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Conseils, science, sante et bien-être


Comment je suis passé d’expat à sans-papiers

Publié par MaRichesse.Com sur 14 Octobre 2016, 22:32pm

Catégories : #ETATS-UNIS, #VOYAGE, #VIE

Comment je suis passé d’expat à sans-papiers

Il y a plusieurs années, un Suédois s’est installé aux États-Unis. Ses papiers étaient en règle et il avait un bon salaire. Puis son visa a expiré et il a peu à peu tout perdu. Mais il a fait le choix de rester et de réinventer sa vie.

Je suis originaire de Suède. Je suis venu aux États-Unis avec un visa de travail pour un grand groupe international de mode. Architecte d’intérieur, je concevais des boutiques et gagnais 70 000 dollars [62 600 euros] par an. Au bout de quatre ans, j’ai perdu mon emploi parce que mon permis de travail avait expiré. Je n’ai pas tardé à perdre également mon droit au séjour. Maintenant, je vis ici sans papiers.

Comme j’étais sans emploi, je n’ai pas pu renouveler mon permis de travail et je ne peux pas trouver d’emploi sans permis de travail. Vous voyez le tableau. Cela fait sept ans que je demande un permis de séjour, en vain. La dernière fois que j’ai parlé à mon avocat, il m’a conseillé de me marier ou de partir.Quand j’ai perdu mon emploi, mon appartement a vite suivi. Je me suis installé chez un ami dans une petite ville de l’État de New York. Nous vivons dans une vieille maison avec les deux chiens que j’ai récupérés dans un refuge. Ce sont assurément plus eux qui m’ont aidé que l’inverse.

Une dépendance totale

Je dépends de mon ami pour tout. Je me suis installé chez lui après la mort de sa femme. Nous avons passé la plus grande partie de la première année à essayer de vivre côte à côte et de trouver un peu de bonheur pour nous maintenir à flot. Je m’occupe de la maison – cuisine, ménage, jardin, potager et autres. J’ai récemment commencé une formation d’apprenti avec un berger d’une ferme voisine. J’ai aussi pris des cours du soir de tapisserie d’ameublement et je refais de temps en temps des meubles anciens et des copies d’ancien. Certaines de mes réalisations sont parues dans World of Interiors.

J’ai d’autres sources de revenu supplémentaires. Je loue des terres dans une ferme où je cultive des fleurs que je vends l’été, grâce à des compétences que j’ai acquises pendant que j’étais au chômage. J’ai présenté mes fleurs à des salons locaux, j’ai une hotline qui répond aux questions de jardinage et je participe à des événements agricoles et horticoles locaux. J’ai aussi travaillé comme chef de chantier “à domicile” dans la maison d’un ami dans un autre État. Mon salaire passait dans les billets de train pour rentrer à la maison le week-end et dans le loyer.

Quand j’avais un permis de travail, j’ai postulé à des centaines d’emplois, dont beaucoup se trouvaient à des centaines de kilomètres de l’endroit où j’étais, mais en vain. Pour éviter de devenir fou, j’ai travaillé à plein temps comme bénévole dans un refuge pour animaux pendant près de deux ans. J’ai constaté que le moyen de soigner ma vulnérabilité, c’était d’aider quelqu’un qui était dans une situation pire que la mienne.

Une leçon d’humilité

Cette vie est incroyablement dure et vous donne une leçon d’humilité. Pour la première fois, j’ai trouvé du réconfort dans la sagesse et les conseils des personnes plus âgées qui m’entouraient. J’ai perdu mon monde de privilèges et mon arrogance. Je ne me considère plus comme sans emploi. Ce n’est pas parce qu’on est à peine payé qu’on ne travaille pas.

Je rêve d’avoir des moutons à laine et de cultiver des fleurs coupées. Je rêve, parce que je ne peux pas m’en empêcher. On m’a intimidé, blessé, fait peur et laissé tomber. J’ai eu des idées suicidaires et éprouvé un désespoir si profond que je pouvais à peine me retenir de hurler. J’ai vécu chez des amis, dans la cave de mon ex, chez des gens, à travailler comme “n’importe quoi” à domicile. L’année dernière, j’étais prêt à abandonner et à rentrer quand ma mère m’en a dissuadé. “Ne viens pas”, m’a-t-elle dit. Elle est mentalement instable et nos relations sont tendues.

Je ne voulais pas vraiment rentrer et aussi cruel qu’ils soient, ses mots m’ont fait comprendre que je ne renoncerais jamais volontairement à ce pays. J’y suis fermement enraciné. Je crois que j’ai gagné le droit de me dire chez moi ici, quel que soit mon statut juridique.

Les États-Unis, pays de la liberté envers et contre tout

Malgré les difficultés de ma situation, je ne me suis jamais senti aussi libre qu’ici. Je n’ai jamais éprouvé moins de pression pour être conforme, trouver une place ou m’adapter. Dès que je suis arrivé, j’ai été chez moi. Il est facile d’expliquer pourquoi je me plais ici et beaucoup plus difficile d’expliquer pourquoi retourner en Suède n’est pas envisageable.

Il y a une scène d’un film comique où quelqu’un se fait expulser et le fonctionnaire lui dit : “On vous emmène au Mexique !” et l’autre crie : “Mais je ne suis même pas de là-bas !” C’est ce que je ressens à propos de la Suède.

Le fait de tout perdre vous change à jamais. Mais je ne cesserai jamais de faire des projets et de travailler pour mes objectifs. Tous les gens qui ont répondu présent quand j’avais besoin d’aide me permettent de croire que j’ai un avenir heureux ici.

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