publiées brutes, sans préambule ni introduction de la conservatrice. Anne Pingeot reste l’absente-présente de ces deux livres, comme elle l’a été tout au long de la geste mitterrandienne.»

 

Pas mal, comme première lettre reçue de son papa, non ?

 
 

Une autre hypothèse surgit sous la plume de Jérôme Garcin. Anne Pingeot a fait ce que Mitterrand aurait souhaité qu’elle fasse, lui, l’obsédé de la postérité: «… à son «Anne chérie», sa «Nannon aimée», son «canard à l’orange amère», sa «Nannour», son «Animour», il raconte dans le détail ses tournées de député, les débats houleux à la Chambre, le propos des articles et des livres qu’il rédige, sa première candidature à la présidence de la République, les coups qu’il reçoit, ainsi que les innombrables parties de golf qui ponctuent, avec autant de trous, son long parcours politique – «Quel chemin à gravir!» (septembre 1965). En lui écrivant, il s’écrit aussi à lui-même, et tout laisse à penser ici qu’il envisageait une publication posthume de cette correspondance.»

Jusqu’à son dernier souffle, il lui a écrit, avec la reconnaissance de l’amant heureux et apaisé: «Tu as été la chance de ma vie. Comment ne pas t’aimer davantage?» Avec cette double publication, Mitterrand revient hanter la campagne présidentielle comme si, même de l’au-delà, c’était encore lui qui décidait du calendrier. 

 Source

Commenter cet article

Archives