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Convertir les jeunes Palestiniens à la non-violence

Publié par MaRichesse.Com sur 1 Octobre 2016, 03:50am

Catégories : #MONDE, #GUERRE

Convertir les jeunes Palestiniens à la non-violence

Issa Amro, 36 ans, regarde ses cadets avec la bienveillance du grand frère qui en a vu d’autres. La petite dizaine d’ados palestiniens rassemblés autour de lui fait partie de l’association qu’il a fondée en 2012, La jeunesse contre les colonies. Ils discutent dehors, juste devant le local, assis sur deux canapés défoncés à l’ombre d’un large olivier. À ses branches s’accroche un panneau noir : « Free Palestine. »

Ce quartier populaire, Tel Rumeida, domine la vieille ville d’Hébron. En contrebas, on distingue des drapeaux israéliens et des patrouilles de Tsahal. Car Hébron, plus grande ville de Cisjordanie, est la seule à abriter en son centre historique une colonie israélienne. L’automne dernier, elle est devenue le foyer de la contestation palestinienne qui a coûté la vie à une quarantaine d’Israéliens et plus de 200 Palestiniens, et qui a connu un soubresaut ces dernières semaines. De nombreux assaillants ont été tués sur place par l’armée israélienne. La plupart avaient moins de 20 ans.

« Je n’ai pas réfléchi, je voulais juste agir ! »

« En plus de nos manifestations contre l’occupation israélienne, nous allons dans les écoles et universités pour parler de résistance non violente, explique Issa Amro. Mais depuis octobre 2015, on intervient aussi physiquement pour empêcher de jeunes Palestiniens de se faire tuer en commettant une attaque. »Notamment en les interceptant tandis qu’ils dévalent le champ d’oliviers voisin un couteau à la main, se dirigeant vers la vieille ville d’Hébron…

Ce sont souvent des voisins qui préviennent l’association qu’un adolescent visiblement perturbé vient de passer près de chez eux. « Quand on l’attrape et qu’on lui rappelle que sa vie a de la valeur, en général, il nous écoute »,assure Izzat Karaki, 27 ans, membre de l’association. Il arrive alors que le jeune explique le geste qu’il s’apprêtait à faire, discours qu’Izzat résume ainsi : « Je n’ai pas réfléchi, je voulais juste agir ! Hier j’ai vu une vidéo où des soldats israéliens tuaient une fille palestinienne… »

Jugés par une cour militaire israélienne

Ahmed Manasra, dont le procès est toujours en cours, a avancé devant la justice israélienne le même type d’arguments : « Je ne voulais tuer personne, seulement leur faire peur pour qu’ils éprouvent la même chose que nous, Palestiniens. » Le 12 octobre 2015, alors âgé de 13 ans, il avait blessé à l’arme blanche deux jeunes Israéliens dans la colonie de Pisgat Ze’ev, à Jérusalem-Est. Il encourt jusqu’à douze ans de prison.

 

Ces Palestiniens sont jugés par une cour militaire israélienne. Ils sont condamnés de quatre à douze ans de prison quand leur cible n’a pas été tuée. « Depuis l’année dernière, le nombre de mineurs palestiniens emprisonnés en Israël a doublé », recense Qadura Fares, qui dirige le Club des prisonniers palestiniens (une ONG palestinienne d’aide aux prisonniers). Pour lui, ce n’est pas là qu’ils apprendront la non-violence. Il n’est pas le seul de cet avis : la justice israélienne envoie d’ailleurs certains mineurs dans des centres sociaux à la place de la prison. Là, ils bénéficient d’un suivi social et psychologique, en plus des cours et autres activités sportives et artistiques.

Pas d’alternative plus séduisante

Et les parents ? Tandis qu’Israël les accuse régulièrement d’inciter leurs enfants à mourir en martyr, ils s’expriment peu sur ces sujets. L’avocat Anan Odeh, lui, entend éduquer ses deux jeunes enfants à « se battre pour leurs droits, mais sans leur dire de quelle manière : ce sera à eux de choisir ».Convaincu que pour un Palestinien, « la dignité est plus importante que la vie », ce père de famille ajoute avec aplomb : « L’État d’Israël a amené la guerre sur notre terre. C’est lui qui envoie nos enfants à la mort, pas nous. »

 

Pour Qadura Fares aussi, ces jeunes agissent faute d’alternative plus séduisante. « Mais un jour, insiste ce militant associatif, nous saurons instaurer une résistance non violente organisée, à laquelle participeront tous les Palestiniens. » En bloquant toutes les infrastructures de l’occupation israélienne, par exemple. Tandis que la nostalgie de la première Intifada (1987) est encore vive parmi les aînés, la plupart des Palestiniens ont cessé de croire en une résolution politique de l’interminable conflit.

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► En Cisjordanie, la colonisation se poursuit

Les autorités israéliennes ont donné leur feu vert à la construction de 98 logements dans une colonie de Cisjordanie occupée ainsi qu’à celle d’une zone industrielle israélienne près de Ramallah, a annoncé le 1er octobre l’ONG anti-colonisation La Paix maintenant. Les nouveaux logements doivent être construits près de la colonie de Shilo, au nord de Ramallah. Il s’agirait, selon l’ONG, d’une compensation pour la destruction d’une petite colonie sauvage décidée par la Cour suprême israélienne. Près de 600 000 colons israéliens sont installés dans les Territoires palestiniens occupés. 

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