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10 raisons pour lesquelles Trump ne peut pas rattraper Clinton

Publié par MaRichesse.Com sur 28 Octobre 2016, 08:00am

10 raisons pour lesquelles Trump ne peut pas rattraper Clinton

Donald Trump peut-il encore gagner la présidentielle? A en croire le "New York Times", Hillary Clinton a désormais 92% de chances de l'emporter le 8 novembre prochain. Mais les supporters du milliardaire refusent de jeter l'éponge. Après tout, les Britanniques ont créé une énorme surprise en votant le Brexit, et les Colombiens en rejetant l'accord de paix avec la guérilla. Les électeurs, disent-il, sont remontés contre les pouvoirs en place et leur humeur est aussi changeante qu'imprévisible. Une "Trump surprise" ? Elle est pratiquement impossible, et voici pourquoi.  

#1 La présidentielle américaine, ce n’est pas le Brexit

Donald Trump ne cite plus les sondages dans ses meetings, mais promet à ses fans un beau coup de théâtre: "Attendez de voir les résultats, le 8 novembre. Les gens vont dire: "Ouaouh, quelle surprise!". “Comme avec le vote Brexit en Grande-Bretagne, Trump a toutes les chances de se retrouver dans une position où il récoltera 3 ou 4% de gens qui ne veulent pas dire aux sondeurs leur intention de voter pour lui", confirme Newt Gingrich.

La comparaison est inepte. Courant juin (le référendum sur le maintien dans l'Europe a eu lieu le 23), le vote "Leave" l'a emporté dans 17 sondages, le "Remain" dans 14, et 3 sondages ont affiché une égalité. Et sur les 3 derniers mois de la campagne, les sondages indiquant une victoire du "Leave" ont progressé, jusqu'à ce que les deux camps soient quasiment à égalité, à la mi–juin. Rien d'un tel suspense avec la présidentielle américaine.

#2 Il n'y a pas de précédent historique

Quand il rêve, Donald Trump s'imagine peut-être avec la tête hilare d'un Harry Truman, brandissant le Une du "Chicago Daily Tribune" le 3 novembre 1948, avec ce gros titre: "Dewey Defeats Truman" ("Dewey bat Truman"). Le quotidien avait bouclé trop tôt… Il avait quelques circonstances atténuantes: à la veille de l'élection, quand "Newsweek" avait interrogé les 50 meilleurs journalistes politiques, tous, sans exception, avaient prédit une victoire du Républicain Dewey. Truman l'avait pourtant nettement emporté.

La comparaison avec ce plus gros comeback de l'histoire présidentielle américaine est-elle possible? Pas plus qu'avec le Brexit. D'abord, les sondages étaient à l'époque bien plus rares (4 sondages nationaux, contre des centaines aujourd'hui) et moins sophistiqués, à l'époque. Ensuite, les sondeurs avaient tout simplement cessé d'interroger l'opinion le 25 octobre, soit huit jours avant l'élection. Enfin, la moyenne des sondages pour octobre 1948 donnait une avance de 3,5 points à Dewey, soit nettement moins que l'avance de Clinton aujourd'hui.

#3 Trump bat des records d'opinions négatives…

Le candidat Teflon… Tout glissait sur lui, même les pires propos n'écornaient pas sa popularité. Telle a été la légende de Trump pendant des mois, jusqu'à ce qu'un certain enregistrement audio ne vienne démentir cette supposé règle d'or. La réputation de Trump n'était pas entièrement injustifiée: le candidat a aligné une invraisemblable série de provocations sans que sa cote souffre significativement dans les sondages, elle a parfois grimpé du fait de ces propos.

 Mais on oublie un gros bémol: tout au long de sa campagne, Trump n'a jamais crevé un plancher d'impopularité record: il a entamé sa course avec plus 69% d'opinions défavorables, un pourcentage qui a rapidement baissé pour se stabiliser au-dessus de 50% et n'est jamais passé en-dessous de 54%. Autrement dit, les outrances du "Donald" ont eu moins d'effet que prévu parce qu'une bonne moitié de l'électorat, dès le départ, l'avait rejeté.

#4 … et n'a jamais séduit la moitié de l'électorat

Le prisme des primaires et la victoire sans bavure de Trump ont parfois donné l'impression d'une marche irrésistible. C'était confondre les primaires, où la base militante domine, de la campagne générale. Dans l'ensemble de la population, Trump n'a jamais atteint le seuil de 40% d'opinions favorables au-delà duquel un candidat commence à devenir vraiment crédible. Pourquoi ? On a longuement insisté sur sa domination écrasante (plus de 20 points) dans l'électorat mâle, blanc, sans diplôme universitaire. En réalité, Mitt Romney avait réalisé un score supérieur dans cette population en 2012 (avec une avance de 26 points sur Obama). Pour ne rien arranger, le poids relatif de la population blanche est en constante diminution. Même chez les Américains n'ayant pas fait d'études supérieures, Clinton domine grâce à son énorme avance auprès de l'électorat non-blanc (83% contre 10%).  

#5 Clinton est plus populaire qu'on ne le dit

 Un autre cliché de cette campagne est cette image d'une Hillary Clinton détestée des Américains. Pendant un an, les médias ont rabâché le même refrain: cette présidentielle est celle où les électeurs devront choisir entre la peste et le choléra, entre le pire et le "moins pire"… De fait, Clinton n'est pas une candidate charismatique et elle est associée à cet "establishment" que l'Amérique de 2016 rejette clairement: trois des quatre principaux protagonistes de cette campagne (Trump, Cruz et Sanders) sont des candidats explicitement "anti-establishment".

 A scruter le désamour de l'Amérique, on a tout de même négligé deux choses. D'abord, la popularité des candidats a historiquement tendance à s'affirmer en fin de campagne (Trump étant une exception), alors que les électeurs les connaissent mieux et ont fait leur choix. Ensuite, la soi-disant candidate inepte Clinton a cartonné durant les 3 débats l'opposant à Trump. Résultat: dans le dernier sondage ABC, 52% des supporters de Clinton se disent "très enthousiastes" dans leur soutien; ils n'étaient que 36% début septembre…

#6 Le parti républicain est hostile à Trump

Même ses proches conseillers avouent ne pas comprendre: pourquoi leur candidat s'enferre-t-il dans une guéguerre contre Paul Ryan, Speaker de la Chambre des Représentants et homme fort du parti? Trump n'a visiblement pas digéré le "soutien sans soutien" de Ryan, après l'épisode de l'enregistrement audio où Trump se vantait de ses assaults sexuels. Les contorsions de Ryan (ne pas lui retirer officiellement son soutien, mais dénoncer Trump et refuser de s'afficher à ses côtés) ont d'abord joué en sa défaveur, mais l'obstination de Trump à continuer de l'insulter, allant jusqu'à insinuer que Ryan conspirait pour que Hillary Clinton l'emporte, a fini par se retourner contre lui

Mais Trump est surtout victime du syndrome "les rats quittent le navire"… Ses chances étant quasi nulles, il devient radioactif pour un parti à qui il ne reste plus qu'à diriger toutes ses ressources vers le Sénat et la Chambre, pour éviter que la Bérézina ne soit totale.

#7 Les femmes le détestent

La carte du site "538" a fait le tour du net, elle est spectaculaire: si seules les femmes votaient, Hillary Clinton l'emporterait avec une avance capable de rendre jaloux Kim Jong-un. Elle raflerait 458 grands électeurs, contre 80 pour Trump. A l'inverse, Trump gagnerait 350 grands électeurs, contre 188 pour Clinton, si seuls les hommes votaient.

 C'est une différence sans précédent. Traditionnellement, l'électorat masculin vote plutôt républicain, étant plus âgé, blanc et conservateur sur les questions de société. En 2012, face à Obama, Mitt Romney avait accusé 8 points de retard chez les femmes. Cette fois, l'écart est supérieur à 15 points et il pourrait encore se creuser, notamment auprès de jeunes Américaines auxquelles le féminisme de Clinton ne "parlait" pas mais qui, depuis l'enregistrement audio et la défense passionnée de Clinton durant les débats, regardent la candidate d'un œil nouveau.

#8 Trump n'a pas d'organisation sur le terrain

Que ce soit avec les achats d'espace pour les spots télévisés, la mise en place de permanents sur le terrain ou le choix géographique des meetings, la campagne de Trump a été marquée de bout en bout par l'amateurisme, la négligence et une nonchalance alimentée par sa victoire aux primaires: puisque la "campagne Twitter" avait si bien marché, pourquoi changer une stratégie gagnante?

 Réponse évidente: ce n'est pas du tout la même campagne. Pendant que Trump menait son combat en touriste, visitant des Etats où il n'avait aucune chance de l'emporter, démarrant des campagnes de spots pour les stopper puis les redémarrer, négligeant de peupler les Etats charnières de permanences dignes de ce nom, Hillary Clinton a déployé toute son expérience, renforcée par celle de vétérans des campagnes d'Obama.

#9 Il est trop tard pour que Trump se discipline

 L'un des moments symboles de cette campagne restera le démontage en règle, par Trump, d'un téléprompteur refusant de fonctionner. C'était le 14 octobre, lors d'un meeting en Caroline du Nord, et le candidat a semblé soudain libéré: "C'est bien mieux sans!". Cela faisait en fait plusieurs semaines que Trump s'était affranchi des consignes de discipline de son état-major de campagne. En septembre, il s'était pourtant montré docile et cela avait marché: le pays s'était remis à parler des problèmes éthiques de Clinton, les poids lourds du parti républicains avaient confirmé leur ralliement et Trump, le 18 septembre, avait rattrapé Clinton dans les sondages (0,9% de retard, selon la moyenne des sondages établie par Real Clear Politics).

Et puis… Le naturel a repris le dessus. Fin septembre, Trump refuse de se préparer aux débats et se fait cueillir à froid par une Hillary hyper-préparée. Quelques jours plus tard, l'enregistrement audio où il se vante d'assaillir les femmes envoie le candidat dans les cordes. Adieu la discipline, bonjour les coups de sang. Impossible aujourd'hui, même s'il le souhaitait, de revenir à une image de présidentiable.

#10 Son refus d'accepter a priori le verdict des urnes ne passe pas

"Je vous laisse dans le suspense"… Le doute entretenu par Trump sur son attitude au soir du 8 novembre ne passe décidément pas dans l'électorat: selon un sondage Politico, 68% estiment que le perdant doit accepter le verdict des urnes, 14% seulement préférant le voir contester le résultat. L'entourage de Trump a cherché à atténuer les propos du candidat: il acceptera le résultat "à 100%", s'il est "équitable", a dit son fils Eric. Mais Trump, lui, continue de prétendre que l'élection est truquée  et que la fraude risque d'être massive le jour du scrutin. En réalité, elle est un phénomène rarissime, aux Etats-Unis. Don Quichotte pathétique, Trump se lance à l'assaut de moulins à vent qui n'existent même pas.  

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