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Religion au travail : ça se banalise

Publié par MaRichesse.Com sur 22 Septembre 2016, 04:09am

Catégories : #RELIGION, #RELATIONS, #TRAVAIL

Religion au travail  : ça se banalise

D'après une étude réalisée cette année, et que nous révélons, 65 % des salariés sont confrontés à l'irruption de la sphère religieuse dans l'entreprise. C'est quinze points de plus que l'an passé. Un record.

C'est un voile, une croix ou une kippa qui débarque au bureau. Une pile de demandes de RTT pour l'Aïd ou le lundi de Pentecôte qui afflue dans la bannette de la chef de service. Un refus de travailler avec la gent féminine. Une prière dans les vestiaires... Plus que jamais, la religion s'invite dans la sphère professionnelle. Selon une étude* que nous dévoilons, réalisée par l'Institut Randstad, chargé de promouvoir le principe de l'égalité des chances, et l'Observatoire du fait religieux en entreprise (OFRE), près des deux tiers (65 %) des salariés ont constaté en 2016 plusieurs manifestations du fait religieux alors qu'ils étaient la moitié (50 %) l'année dernière et 44 % en 2014. Ainsi, pour la première fois en quatre ans, date de naissance de ce baromètre, la part des manageurs faisant face régulièrement à ce genre de situations est majoritaire. La vague d'attentats qui a mis au cœur des débats la place des religions dans notre République explique, en partie, cette progression.

 

« Le fait religieux est un phénomène sociétal sensible, par conséquent, il devient plus facilement repérable », décrypte Laurent Morestain, président de l'Institut Randstad, association créée par le groupe du même nom, spécialiste de l'intérim. La hiérarchie est de plus en plus sollicitée sur ces questions  : 48 % des faits religieux ont ainsi nécessité une intervention managériale cette année contre 38 % en 2015 et 24 % en 2014.

 

 

 

«Les manageurs, désemparés, ont du mal à intervenir »

 

« La salariée voilée qui ne revendique rien et qui, la plupart du temps, est conciliante va être recadrée plus facilement que le prosélyte tenant un discours radical, agressif et menaçant. Dans ce cas, les manageurs, désemparés, ont du mal à intervenir », souligne Lionel Honoré, professeur des universités à la tête de l'OFRE. Dans la très grande majorité des situations, le fait religieux ne perturbe pas le fonctionnement de l'entreprise.Mais dans 9 % des cas, soit une hausse de 3 points par rapport à 2015, il est considéré comme conflictuel. « Les encadrants hésitent de moins en moins à provoquer des gestions de conflit, car ils sont davantage sensibilisés et formés à cette question. Quand ça déborde, c'est souvent parce qu'ils n'ont pas réagi au départ, qu'ils ont manqué de courage managérial », estime l'expert. Pour éviter les tensions, de plus en plus d'entreprises élaborent un petit guide à destination des chefs leur rappelant l'arsenal juridique en vigueur et distillant des conseils pratiques. C'est, depuis 2010, le cas de la Poste, qui fait figure de pionnière en la matière. « Cela nous a aidés. Au final, les conflits sont extrêmement marginaux », assure Florence Wiener, sa directrice de la stratégie sociale.

 

* Enquête réalisée en ligne entre avril et juin 2016 auprès de 1 405 salariés dont 61 % exercent une responsabilité managériale..

 

 

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Ce que dit la loi

 

Public, privé, les règles diffèrent. La loi fixe le cadre et évolue. Rappel des principes en vigueur.

 

Dans le privé, le principe de laïcité ne s'applique pas. Liberté de conscience oblige, un employeur est tenu de respecter les croyances de ses salariés. Néanmoins, il a le droit d'émettre des restrictions lorsque celles-ci sont justifiées par la nature de la tâche à accomplir et à condition que la limitation soit « proportionnée au but recherché ». Des raisons d'hygiène, de santé et de sécurité sont avancées. Par exemple l'interdiction de se couvrir la tête dans une chambre stérile d'hôpital, le bannissement de certaines tenues vestimentaires dans un laboratoire de chimie ou lorsque les employés sont amenés à représenter leur société à l'extérieur. Par ailleurs, le prosélytisme est strictement interdit dans l'entreprise. La loi Travail, adoptée au cours de l'été dernier, prévoit enfin que le règlement intérieur d'une entreprise peut, sous certaines conditions, « contenir des dispositions inscrivant le principe de neutralité ». Un article jugé ambigu et contesté par la plupart des syndicats et experts de la laïcité. Il n'est pas en vigueur tant que les décrets d'application ne sont pas sortis.

 

Dans le service public, les agents doivent respecter le principe de laïcité, censé garantir leur neutralité à l'égard de tous les citoyens. Ils n'ont donc pas le droit de porter dans le cadre de leurs fonctions des signes ostentatoires d'appartenance à une religion (croix, foulard islamique, kippa...)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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  Le Parisien

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