Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Marichesse.com

Marichesse.com

Conseils, science, sante et bien-être


Comment le camp Sarkozy tente d'effrayer les électeurs de gauche

Publié par MaRichesse.Com sur 7 Octobre 2016, 05:53am

Catégories : #POLITIQUE, #FRANCE

Comment le camp Sarkozy tente d'effrayer les électeurs de gauche

"Parjure", "compromission", "déloyauté"... Les expressions employées sont particulièrement dures. Pour Nicolas Sarkozy et ses soutiens, tout est bon pour dissuader les électeurs de gauche de venir voter à la primaire (ouverte) de la droite. Quitte à enchaîner les inexactitudes et les omissions volontaires dans le but d'effrayer cet électorat qu'Alain Juppé accueille à bras ouverts.

 

"Quand on arrive dans les bureaux de vote, le 20 novembre, il faut que les Français sachent qu'ils vont signer un premier document avec leur nom, leur prénom, leur adresse, leur lieu de naissance et ils doivent signer comme quoi ils sont de droite et du centre", a affirmé ce vendredi 7 octobre Gérald Darmanin, coordinateur de la campagne de Nicolas Sarkozy. Une menace de fichage illégal qui est surtout partiellement fausse.

 

"Je garderai le petit document"

Dissuader les électeurs de gauche de voter à la primaire en rappelant qu'ils seront inscrits sur les listes des votants, voilà l'élément de langage prisé par Gérald Darmanin. Ce vendredi, il a encore insisté sur le fait que les électeurs devaient renseigner leur état civil au moment du vote. Le coordinateur de Nicolas Sarkozy est même allé plus loin, s'amusant à dire à La Voix du Nord qu'il pourrait conserver le fichier. "Je garderai le petit document et on se marrera pendant les quatre ans qui suivront", a-t-il indiqué. Ce faisant, Gérald Darmanin omet de préciser que "les listes électorales seront détruites sous le contrôle d'huissiers de justice et aucune trace ne sera conservée des participants à la primaire",comme l'indique l'organisation du scrutin.

 

Outre le fait que le cas évoqué par le maire de Tourcoing soit parfaitement illégal, il est pour le moins étonnant de constater que Gérald Darmanin agite cet épouvantail, alors même que l'UMP faisait ce procès (également infondé) au PS en 2011. Là encore, il s'agit d'insinuer que le vote ne sera pas secret et que la démarche de l'électeur de gauche sera gravée dans le marbre.

 

L'omission des "valeurs républicaines"

Autre façon de s'arranger avec la réalité : expliquer que les votants devront attester sur l'honneur qu'ils "sont de droite et du centre". Or selon le règlement de l'élection, chaque électeur devra approuver par sa signature la phrase suivante: "je partage les valeurs républicaines de la droite et du centre et je m'engage pour l'alternance afin de réussir le redressement de la France".

Il ne s'agit donc pas de signer "comme quoi" on est un "de droite ou du centre", mais d'adhérer à ses "valeurs républicaines". La nuance à son importance, les valeurs républicaines étant censées être transpartisanes. Pourtant, Nicolas Sarkozy lui-même omet de préciser ce détail. "On appelle des gens à venir pour signer une charte dont ils ne croient pas un mot. Ça s'appelle quoi ? Du mensonge et de la déloyauté", s'est-il étranglé sur Radio Classique mercredi 5 octobre.

Contrairement à ce qu'affirment Nicolas Sarkozy et ses soutiens, les électeurs de gauche ne vont pas "se parjurer" s'ils signent ce document. En effet, comme le rappelle régulièrement Alain Juppé, un électeur déçu du hollandisme peut très bien à la fois adhérer aux "valeurs républicaines de la droite et du centre" tout en souhaitant "l'alternance", surtout s'agissant d'une élection "ouverte". 

 

Réduire les électeurs à ce qu'ils ne sont pas

Au delà des manœuvre et des discours ayant vocation à effrayer les électeurs de gauche, le camp Sarkozy s'enferme dans une définition réductrice des "gens de gauche". L'ancien président de la République en a refait la démonstration sur les ondes de Radio Classique. "Si on est de gauche, c'est qu'on ne partage pas le valeurs de la droite et du centre", a-t-il dit. Là encore, Nicolas Sarkozy opère un détournement de langage.

Car il est impossible de réduire un électeur au choix qu'il a pu faire dans un autre contexte. De la même façon que les personnes ayant voté pour Jacques Chirac en 2002 n'étaient pas toutes de droite, des déçus de Nicolas Sarkozy ont voté François Hollande en 2012. "Vous ne naissez pas de gauche. Ce n'est pas une qualité génétique d'être de gauche", a d'ailleurs souligné ce vendredi François Fillon, qui lui aussi défend l'idée d'une primaire "ouverte à tous".

Alain Juppé, qui mise sur l'électorat stratégique du centre-gauche et du centre-droit pour l'emporter, ne dit pas autre chose: "Vous savez, en 2012, il y a eu beaucoup de déçus du sarkozysme qui ont voté pour François Hollande. Et aujourd'hui, il y a des déçus de Hollande qui s'apprêtent peut être à voter pour moi. C'est peut être les mêmes." 

 Source

Commenter cet article

Archives