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Un mouvement anti-Black Lives Matter déverse sa haine sur les réseaux

Publié par MaRichesse.Com sur 12 Septembre 2016, 07:18am

Catégories : #RACISME, #ETATS-UNIS

Un mouvement anti-Black Lives Matter déverse sa haine sur les réseaux

Ils critiquent la propension du peuple à défendre « des criminels » abattus par la police pour leur «  simple  » couleur de peau. Contacté par Rue89, un des administrateurs de la page Facebook détaille :

«  Sur notre page, nous essayons de faire comprendre aux internautes l’usage de la force dans de tels scénarios du point de vue des policiers, histoire d’aider la société à mieux comprendre pourquoi les officiers ont pris telle décision. »

 

Le mouvement sort de l’ombre

Apparu en 2015, dans la foulée des émeutes de Ferguson, le mouvement Blue Lives Matter s’est, depuis la rentrée, considérablement développé sur les réseaux sociaux. Deux événements en particulier ont accéléré les choses.

  • D’abord une allocution de David A. Clarke, shérif du comté de Milwaukee, lors d’une convention du parti républicain, le 19 juillet dernier. Il ouvre son discours, filmé et diffusé à la télé, par un « Blue Lives Matter » très acclamé et offre au mouvement une audience maximale.
 
  • Ensuite, le vote d’une loi, « The Blue Lives Matter Bill », en août, au Texas. Elle reconnaît l’assassinat d’un policier comme « crime de haine », au même titre que le meurtre d’une personne parce qu’elle est juive, noire ou homosexuelle. Alors qu’à l’inverse de ces dernières, l’exercice du métier de policier est avant tout un choix, un travail, pas une condition.

Kat Blaque, youtubeuse américaine transgenre, s’insurge dans la vidéo ci-dessous :

«  Selon moi, le projet de loi 953 et le hashtag Blue Lives Matter ne sont rien de plus que des tentatives de discréditer le travail des activistes noir-e-s et à positionner les forces de l’ordre comme une minorité oppressée. »

 

Pourtant chaque jour plus nombreux, des « défenseurs de la police » se rejoignent autour de ce hashtag : #BlueLivesMatter.

Un drapeau bleu et blanc, en guise de soutien aux policiers
Un drapeau bleu et blanc, en guise de soutien aux policiers - Capture d’écran

Produits dérivés, T-shirts, mais aussi drapeaux sont vendus pour élargir au maximum la visibilité de ce groupe aux théories suprémacistes.

Ces militants considèrent qu’ils ont reçu le soutien implicite de personnalités conservatrices reconnues aux Etats-Unis. C’est ce qu’expliqueWallace Ford, professeur au Medgar Evers College de New York : 

«  À plusieurs moments, le mouvement Black Lives Matter a été décrit comme “ raciste ” (par Rudolph Giuliani, ancien maire de New York), “ dérisoire ” (par William Bratton, commissaire de la NYPD) et comme promouvant le meurtre de policiers (par Katie Pavitch, journaliste conservatrice).  »

 

Une haine anti Black Lives Matter

A lire nombre de leurs commentaires, la haine contre les partisans du mouvement Black Lives Matter semble être leur vrai moteur. Ils l’assimilent à un groupuscule terroriste. 

Un mème a largement tourné sur leur page Facebook. Sous couvert d’humour, un internaute proposait d’abattre les défenseurs du Black Lives Matter. 

Récemment, Beyoncé, Rihanna, Alicia Keys et d’autres ont été attaquées par le groupe. En cause, une vidéo partagée par l’interprète de «  Fallin » dans laquelle on voit les artistes affirmer leur soutien au mouvement de dénonciation des violences policières. 

 

Pour le site de Blue Lives Matter : 

«  Cette vidéo fait la propagande de Black Lives Matter. Simplement à cause de la couleur de peau des personnes dont elles parlent, ces célébrités les glorifient et leur donnent les statuts de victimes et martyrs. »

L’article a été partagé plus de 23 000 fois.

Sur la page Facebook de Blue Lives Matter, les commentaires sont sans filtre. Un de ses administrateurs explique :

«  On essaye de modérer les commentaires mais la tâche est devenue trop compliquée. On atteint 60 000 internautes par jour et 21 millions par semaine. »

Propos racistes 

Des supporters du mouvement Blue Lives Matter demandent aux policiers de ne venir en aide qu’aux personnes qui le demandent vraiment, c’est-à-dire eux, et de ne plus intervenir dans les zones dangereuses. 

Les militants pro-police partagent des informations, la plupart du temps fausses, et des statistiques issues de sites nationalistes blancs américains. Des sites, souvent relayés par Donald Trump, qui font régulièrement le jeu des théories suprémacistes, comme l’explique le site du Southern Poverty Law Center. 

La source de ces statistiques demeure un mystère
La source de ces statistiques demeure un mystère - Capture d’écran

Et attention à ne pas les critiquer. Sinon, une horde d’insurgés pourraient s’en prendre à vous, dénonçant votre manque de considération vis-à-vis des risques que prennent tous les jours des milliers de policiers. 

Une réalité bien différente 

Mais le métier de policier est-il aussi dangereux que le sous-entendent les défenseurs du Blue Lives Matter ? Un site internet permet de consulter, année par année, mois par mois, le nombre de policiers mortsdans l’exercice de leur fonction. 

Il apparaît que ce nombre diminue de 20% chaque année. En 2015, le FBI a enregistré 41 policiers tués au travail (contre 51 en 2014). Sur la même période, 990 civils ont été tués aux Etats-Unis par les forces de l’ordre. 

 Source

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