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Travailler dans une entreprise où l’on élit son patron

Publié par MaRichesse.Com sur 11 Septembre 2016, 06:58am

Catégories : #ENTREPRISE, #TRAVAIL, #EMPLOI

Travailler dans une entreprise où l’on élit son patron

Une PME allemande, Haufe, demande à ses employés d'élire tous les ans son patron et l'équipe dirigeante de la société. La croissance est au rendez-vous.

Après trois mois de campagne, Kelly Max a été une nouvelle fois élu à la tête de Haufe, une entreprise d'origine allemande de contenus digitaux. Tout comme l'équipe dirigeante, le PDG est donc soumis au vote annuel des employés qui décident aussi de la stratégie du groupe. La démocratie sur le lieux de travail, c'est donc possible et plusieurs entreprises mettent la main à la pâte.

Donner plus de responsabilités aux employés devient une nécessité, eux qui "aspirent de plus en plus à être acteurs dans la construction des décisions qui les concernent", selon Jean Kaspar, consultant en stratégies sociales publié dans Les Echos . Les salariés refusent qu'une "avant-garde éclairée", même syndicale, décide à leur place. De nouvelles pratiques sont donc inventées pour enrichir le lien entre les salariés et leurs patrons. Et Haufe est devenue pionnière en introduisant la démocratie en entreprise. 

 

Un processus démocratique rôdé

Chez Haufe, la pratique a commencé dès 2012 rapporte Business Insider . Le patron de l'époque Hermann Arnold veut implanter l'entreprise aux Etats-Unis. Il décide alors que le prochain patron doit être choisi démocratiquement pour être plus légitime. Depuis, les 260 salariés votent tous les ans pour leur patron, les huit membres de l'équipe dirigeante et les décisions stratégiques. De l'emplacement des bureaux à la fusion avec d'autres entreprises.

Tous les ans, ils se réunissent lors d'un "week-end stratégique" pour faire le bilan des promesses du précédent patron et de l'évolution de l'entreprise sur an. De là, ils procèdent au vote, qui décidera de la personne qui restera ou alternera à la tête de Haufe. "Si quelqu'un pense que je ne fais pas assez bien mon travail, et qu'ils trouvent une personne qui peut le faire mieux que moi, je voudrais absolument que ce dernier fasse partie de la procédure", a déclaré à Business Insider Kelly Max, PDG d'Haufe USA depuis 2014 .

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Aux dernières élections, il a obtenu 95 % des voix alors que personne ne lui faisait face. Les salariés pouvaient choisir entre lui et le bulletin "recrutement externe". L'élection du directeur de la technologie a été tranchée moins nettement : il a gagné avec 56 % des voix.

Kelly Max a listé trois avantages à ce modèle dans Business Insider. D'abord, les idées et innovations sont plus riches car elles viennent de tous les membres de l'entreprise. Ensuite, cela permet à l'organisation de changer afin d'être le plus efficace possible. Enfin, toute l'équipe a son mot à dire et peut donner un sens à son travail.

Haufe annonce même que sa "croissance a augmenté de 100 %" les quatre dernières années et le turnover des employés est en dessous de 5 %, alors qu'il est de 15 % en moyenne aux Etats-Unis. 

 

Les avantages et les inconvénients d'une démocratie

Tout n'est pas pourtant rose dans ce nouveau type d'entreprises. "Si vous vous souciez plus de votre popularité, vous n'être pas en train de prendre les bonnes décisions pour l'entreprise", a critiqué Vivek Wadhwa, membre de l'Université Stanford au Rock Center for Corporate Governance, sur la CNBC. "Vous essayez juste d'être réélu l'année d'après, tout comme le font nos dirigeants politiques", a-t-il ajouté.

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Le risque est donc d'attraper les défauts de nos démocraties. Contrairement aux politiques, les candidats à la direction de Haufe essaient de faire une campagne qui ne se base pas sur la confrontation ou la détraction des candidats opposés mais bien de reposer sur une logique constructive.

La question est aussi de savoir si la démocratie et la discussion ne baissent pas le niveau de productivité de l'entreprise. En effet, ce processus encombre la prise de décision alors que certains salariés sont plus efficaces quand ils sont dirigés fermement. Des employés de Haufe ont donc admis que la démocratie fonctionnait surtout pour les décisions en interne, et non pas avec des clients qui ne comprennent pas toujours leur modèle de management. 

 

D'autres entreprises s'essaient à un management alternatif

Sans parler de démocratie, certaines entreprises se soucient de l'implication et de la liberté de leurs salariés. C'est ainsi que s'est développée l'« entreprise libérée », au sein de laquelle chacun des acteurs fait ce qu'il pense être le mieux pour l'entreprise. Libéré de la hiérarchie et responsabilisés, ils sont donc plus motivés et productifs.

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Certaines entreprises essaient alors d'autres organisations de travail, sans patron, sans horaires, sans bureaux. C'est le cas de Buffer , une société américaine où les salariés habitent là où ils veulent du moment qu'ils peuvent être connectés et qu'ils remplissent leurs missions. D'autres impliquent leurs salariés en leur permettant de posséder des actions de l'entreprise. C'est le cas de John Lewis, dont les profits et la propriété de la compagnie sont divisés entre les employés depuis 1929. Les 91.500 employés et le PDG Charlie Mayfield sont donc tous associés. Pour le meilleur et pour le pire.


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