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Donald Trump joue de plus en plus avec le feu

Publié par MaRichesse.Com sur 20 Octobre 2016, 09:30am

Catégories : #POLITIQUE, #ETATS-UNIS

Donald Trump joue de plus en plus avec le feu

Après avoir affirmé en boucle que l'élection était «truquée», le candidat républicain refuse désormais de s'engager à accepter le verdict des urnes le 8 novembre.

Ces derniers jours, Donald Trump n'avait de cesse d'affirmer que l'élection présidentielle était «truquée», aussi bien par l'engagement supposé des médias en sa défaveur que par des fraudes au sein des bureaux de vote. Lors du troisième et ultime débat face à Hillary Clinton, mercredi 19 octobre, il a franchi une étape supplémentaire en refusant de s'engager à accepter les résultats du scrutin quand le journaliste de Fox News Chris Wallace lui a posé la question:

«Je vais y réfléchir. Je vais vous laisser la surprise.»

Une attitude «inédite dans l'histoire de la démocratie américaine», souligne le Guardian,que Hillary Clinton a qualifiée d'«horrifiante»«Pour ma part, je suis écœurée que quelqu'un qui est le nominé d'un des deux principaux partis adopte cette position.» Comme l'écrit ABC News, «les assertions de Trump soulèvent la perspective que des millions de ces supporters n'acceptent pas le résultat le 8 novembre s'il perd, amenant la nation dans un territoire inexploré. Des élections libres et justes, dont le vaincu s'écarte pacifiquement pour laisser place au vainqueur, ont été au fondement de la tradition démocratique américaine depuis la création du pays il y a 240 ans». Dick Morris, un ancien conseiller de Bill Clinton devenu un ennemi de la famille, affirme qu'il s'agit quasiment d'un crime de lèse-Constitution et que les États-Unis «ne sont pas une république bananière». The Atlantic estime de son côté que cette réponse va détruire sa campagne pour les trois semaines à venir et que Trump vient de tendre aux médias et aux Républicains qui ne veulent plus le soutenir la corde pour le pendre.

Juste avant et juste après cette réponse, des membres de l'entourage de Trump avaient laissé entendre une petite musique différente. Sa fille Ivanka a expliqué que, gagnant ou perdant, son père accepterait le résultat de l'élection, tandis que sa directrice de campagne Kellyanne Conway a affirmé que, en l'absence d'irrégularité majeures, elle lui conseillerait d'accepter le résultat, mais qu'elle pensait que, de toute façon, il allait gagner. Son candidat à la vice-présidence Mike Pence a lui affirmé qu'il accepterait les résultats «si le vote était juste».

Plusieurs dirigeants républicains, dont les proches du candidat Rudy Giuliani et Jeff Sessions, ont eux adopté un autre angle d'attaque: pour eux, la prise de position de Trumpn'est pas différente de celle adoptée par Al Gore quand il avait contesté les résultats de l'élection présidentielle en 2000. Un argument de mauvaise foi: Gore avait à l'époque contesté sa défaite, de quelques centaines de bulletins, dans l'État de Floride, soit environ 0,01% des voix, la loi de l'État prévoyant un recompte automatique quand l'écart est inférieur à 0,5%; et il avait accepté sa défaite quand la Cour suprême, la plus haute instance du pays, avait rendu une décision en sa faveur par une voix d'écart. Trump, lui, menace de ne pas accepter les résultats d'une élection dont les sondages le donnent pour l'instant perdant de 7 points en moyenne, sans apporter de preuves substantielles de fraude et alors que dans deux tiers des États, les élections sont organisées par des administrations républicaines.

Un autre exemple historique fournit un éclairage intéressant, celui de la présidentielle 1960. John F. Kennedy l'avait emporté d'un peu plus de 100.000 voix seulement au plan national sur Richard Nixon, et avait gagné de justesse dans deux États-clef, l'Illinois et le Texas. Dans ces deux États, fiefs respectifs du tout puissant maire de Chicago Richard Daley et du candidat à la vice-présidence Lyndon Johnson, des rumeurs de bourrage des urnes avaient couru. Pressé par ses proches de contester le résultat, Nixon avait finalement renoncé en arguant qu'un recours aurait déchiré les États-Unis et affaibli la position du pays dans le monde. Une décision qui n'était pas sans arrière-pensées puisqu'il voulait aussi ne pas paraître mauvais perdant et menacer sa future carrière, là où Trump est apparemment décidé à faire tapis sur cette candidature.

Dans cette campagne électorale, le candidat républicain a souvent été comparé à Nixon.Avant ce troisième et ultime débat, un éditorial de l'agence Bloomberg affirmait justement qu'il lui faudrait se préparer à l'être encore plus au moment d'accepter sa défaite. En 1988, lors d'un débat, le candidat vice-démocrate à la vice-présidence Lloyd Bentsen avait envoyé dans les cordes son adversaire Dan Quayle, qui comparaît son âge à celui de Kennedy, en lui lançant: «Senator, you're no Jack Kennedy.» À trois semaines de l'élection, Trump, lui, n'est apparemment même pas encore Richard Nixon.

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