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Clinton décidée à tuer Assange à l'aide d'un drone: anatomie d'une rumeur

Publié par MaRichesse.Com sur 4 Octobre 2016, 03:30am

Catégories : #POLITIQUE, #ETATS-UNIS

Clinton décidée à tuer Assange à l'aide d'un drone: anatomie d'une rumeur

Évidemment, Wikileaks avait repris la fausse information sans la vérifier.

La campagne américaine est décidément bien étrange. Après les rumeurs autour de la santé d’Hillary Clinton, qu’internet a annoncé mourante à plusieurs reprises, on apprend aujourd’hui qu’elle aurait tenté en 2010 d’envoyer un drone pour tuer le fondateur de Wikileaks, qui voyageait librement à l’époque avant de se réfugier dans l’ambassade équatorienne de Londres.

Cette information est peu crédible, bien évidemment, mais il est intéressant d’analyser la rumeur tant ceux qui l’ont diffusée ont réussi à berner plusieurs médias. Le New York Magazine explique ainsi que tout est parti d’un site quasi-inconnu et pro-républicain appelé True Pundit et d’un article intitulé «Sous pression pour faire taire Wikileaks, la secrétaire d’État Hillary Clinton a proposé de frapper Julian Assange avec un drone». Dans l’article, on peut notamment lire:

«“Est-ce qu’on ne pourrait pas simplement envoyer un drone?”, a-t-elle ouvertement demandé, offrant une solution simple pour passer sous silence Assange et étouffer Wikileaks, selon des sources du département d’État. La déclaration a déclenché des rires dans la salle, des rires vite interrompus dès lors que la secrétaire a continué de parler de façon lapidaire, selon les sources. Clinton a dit qu’Assange, après tout, était une cible assez facile, “qui se balade” librement et nous provoque sans craindre de représailles de la part des États-Unis.»

Assez rapidement, Wikileaks, qui y voyait un moyen de renforcer ses positions contre les États-Unis, a relayé l’article sans se soucier de sa véracité.

Infowars.comRussia Today et même Fox News ont également publié des articles sans questionner les informations. En France, Sputnik News, habitué de ce genre de rumeurs, a relayé l’article de True Pundit et le Huffington Post l’a mentionné tout en précisant que le site était «pro-républicains et relayant parfois des faits considérés par certains médias traditionnels comme des théories conspirationnistes».

Un relai médiatique étonnant quand on se penche sur les auteurs du site et leurs supposées sources, comme l’a fait le New York Magazine.

«Le site est publié par une personnalité Twitter qui tweete sous le nom Thomas Paine, ou @Thomas1774Paine, dont la biographie Twitter dit: “Récipiendaire du Prix Gerard Loeb, Deux fois vainqueur du Prix Pulitzer du journalisme d’investigation.” […] Paine suit 46.000 comptes et est suivi par 43 .000. Le compte de True Pundit suit de son côté par 17.500 personnes et est suivi par 21.000.»

Évidemment, il est impossible de vérifier si Paine, un pseudonyme, a bien eu des récompenses aussi prestigieuses. L’anonymat reste un facteur décrédibilisant dans le monde du journalisme. De plus, dans son article, True Pundit confond plusieurs mots utilisés par le gouvernement pour détourner leur sens. Le site Snopes, spécialisé dans les hoax, a parfaitement démontré les failles de cet article tant partagé.

 

Comment interpréter cette manœuvre, près de six ans après les faits? La campagne électorale a évidemment un rôle à jouer, mais il faut aussi noter qu’il s’agit des dix ans de Wikileaks, qui avait annoncé une conférence importante. Fox News, qui relayait aussi les rumeurs de True Pundit, explique qu’une annonce d’Assange mercredi 5 octobre, lors de cette conférence, pourrait mettre à mal la candidate démocrate et faire basculer l’élection. Mais là encore, il ne s’agit que d’une rumeur… Julian Assange n'a rien annoncé de dévastateur

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