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Si t’es pas content, t’as qu’à aller voir à Moscou

Publié par MaRichesse.Com sur 6 Septembre 2016, 09:19am

Catégories : #MONDE, #POLITIQUE

La scène de la Guerre froide se réédifie entre la Russie et l’Occident en l’absence de son motif d’origine, remplacé par un autre, porteur d’émotions aussi fortes: la légitimité territoriale

Si t’es pas content, t’as qu’à aller voir à Moscou

Les mots de la Guerre froide sont tapis dans mon souvenir comme ceux de la publicité pour les pâtes aux œufs Lustucru, La Vache qui Rit ou la pile Wonder, (ne s’use que si l’on s’en sert). On disait «si t’es pas contente, t’as qu’à aller voir à Moscou». Moscou, c’était l’endroit où, l’eusses-tu cru, il n’y avait pas de pâtes aux œufs, ni de piles électriques et où les vaches ne riaient pas. C’était le temple du modèle anti-capitaliste. Il y régnait quelque chose qui se donnait pour nom «socialisme soviétique». La démocratie y était dite «populaire», par opposition aux démocraties qui ne l’étaient pas. 

 

McCarthy vs Staline

Il y avait «l’Est», capitale Moscou, et «l’Ouest», capitale Washington. Entre les deux, une prudente «coexistence pacifique», à cause de la bombe atomique. On disait «la coex», pour faire court.

Les deux modèles avaient leurs figures combattantes. A l’Ouest, le sénateur Joseph McCarthy (1908-1957) s’était fait un nom en chassant le communiste, soupçonné d’affaiblir l’Amérique au profit de l’URSS. A l’Est, Staline était connu pour éliminer les personnes tranquilles avant même d’avoir à les soupçonner. Le «monde libre» et le «monde soviétique» menaient une diatribe idéologique sur la valeur du modèle que chacun représentait. Quand on n’était pas content d’un côté, «y avait qu’à aller voir» de l’autre – si on pouvait. 

 

Le capitalisme fait son entrée à Moscou

Puis le capitalisme a fait son entrée à Moscou, à la faveur des circonstances tumultueuses des années 1990-2000. Il y a maintenant là-bas des pâtes, des fromages mous et des piles électriques à volonté. Les enseignes des marques y brillent de tous leurs feux. Les plus forts gagnent. La démocratie a cessé d’être populaire pour devenir présidentielle. L’Etat soviétique est maintenant l’Etat russe. Un Etat comme un autre, banal, trivial, qui a les qualités de son peuple et les nuisances de son chef.

Mais le passé a la vie dure. Voilà que privé d’une Eglise où placer sa foi, tout un petit monde, en Russie et ailleurs, rebâtit Moscou en dépositaire d’une vérité plus vraie. Orthodoxes illuminés, communistes non reconstruits, agents de sociétés et tous les orphelins d’une croyance ou d’un chef se font les consuls honoraires d’un Etat mythique qui serait encerclé par «l’Occident». 

 

La légitimité territoriale

La scène de la Guerre froide se réédifie en l’absence de son motif d’origine, remplacé par un autre, porteur d’émotions aussi fortes: la légitimité territoriale. La question de l’Ukraine et de la Crimée succède ainsi à la question de la propriété collective des moyens de production, historiquement tranchée. L’ancien amour de «la patrie du socialisme» se reporte intact, par les mêmes ou d’autres, sur la patrie russe d’aujourd’hui. Et comme si de rien n’était, la détestation du capitalisme et de l’Occident continue d’apporter des troupes sympathisantes au régime de Vladimir Poutine. 

 

Les promesses d’Assange

Même McCarthy est reconvoqué: Julian Assange, le fondateur de Wikileaks, se plaint dans une interview auNew York Times d’une «hystérie néo-mccarthyste» attisée par le parti démocrate américain contre la Russie. Si mccarthysme il y a, guerre froide il y a, version néo, et c’est ainsi que se poursuit le jeu irritant mais combien adoré de la recherche de qui a commencé. La faute à qui, hein? Assange promet pour octobre des révélations pour avancer sur le sujet.

La pile Wonder n’existe plus, Bernard Tapie l’a liquidée après avoir échoué à booster son énergie. Les pâtes Lustucru survivent, avec et sans œufs, propriété de Panzani. La vache continue de rire. «Vessiolaia Bourionka» sur les tartines russes, elle est l’apport remarquable de la Franche-Comté à la mondialisation. Elle rit à regarder le train de l’histoire se tortiller sur place avec juste le nom des wagons changé et les directions retournées. Les mécontents du capitalisme occidental rallient le capitalisme oriental. L’eusses-tu cru? 

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