Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Marichesse.com

Marichesse.com

Conseils, science, sante et bien-être


Réserves insensées de moutarde et de shampooing: nos monomanies ordinaires

Publié par MaRichesse.Com sur 5 Septembre 2016, 02:21am

Catégories : #FAITSDIVERS

Réserves insensées de moutarde et de shampooing: nos monomanies ordinaires

«Un jour, mon petit-fils qui devait avoir 4 ou 5 ans est sorti de ma buanderie, et m’a demandé pourquoi j’avais 17 barils de lessive.» Comme cette grand-maman, certaines personnes stockent des aliments ou des produits de beauté de manière irrationnelle et parfois sans en avoir pleinement conscience. Les paires de chaussettes et les slips, paraît-il, font aussi partie de cette tendance à la monomanie. Au cas où. Mais au cas où quoi, en fin de compte?

Dans un pays où, généralement, une poignée de minutes suffisent pour acheter ce dont on a besoin cruellement, «là tout de suite maintenant», qu’est-ce qui pousse à remplir les tiroirs d’un produit particulier, et à en garder en réserve pour les mois voire les années à venir? «Aïe on nous fait croire que le bonheur c’est d’avoir de l’avoir plein nos armoires», relevait Alain Souchon dans les années 1990 dans sa chanson «Foule sentimentale». Certes, il y a un peu de ça...

 

Selon le psychiatre et psychothérapeuthe Nicolas Belleux, il existe plusieurs types de raisons, l’une d’elles étant historique. Les Suisses ont été longtemps habitués à faire des réserves dans leurs abris antiatomiques, pour résister en cas de conflit. Ce qui a été longtemps exacerbé. Encore en 1991, la guerre du Golfe avait poussé les gens à faire des provisions. «C’est une sorte d’atavisme, nous avons hérité de cette tendance. Nous sommes une race de type petit écureuil!»

Il y a ensuite la personne prévoyante – mais uniquement sur des produits bien ciblés – qui préférera stocker plutôt que de manquer si des amis débarquaient à la maison par surprise, même une fois dans l’année. Cette personne-là aura aussi tendance à partir en pique-nique avec trois fois trop de nourriture. 

 

Aux frontières de l’inconscient

L’aspect bassement matériel, la satisfaction de la bonne affaire, entre également en ligne de compte dans ces petites obsessions quotidiennes. «Lorsque des produits non périssables, que j’utilise de toute façon, sont en action, j’achète un pack… Ensuite j’oublie, et s’il y a de nouveau une action, j’en rachète. Du coup, je me retrouve avec six tubes de dentifrice et six flacons de shampooing», s’auto-observe Sandra.

Mary, qui comptabilise 18 flacons de shampooing dans sa salle de bain, avoue avoir plutôt peur de manquer. «J’en essaie un, puis le lendemain j’en rachète deux directement, de peur de ne plus le trouver par la suite. Souvent, au bout de quelque temps, je trouve le produit moins bien, donc je recommence avec une autre marque.» Au final, c’est son mari – qui heureusement ne souffre pas de calvitie – qui termine les flacons délaissés dans l’armoire.

Pour le Dr Belleux, ces tendances s’apparentent à une forme d’addiction. «C’est un besoin compulsif, qui provoque un certain mal-être si l’on ne l’assouvit pas. Même s’il s’agit d’un cinquième pot de moutarde, alors que l’on en possède déjà quatre. Généralement, la démarche est consciente, mais nous sommes à la frontière avec l’inconscient. La personne sait pertinemment qu’elle achète un produit alors qu’elle en a assez à la maison, mais il y a une sorte de déni de la somme totale.» 

 

Inscrit dans le caractère

Mais que les collectionneurs de pots de cornichons se rassurent: le psychiatre ne case pas leurs monomanies au rayon pathologique, même si «nous ne sommes pas loin» de l’angoisse. Cette tendance est plutôt liée à un trait de caractère que la personne a déjà.» Les autres ne développeront donc en principe pas ces pulsions. «Tant que la personne ne se met pas en danger par rapport à ses responsabilités, ce trait de la personnalité ne posera pas de problème.»

Un seul conseil: accepter les tendres moqueries des proches lorsqu’ils comptent un nombre anormalement élevé de tubes de mayonnaise ou de crèmes pour les mains dans les tiroirs. Sans oublier de guetter les bonnes actions sur les systèmes de rangement, pour y caser les réserves de guerre. Au cas où… 

 Source

Commenter cet article

Archives