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Un retour cauchemardesque pour un militaire québécois

Publié par MaRichesse.Com sur 19 Septembre 2016, 09:12am

Catégories : #GUERRE, #CANADA

Un retour cauchemardesque pour un militaire québécois

Déjà aux prises avec les relents d’un choc post-traumatique subi au cours de sa carrière, le militaire québécois qui s’est rendu en Irak pour combattre l’État islamique reconnaît que son retour au pays a été particulièrement difficile.

«J’étais complètement déconnecté du monde», confie le soldat, que nous ne pouvons identifier que par le nom «Safeen», soit le nom de guerre que lui ont donné ses compagnons kurdes.

«Au retour, je ressentais de la solitude, de la colère. J’étais en dépression et j’ai viré des grosses brosses», dit-il.

Six mois après être rentré d’un second séjour sur la ligne de front au Kurdistan, il lui est toujours difficile de s’ouvrir à propos de ces douloureux épisodes.

Lors d’une première rencontre avec la représentante du Journal, on a dû interrompre l’entretien tant il était troublé.

«J’ai besoin de temps. Je ne suis pas capable de parler de ça maintenant», avait soufflé l’homme dans la quarantaine.

Par la suite, Safeen a expliqué être demeuré dans un état d’hypervigilance pendant plusieurs semaines lorsqu’il est revenu au Québec.

 

Sentiment de honte

Comme lorsqu’il était au front dans l’attente d’attaques surprises des djihadistes, il était incapable de retirer ses vêtements pour aller dormir, craignant de devoir se défendre d’un ennemi désormais imaginaire.

Un sentiment de honte l’empêchait de prendre du mieux, dit-il.

«J’avais l’impression d’avoir abandonné mes camarades là-bas, raconte l’ex-membre du Royal 22e Régiment. Je me sentais mal d’être revenu dans ma belle petite vie nord-américaine soyeuse, d’avoir du chauffage dans mon char, alors qu’il y a du monde là-bas qui souffre le véritable martyre.»

Alors qu’il mourait d’envie de raconter son expérience, Safeen a réalisé que son histoire n’intéressait pas vraiment ses proches.

«C’est difficile de se heurter à l’incompréhension des gens autour de toi, glisse-t-il. Tu racontes les grandes lignes et, après ça, ils ne veulent plus en entendre parler. Ils ne veulent pas connaître les détails.»

Incapable de vivre avec tous ses démons, Safeen a dû se résoudre à consulter de nouveau un professionnel. En effet, s’il a été témoin d’atrocités en Irak, ses problèmes dataient déjà de quelques années.

Après avoir quitté les Forces armées canadiennes il y a plus d’une décennie, l’homme a reçu un diagnostic d’état de choc post-traumatique.

Le militaire québécois estime d’ailleurs que tous les soldats étrangers qui décident d’aller combattre l’État islamique ont un profil semblable au sien.

«La majorité sont des anciens de l’armée qui sont divorcés et un peu marginalisés de la société, explique-t-il. Tu ne vas pas rencontrer un bachelier en administration des affaires de l’université sur la ligne de front.»

 

« Maganés par la vie »

Selon lui, les combattants étrangers ont tous été, à un moment ou un autre, «maganés par la vie».

«Hey, il faut que tu sois allé vraiment loin dans ta petite tête pour décider de t’en aller là-bas», lance-t-il.

Pourtant, Safeen ne semble pas être capable de trancher quant à l’éventualité d’un autre séjour en Irak.

Si ce n'était pas de ses proches, il y retournerait «demain matin», même s’il sait que cela n’aiderait en rien sa situation.

«Émotivement, je me garde une porte ouverte. Rationnellement, il faut que je la ferme», conclut-il. 

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