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Corée du Nord : Enfer ? ou Paradis ?

Publié par MaRichesse.Com sur 22 Octobre 2016, 19:58pm

Catégories : #COREE, #MONDE

Corée du Nord : Enfer ? ou Paradis ?

Il est grand temps pour les peuples qui forment l'humanité de se désengluer de la propagande étazunienne qui pourrit nos cerveaux par l'intermédiaire des media. Il y a quelques semaines encore, je n'aurais pas imaginé devoir remettre en question ce qu'on nous matraque depuis ma naissance sur l'enfer Nord-Coréen.

Mais il faut se rendre à l'évidence : pas plus que d'enfer Irakien, d'enfer Libyen, d'enfer Syrien, il n'y a pas non plus d'enfer Nord Coréen. Il n'y a que des restes de propagande américaine solidement implantés dans nos cerveaux formatés. Il s'agit d'un pays de 25 millions d'habitants qui, comme l'Irak, la Lybie et la Syrie, a refusé l'hégémonie étazunienne, et en a subi la perverse punition, sous forme d'un tapis de bombes au napalm (3,2 millions de litres) et 600.000 tonnes de bombes (quatre fois plus que le Japon). On peut comprendre dès lors qu'il ait recherché un certain isolement. Et on comprend évidemment que la diabolisation tous azimuts ait suivi cet echec américain patent, puisqu'on connait maintenant parfaitement la méthode.

Il est temps de nous refaire un oeil neuf sur ce pays tant décrié, au travers de l'article du toujours excellent Georges Stanechy.

http://stanechy.over-blog.com/2016/10/coree-du-nord-surf-sur-desinformation.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

En préambule, je citerai Harold Pinter, dans son discours de réception du Nobel de littérature 2005 :

"L’invasion directe d’un état souverain n’a jamais été, de fait, la méthode privilégiée de l’Amérique. Dans l’ensemble, elle préférait ce qu’elle a qualifié de « conflit de faible intensité ».« Conflit de faible intensité », cela veut dire que des milliers de gens meurent, mais plus lentement que si vous lâchiez une bombe sur eux d’un seul coup. Cela veut dire que vous contaminez le cœur du pays, que vous y implantez une tumeur maligne et que vous observez s’étendre la gangrène. Une fois que le peuple a été soumis – ou battu à mort – ça revient au même – et que vos amis, les militaires et les grandes sociétés commerciales, sont confortablement installés au pouvoir, vous allez devant les caméras et vous déclarez que la démocratie l’a emporté. "

 

« La majorité des hommes politiques, à en croire les éléments dont nous disposons, ne s'intéressent pas à la vérité mais au pouvoir et au maintien de ce pouvoir.

Pour maintenir ce pouvoir il est essentiel que les gens demeurent dans l'ignorance, qu'ils vivent dans l'ignorance de la vérité, jusqu'à la vérité de leur propre vie.
Ce qui nous entoure est donc un vaste tissu de mensonges, dont nous nous nourrissons. »

Harold Pinter (1)

Un peu d’activité ludique…

Je vous emmène pour une séance de surf.

Où ?...

Dans l’antre du Diable !... Du moins, tel qu'il est formaté par notre industrie de la désinformation : en Corée du Nord !...

Sur la superbe côte ensoleillée de Majon, dans sa partie "Est". Près du chef lieu de la province de "Hamgyong du Sud", et deuxième ville du pays par le nombre d'habitants (environ 1 million) : Hamhung ; important centre universitaire (facultés de médecine - écoles d'ingénieurs), et industriel (chimie - textiles).

 

Majon est une des récentes destinations prisées des surfeurs de toutes nationalités qui viennent pratiquer leur discipline, en compagnie des sportifs et sportives du pays. En recherche permanente de nouveaux "spots" ; lieux d'harmonie, de fusion, entre splendeurs des paysages côtiers et force sereine des mers ou océans. Où, pour les grands solistes, au sommet d'une vague géante, effort, technique, risque, se transcendent en "art". Dans les rires et les chansons...

Sourire, grâce, et joie de vivre à Majon

 

Paranoïa "Occidentale"

Il existe même une école internationale de surf à Majon. Notre lumineuse championne,Sarah Hébert, y est une des marraines bienveillantes ou "sirènes protectrices". De quoi susciter de ferventes vocations... Même si rouleaux et vagues n'ont pas la taille ni la puissance de celles de l'archipel Hawaïen ; ou de la "passe Saint Vincent" qu'affectionne Sarah, dans l'île de Tenia en Nouvelle-Calédonie.

Des surfeurs viennent aussi des Etats-Unis ou d'Australie. Nullement intimidés par la propagande belliciste et obsessionnelle de l'oligarchie de leurs pays à l'encontre de la Corée du Nord.

Comme toujours et partout, "pays réel" ou "pays d'en bas" ont une génération d'avance sur nos politiciens aussi cyniques que corrompus, flanqués de leurs médias putassiers. Donnant l'exemple du dialogue, de la confiance, de l'apaisement, de l'échange, du partage, dans la connaissance, la "reconnaissance" ou le respect, de "l'Autre". Voie royale vers La Paix, si vitale pour l'avenir de notre planète ; ce microscopique grain de sable tournoyant dans l'immensité des 3000 milliards de galaxies que les astronomes évaluent avec autant de difficulté que de stupeur.

Certaines de leurs vidéos diffusées sur Youtube ont fait scandale, tant elles allaient à l'encontre de la désinformation indécrottable de nos médias "atlantistes" !... Citons, parmi d'autres, celles du célèbre "surfeur-voyageur" Louis, dont je livre un extrait (6° journée de son séjour - "Day 6") :

De quoi avec peur, pourtant. Mettre sa tête entre les mâchoires d'un crocodile. Depuis des décennies, nos castes au pouvoir ne cessent de nous bourrer le crâne : la Corée du Nord est un "danger", une "menace", pour l'Humanité !...

Mais la peur, il y a longtemps que ces sportifs la maîtrisent. Cohabitant avec les océans, les courants, les marées, et les vents...

Principe essentiel enseigné par leur partenaire intransigeante, La Nature : ne jamais s'accommoder du "mensonge" ; ni à soi-même, ni autour de soi. Franchir le mur des apparences, ou des fausses évidences, en exerçant son "esprit critique" permet de dompter toute crainte, neutraliser toute erreur d'appréciation. Même logique : évaluer une situation, ou une gigantesque déferlante que l'on doit gravir, pour en parcourir le rouleau se fracassant dans un rugissement ; en équilibre, à toute vitesse, le plus longtemps possible... 

Alors, mensonges et diabolisations sur ce pays, nos surfeurs ne s'en préoccupent pas plus que de leur première paire de tongs.
La Coré du Nord : " un enfer sur terre ! ", trompettent nos médias. Un goulag, dernière enclave de "l'horreur communiste", dans lequel une population est enfermée à longueur d'année, dans la misère et la famine. Des Guantanamo et des Abu Ghraïb plein les rues. Avec pour obligation de ne pas s'instruire, communiquer, se divertir, se cultiver. Surtout : ne pas rire, encore moins, s'aimer.

Il est vrai que nous sommes loin du mythe paradisiaque de "La Démocratie", telle qu'elle est fantasmée sous nos latitudes.

Les Coréens du Nord vivent sous le régime du "parti unique" !... N'ayant pas encore mis au point, "à la mode de chez nous", le régime du "parti unique à deux casquettes" : Droite et Gauche. Notre oligarchie pratiquant "l'alternance" de son personnel politique, qu'elle coopte avec soin. Faisant entériner son choix dans un simulacre d'élections dites "au suffrage universel".

Pire : leur propagande est encore nationalisée !... Alors que chez nous, elle est "privatisée" depuis longtemps ; nos médias, édition - presse - radio - TV, répartis entre quelques milliardaires s'engraissant sans fin sur les marchés, prébendes, et privilèges que leur accorde "l'Etat".

Que dire du retard qu'ils ont accumulé par rapport à notre radieux "Libéralisme Economique" !... Ils vivent encore au Moyen-Age ! Pratiquant une politique du "plein emploi", "zéro chômage" !.. Encore plus catastrophique : ils en sont réduits à vivre avec des soins médicaux gratuits, des enseignements, primaire, secondaire, universitaire, gratuits... Oui : Gratuits !... Le comble du diabolique : des retraites et des logements "décents" pour leurs "Anciens", avec le culte collectif du respect et de la reconnaissance qui leur sont dus par les jeunes générations !...

De véritables fous furieux !... De haut niveau, en plus... Leur pays se retrouve, sans n'avoir rien demandé, membre du club très fermé des maîtres de l'aérospatial et de l'atome.

Les "Pôvres", comme disent les boulistes entre deux pastis les soirs d'été...

Pourquoi cet acharnement à l'encontre de ce pays ?... Cette paranoïa occidentale ou "OTANesque" ?... Ces menaces permanentes, ces "sanctions" à répétition ?... Parce que les Coréens du Nord se livrent à des essais de bombes et missiles à "têtes nucléaires", faisant comprendre qu'ils n'hésiteront pas à en faire usage contre leurs agresseurs ?...

Pourquoi s'étonner s'ils restent durablement marqués par la guerre de Corée (1950 - 1953) ?... Au cours de laquelle leur pays a reçu environ 4 fois plus (x 3,7) de bombes (600.000 tonnes), par l'aviation "coalisée" (16 pays, dont la France...), que le Japon pendant la seconde guerre mondiale.

Rien que de juin à fin octobre 1950, les B-29 déversèrent 3,2 millions de litres de napalm... (2) Ce n'est pas moi qui l'affirme, mais les documents officiels dans leur glaciale compilation. Tout ce qui prétendait à la verticale avait été méthodiquement aplati et carbonisé... Déjà que les Japonais, à la suite de la longue occupation (1905 - 1945) de la Corée, leur avait tout pillé, jusqu'aux clous de la moindre planche...

Difficile de croire que ce pays de 25 millions d'habitants, dans sa volonté de se défendre, représente un "danger planétaire" face à des puissances étrangères qui pataugent dans le sang des massacres, tortures et abjections, les cendres des multiples dévastations qu'ils planifient, organisent et gèrent, depuis la seconde guerre mondiale. Nous en sommes témoins, tous les jours, et ne pouvons pas dire que "nous ne savons pas" : de l'Afghanistan à la Syrie, de la Somalie au Yémen, en passant par l'Irak ou la Libye. Et, ailleurs : Afrique, Amérique latine...

Pourquoi cette permanence de "crises" et de "tensions" avec la Corée du Nord ?... Qui n'agresse, n'envahit, ne détruit, aucun pays. Ni de près, ni de loin. N'aspirant qu'à vivre tranquillement à l'intérieur de ses frontières, en attendant la "réunification" avec ses frères de la Corée du Sud. Dont ils sont artificiellement séparés depuis la fin de la deuxième guerre mondiale.

Artifice entretenu pendant la Guerre Froide, et depuis...

Même les Papys Nord-Coréens se mettent au surf...

Même les Papys Nord-Coréens se mettent au surf...

 

Parlons "Réunification" et non plus "Sanction"

Des prêcheurs hallucinés, administrant les pays de l'OTAN et leurs satellites pour le compte de la ploutocratie régnante, ont unilatéralement décrété que la Corée du Nord constituait, avec quelques autres pays, "l'Axe du Mal" sur notre pacifique planète. Cette diabolisation nous est donc imposée comme une "Vérité" révélée, sans cesse rappelée, renforcée, par des campagnes de conditionnement ou, pour être précis, de "fanatisation" des opinions publiques à l'encontre de ce pays.

Remettre en question ce formatage est considéré comme un "blasphème", voire une hérésie !... Rares sont les reportages ou ouvrages présentant, chez nous, une "approche objective", ou "raisonnée", sur ce pays. Quelques exceptions toutefois, ou quelques pépites, parviennent à franchir ce filtre ou ce barrage de "l'Inquisition"...

Ainsi un ouvrage récent, dont je recommande la lecture pour ne pas mourir idiot quant à la Corée du Nord, écrit par un cadre dirigeant de nationalité suisse Felix Abt. Livrant un témoignage exceptionnel, décrassé du préjugé idéologique occidental, sur ses sept années passées en Corée du Nord, au plus haut niveau des responsabilités dans le domaine de l'entreprise et de l'investissement. Il y a travaillé pour le compte du géant helvético-suédois dont le siège est à Zurich, ABB, puis y a créé une industrie pharmaceutique avec des capitaux locaux, et a même fondé une Business School dans la capitale.

Publié en anglais en 2014, sous le titre "A Capitalist in North Korea : My Seven Years in the Hermit Kingdom" non traduit en français (il ne le sera probablement jamais, vu le "noyautage" du monde de l'édition), il montre combien ce pays est agréable à vivre, dans un incroyable dynamisme économique et à la pointe des technologies, y compris Internet (leurs hackers sont redoutables) ; malgré les multiples entraves imposées par les "sanctions" économiques et son infernal matraquage médiatique en Occident. (3)

Dans un billet du mois de mai 2013, lors d'une de ces séances d'hystérie collective dans nos médias, j'avais déjà proposé une "réflexion blasphématoire", à contre-courant du tsunami de notre industrie de la désinformation, fondée sur un rappel du contexte historique, intitulé : Corée : Lecture d'une "Crise" (4). 

Sans ces références à l'Histoire, impossible de comprendre les tensions générées par la partition de la Corée en deux entités, depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, contre la volonté des populations. Encore moins, identifier, dans le brouillard de notre propagande, les objectifs et finalités des Etats-Unis, véritable instigateur de la "guerre de Corée" ; dans l'entretien permanent d'une situation conflictuelle afin de maintenir l'hégémonie "atlantiste" ou "occidentale" dans cette partie du monde. Dont l'enjeu ultime est le "contrôle", pour ne pas dire la "mainmise", sur la Chine frontalière.

Sans revenir sur ces éléments d'information, il est indispensable de rappeler quelques points clés pour décoder la réactivation actuelle de la campagne de propagande contre la Corée du Nord, et sa résistance inébranlable, des éructations de la campagne présidentielle américaine à la logorrhée des médias européens :

 

1. La Corée du Nord ne peut oublier que ce sont les Etats-Unis qui ont lancé en 1950 l'invasion de leur pays, en l'imposant aux généraux Sud-Coréens de l'époque malgré l'opposition de leurs propres troupes, et non pas le contraire ; comme le "lavage de cerveaux" occidental le fait croire, jusque dans nos livres scolaires.

S'imaginant "invincibles" du fait de leur gigantesque arsenal militaire accumulé à la suite de la guerre du Pacifique et de leur domination nucléaire (la Chine ne procèdera à son premier essai nucléaire que le 16 octobre 1964), ils pensaient réaliser l'annexion de la Corée du Nord, et même une partie de la Mandchourie Chinoise (au sous-sol d'une grande richesse) en quelques semaines.

Certains de la paralysie de la Chine et de l'URSS, connaissant la faiblesse militaire et économique de ces pays voisins, épuisés, ravagés, à la fin de la deuxième guerre mondiale. Et, bien sûr, rassurés par le complet dénuement de la Corée du Nord en phase de difficile reconstruction, incapable de résister à une "guerre éclair"... [cf. Corée : Lecture d'une "Crise"  (4)]

 

2. La Corée du Nord ne peut oublier que les occidentaux ont instrumentalisé l'ONU pour justifier cette guerre, en profitant de "l'exclusion" de la Chine du Conseil de Sécurité de l'époque (représentée par l'île de Taïwan, considérée comme "l'authentique Chine"...), et du boycott de l'URSS, de ce même Conseil, en solidarité avec Pékin.

Sans opposition au Conseil de Sécurité, après avoir bloqué le processus électoral devant réunifier les deux Corées, les Etats-Unis ont pu faire passer les résolutions qu'ils souhaitaient pour envahir la Corée du Nord.

Notamment, la "Résolution 84 du 7 juillet 1950" organisant une force de l’ONU - 16 pays, dont la France (qui participa pour obtenir le soutien US dans sa guerre d'Indochine en pleine déroute) - sous commandement américain. Ce fut la première instrumentalisation de l’ONU pour légitimer les guerres coloniales, "nouvelle manière". Inaugurant, ainsi, une longue liste.

 

3. La Corée du Nord ne peut oublier qu'en dépit de l'énorme écart en termes matériels (forces aériennes et navales, plus particulièrement), logistiques et technologiques, les Etats-Unis avec leurs supplétifs "coalisés", reçurent en Corée un colossal "coup de pied au derrière". Préfigurant celui qu'ils devaient recevoir 20 ans plus tard au Viêt Nam.

Dans son histoire, la Corée a résisté à plus de 2000 invasions étrangères (5) ; même la France en 1866 s'y est cassée les dents, avec un corps expéditionnaire et une dizaine de navires...

En conséquence : les aboiements constants des néoconservateurs américains, et autres pitbulls associés, ne les impressionnent pas.

Encore moins les "sanctions" dites "économiques" ; jusqu'à bloquer stupidement des appels d'offre internationaux s'appliquant, par exemple, à des stations d'épuration d'eau et des systèmes d'assainissement urbains ou d'égout, comme le rappelle Felix Abt. (6)

 

4. La Corée du Nord ne peut oublier que l'opposant le plus acharné à sa réunification avec la Corée du Sud, outre les Etats-Unis, est l'ennemi historique : l'oligarchie du Japon. Depuis l'époque des samouraïs, la péninsule Coréenne a été considérée par la caste dirigeante japonaise comme le tremplin de son expansion sur le continent asiatique.

Un des grands héros célébré dans les deux Corées est l'amiral Yi Sun-Sin qui a écrasé à plusieurs reprises les armadas d'invasion du Japon dans la deuxième partie du XVI° siècle. Un film sur les exploits de ce personnage impressionnant de courage et d'envergure, intitulé"L'Amiral" a connu un prodigieux succès en Corée et en Asie.

On sait combien l'acharnement du Japon contre la Corée, depuis 1894 jusqu'à la fin de la deuxième guerre mondiale, a été terrifiant de barbarie. Les plaies ne sont pas encore cicatrisées...
Jamais le Japon ne supportera qu'un pays de 75 millions d'habitants (Corée du Nord = 25 + Corée du Sud = 50) , à l'extraordinaire dynamisme économique et scientifique, rivalise avec lui sous ses fenêtres...

 

5. La Corée du Nord sait que ce n'est pas son arsenal nucléaire qui est au centre de l'obsession, de l'hostilité, de la préoccupation, "atlantistes". Celui d'Israël ou d'Inde, non signataires du Traité de Non Prolifération Nucléaire, ne pose aucun problèmes aux occidentaux.

Mais, son système économique et social, fondé sur "la solidarité" et le "partage de la richesse nationale" ; et, sa capacité à le défendre. A l'exemple de celui de Cuba, pourtant non "puissance nucléaire", victime d'implacables mesures d'embargo et de sanctions économiques, depuis une cinquantaine d'années.

L'oligarchie mondialiste, adepte de l'enrichissement exclusif du 1 % de sa caste, ne pouvant le tolérer...

Soleil couchant sur la côte de Majon

Soleil couchant sur la côte de Majon

Compte tenu de ce contexte, la résolution pacifique de la "Crise" dans la péninsule Coréenne exige une volonté politique internationale d'une totale honnêteté et une inflexible détermination. Ce qui paraît difficile à réunir de la part de puissances en déclin s'accrochant à leurs rêves d'hégémonie mondiale... Sinon, rien de plus facile :

 

=> Changer de langage et d'attitude : arrêter "sanctions" et "menaces", pour travailler dans l'apaisement, et la confiance réciproque, sur ce qui rassemble et non ce qui sépare. Les populations du nord et du sud de la Corée n'aspirent qu'à leur "Réunification" ; comme y sont arrivés l'Allemagne Est et Ouest, ou le Viêt Nam Nord et Sud.

 

=> Obtenir le soutien de ses voisins frontaliers (terrestres ou maritimes) immédiats : Chine, Russie et Japon, garantissant la paix et la sécurité de la péninsule Coréenne, avec sa dénucléarisation ; la Corée du Nord y étant disposée sous cette condition.

 

=> Obtenir la "non-interférence", ou la "non-ingérence", des pays qui n'ont "géographiquement" rien à voir avec cette région si ce n'est entretenir des relations de coopération économique ou culturelle.

Autrement dit : les pays de l'OTAN et affiliés, Etats-Unis et Europe plus spécialement, doivent sortir de ce cadre. Pour être clair ou réaliste : imagine-t-on des pays asiatiques, situés à des milliers de km, se mêler de l'organisation et des relations entre pays européens ?...

 

=> Programmer avec soin une "Réunification" graduelle, transitant dans un premier temps par un système fédéral : le problème le plus délicat étant de fusionner deux systèmes économiques et sociaux totalement opposés.

L'un au Nord, fondé sur une "solidarité sociale" ; l'autre au Sud, architecturé sur un Capitalisme Sauvage le plus débridé, avec ses effets collatéraux servant de soupape : drogue, prostitution, délinquance, sur fond de violences sociales sous les formes bien connues, dans nos propres pays, de précarité et de pauvreté en croissance exponentielle, etc.

A la suite de quoi : on ne parlerait plus de "Crise" en Corée...

 

 

La Corée du Nord, "danger planétaire" ?... Envahir la Corée du Nord ?... La bombarder, la "nucléariser", la carboniser à nouveau, comme le proposent Hillary Clinton et sa clique de généraux déjantés ?...

En écho à ces incantations des adorateurs de la folie meurtrière, si vibrants d'émotion et de rage contenue face au cynisme sauvage de nos nomenklaturas dans la destruction de l'Irak, retentissent les mots d'Harold Pinter (7) :

« Comme le sait ici tout un chacun, l'argument avancé pour justifier l'invasion de l'Irak était que Saddam Hussein détenait un arsenal extrêmement dangereux d'armes de destruction massive, dont certaines pouvaient être déchargées en 45 minutes, provoquant un effroyable carnage.

On nous assurait que c'était vrai.

Ce n'était pas vrai.

On nous disait que l'Irak entretenait des relations avec Al Qaïda et avait donc sa part de responsabilité dans l'atrocité du 11 septembre 2001 à New York.

On nous assurait que c'était vrai.

Ce n'était pas vrai.

On nous disait que l'Irak menaçait la sécurité du monde.

On nous assurait que c'était vrai.

Ce n'était pas vrai. »

 

Et, écrite avant la dévastation de la Libye et de la Syrie, décédé entretemps, sa lucide, courageuse, et glaçante conclusion :

« L'invasion de l'Irak était un acte de banditisme, un acte de terrorisme d'État patenté, témoignant d'un absolu mépris pour la notion de droit international.

Une redoutable affirmation de la force militaire responsable de la mort et de la mutilation de milliers et de milliers d'innocents.

« Nous avons apporté au peuple irakien la torture, les bombes à fragmentation, l'uranium appauvri, d'innombrables tueries commises au hasard, la misère, l'humiliation et la mort et nous appelons cela "apporter la liberté et la démocratie" au Moyen-Orient. »

La Corée du Nord a raison.

Forte de sa maîtrise technologique : surfer sur l'océan de l'arrogance imbécile des psychopathes qui nous gouvernent, et qui veulent la détruire ...

 

 

1. Harold Pinter, Discours de réception du Prix Nobel de Littérature 2005,
http://www.nobelprize.org/nobel_prizes/literature/laureates/2005/pinter-lecture-f.html

N.B. Je recommande la lecture de son discours, ou sa "conférence" pour reprendre le terme officiel, retransmis par vidéo, sans oublier son œuvre. Très affaibli par la maladie qui devait l’emporter trois ans plus tard, il n’avait pu se déplacer à Stockholm.
Il avait choisi pour thème : « Art, Vérité & Politique ». En fait, la trame de son œuvre théâtrale. Et, de sa vie tout simplement.
Car, devenu célèbre, il n’hésita pas à s’engager avec fougue, en tant que "Citoyen du Monde" pour soutenir La Paix, combattre l’Injustice et les souffrances humaines. Un des derniers grands "intellectuels" britanniques, Harold Pinter milita avec détermination contre l’invasion occidentale en Irak, sur fond de mensonges et de cyniques campagnes de propagande et, systématiquement, contre les impitoyables menées impérialistes en Amérique Latine (Nicaragua, notamment) et ailleurs. Juif, il n'hésitait pas à condamner la barbarie sioniste.

L’oligarchie "atlantiste" de son pays le détestait…

Pour plus de détails sur son parcours, cf. le billet : Georges Stanechy, Harold Pinter : The Go-Between…, 12 février 2009,
http://stanechy.over-blog.com/article-27844632.html

2. Bruce Cumings, Mémoires de feu en Corée du Nord, le Monde Diplomatique, décembre 2004.

3.  Felix Abt, A Capitalist in North Korea : My Seven Years in the Hermit Kingdom, (téléchargeable en e.book), Tuttle, 2014.

4. Georges Stanechy, Corée : Lecture d'une "Crise", 5 mai 2013, 
http://stanechy.over-blog.com/cor%C3%A9e-lecture-d-une-%E2%80%9Ccrise%E2%80%9D%E2%80%A6

5. Voir le film coréen, à la mise en scène extraordinaire de qualité, avec pour thème la résistance à une des multiples invasions des Jurchens (qui s'appelèrent Mandchous par la suite) en provenance de Mandchourie : "War of The Arrows" (La Guerre des Flèches). Le héros, incarnant cette résistance, est un "tireur à l'arc d'élite" coréen.

6. Felix Abt, Op. Cit.

7. Harold Pinter, Op. Cit.

 

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