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Trop peu de réfugiés ont trouvé un emploi en Allemagne

Publié par MaRichesse.Com sur 21 Septembre 2016, 06:34am

Catégories : #ALLEMAGNE, #TRAVAIL, #EMPLOI

Trop peu de réfugiés ont trouvé un emploi en Allemagne

Mahmoud a 23 ans. Il vit depuis huit mois dans le nord de l’Allemagne. Comme pour bien des Syriens arrivés avec le flot des réfugiés de l’hiver dernier, l’Office allemand des migrations (BAfM) n’a pas encore statué sur son dossier. Source d’incertitude angoissante sur son avenir, les lenteurs administratives ont également pour Mahmoud de lourdes conséquences matérielles: il n’a pas reçu les documents qui lui permettraient de s’inscrire enfin à un cours d’allemand financé par l’Etat, n’a pas le droit de quitter la région déshéritée et sans emplois où le hasard l’a fait échouer. Sans permis de séjour en règle, il n’aurait de toute façon pas le droit de travailler. «Je veux travailler, je dois travailler» se désespère le jeune homme, étudiant en ingénierie lorsqu’il vivait à Alep, et dont la famille vit toujours sans ressources dans la région. 

 

«Tracasseries administratives»

Comme Mahmoud, des dizaines de milliers de jeunes réfugiés attendent avec impatience de mettre un pied sur le marché du travail allemand. «Les tracasseries administratives sont telles que malgré le nombre élevé de volontaires, nous n’avons pu proposer aucun réfugié pour aider lors de la saison des asperges, des fraises ou maintenant des pommes», se désole Diana Henniges, la présidente de l’association berlinoise d’aide aux réfugiés «Moabit Hilft». Cette année encore, ce sont des temporaires d’Europe de l’Est qui ont aidé aux récoltes.

 

Ne peuvent prétendre à un emploi que les requérants bénéficiant du statut de réfugiés politiques. Les personnes déboutées du droit d’asile mais non expulsables – venant par exemple d’une région en guerre – n’obtiennent un permis de travail qu’au bout de 15 mois. La réglementation est un peu plus souple pour les formations professionnelles, alors que de nombreuses entreprises cherchent désespérément des candidats pour assurer la relève des générations proches de la retraite. En théorie, les réfugiés peuvent entamer un apprentissage à tout moment, quel que soit leur statut. Mais les employeurs hésitent à former un jeune dont ils ne savent pas s’il sera expulsé avant que l’investissement de sa formation ne soit rentabilisé. 

 

La plupart en Allemagne depuis deux ans

Officiellement, 153 000 réfugiés sont à la recherche d’un emploi, auxquels s’ajoutent 193 000 personnes inscrites dans les cours d’intégration ou suivant une formation d’aide à la recherche d’emploi, soit quelque 350 000 migrants autorisés à travailler mais sans activité. La plupart sont en Allemagne depuis au moins deux ans. Les réfugiés arrivés comme Mahmoud avec le flot de l’hiver dernier ne sont pas encore comptabilisés parmi les chômeurs.

 

Inquiète à l’idée de voir brusquement grimper les statistiques du chômage en pleine campagne électorale en vue des législatives de l’automne 2017 – le quotidien populaire «Bild Zeitung» mise sur une forte hausse du chômage avec près de 3 millions de demandeurs d’emploi l’an prochain – Angela Merkel a rencontré mercredi dernier les patrons de grandes entreprises allemandes – notamment Siemens, Opel, Airbus, Adidas ou Volkswagen – en un mini-sommet consacré à l’emploi des réfugiés. 

 

54 réfugiés employés par les 30 plus grandes entreprises cotées

Le but? Inciter les grands groupes à faire plus pour l’emploi des réfugiés. Selon un sondage réalisé auprès des employeurs par le quotidien «Frankfurter Allgemeine Zeitung», les entreprises du Dax (le principal indice boursier du pays) n’avaient embauché fin juillet que… 54 réfugiés (50 dans la logistique chez Deutsche Post, 2 chez SAP et 2 chez le géant de la chimie Merck). Sur les 300 postes d’apprentis promis par les patrons du Dax, seule une poignée a été pourvue, et seulement 500 des 2700 stages promis aux réfugiés. «Le succès de l’intégration est un défi collectif, auquel nous devons nous attaquer sans tarder et avec détermination», s’inquiète le ministre allemand de l’Economie Sigmar Gabriel, SPD, dénonçant le manque d’empressement des patrons.

Si les grands groupes sont à la traîne, les PME – davantage confrontées à un problème de relève – ont fourni un effort plus important au cours des dernières années. Selon la Fédération des chambres de commerce et d’industrie DIHK, 136 000 personnes issues de pays en crise avaient trouvé un emploi au printemps dernier (soit 30 000 de plus qu’un an plus tôt). Mais là encore, «ceux qui ont trouvé un emploi ne sont pas, à quelques exceptions près, arrivés en 2015, précise le président du DIHK Eric Schweizer. On estime qu’il faut deux ans pour parvenir à entrer sur le marché du travail.» Le temps d’obtenir des papiers et d’apprendre les rudiments d’allemand nécessaires pour le marché du travail. 

 

Freins à l’intégration

Selon une récente étude de l’OCDE portant sur les réfugiés au sein des pays membres, le taux d’emploi est de 27% pour un réfugié débutant dans la langue de son pays d’accueil et grimpe à 67% pour celui qui a une éducation universitaire et parle la langue. «L’intégration en Europe prend du temps, 20 ans en moyenne pour que le taux d’emploi s’apparente à celui des familles locales», souligne l’étude.

Les réfugiés vivant en Allemagne disposent en général d’un niveau de qualification supérieur à la moyenne des réfugiés vivant dans les pays de l’OCDE. Les principaux freins à leur intégration sur le marché de l’emploi sont la reconnaissance des diplômes et la langue: seuls 9% des réfugiés connaissaient quelques mots d’allemand avant leur arrivée en République fédérale. Le second frein est la difficulté pour obtenir la nationalité allemande. Toujours selon l’OCDE, seuls 40% des personnes jouissant de l’asile politique en Allemagne ont un passeport allemand au bout de 10 ans dans le pays. Contre 61% en moyenne au sein de l’OCDE. L’Allemagne, assure l’organisation, fait ainsi figure d’exception parmi les pays ayant accueilli beaucoup de réfugiés. 

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