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Qui sont les jeunes qui soutiennent Emmanuel Macron ?

Publié par MaRichesse.Com sur 2 Septembre 2016, 12:25pm

Catégories : #POLITIQUE, #FRANCE

Qui sont les jeunes qui soutiennent Emmanuel Macron ?

Dans le deuxième arrondissement de Paris, mardi 30 août au soir, le Player, un bar de la capitale, avait des allures de QG de campagne. Les jeunes réunis, pour la plupart des "Jeunes avec Macron" (JAM), étaient une cinquantaine, selon les médias, une centaine, selon le collectif. Ils n'assistaient pas aux résultats télévisés d'une élection... Mais bien à laconfirmation d'une démission, celle d'Emmanuel Macron. Le ministre de l'Économie a mis fin aux spéculations sur sa sortie du gouvernement, tandis que sa personnalité suscitait de plus en plus la défiance, ou du moins l'agacement, de certains de ses collègues ainsi que du couple à la tête de l'exécutif. 

Depuis la création de son propre mouvement, "En Marche !", le 6 avril dernier, beaucoup d'indices laissent penser à une potentielle candidature de l'ancien locataire de Bercy à la présidentielle 2017. Et l'idée n'est pas pour déplaire aux jeunes présents ce mardi 30 août. Depuis plus d'un an, ils forment le collectif "Les Jeunes avec Macron". D'une certaine manière, ces derniers promouvaient Macron... avant Macron. 

 

Quatre copains avec Macron

Au début de l’été 2015, quatre amis, Pierre Person, Jean Gaborit, Sacha Houlié et Florian Humez, suivent avec un intérêt croissant l'évolution du jeune ministre de l'Économie au sein du gouvernement. L'un d'entre eux est chargé de communication, un autre est consultant en organisation dans le secteur public, le troisième est avocat et le dernier, analyste crédit chez Renault. De catégorie socio-professionnelle moyenne à supérieure, ils assurent que"toutes les CSP, étudiants, cadres, profs, intermittents, agriculteurs", sont représentées chez les "Jeunes avec Macron". Deux d'entre eux ont par ailleurs joué un rôle militant au Mouvement des jeunes socialistes et un autre à l'Unef, premier syndicat étudiant français, des cas non isolés au sein des "JAM".

Il y a un an, les quatre jeunes hommes suivent en détail l’examen de la loi Macron et décident de créer un site internet pour en faire la pédagogie auprès du grand public. Le site s'appelle, déjà, lesjeunesavecmacron.fr. "On a rapidement eu beaucoup de visiteurs, on a compris qu’il y avait un intérêt", explique Mickael Nogal, l'un des proches du quatuor, très investi lui aussi dans les "JAM", où il assure la communication sur son temps libre. Au cours de l'été, quelque 300 jeunes se disent prêts à rejoindre l'aventure Macron et les choses s'accélèrent. "On a commencé à se structurer fin 2015", raconte l'adhérent. 

 

"Continuez à faire comme vous avez fait jusque-là"

Au départ, aucun lien n'est établi entre le ministre et cette équipe de soutiens. Le quatuor rencontre Emmanuel Macron une première fois en juillet 2015, lors d'une réunion à Bercy au cours de laquelle il explique sa loi. "Sur notre site, on avait créé une infographie qui retraçait le parcours de la loi et on avait été contacté par le cabinet de Macron qui souhaitait l'utiliser dans le communiqué de presse” promouvant celle-ci, explique Mickael Nogal. Puis plus grand-chose. Le groupe continue à suivre Emmanuel Macron et rallie à sa cause de nouveaux jeunes intéressés par la personnalité du ministre. 

Le 12 mars, les "JAM" lancent leur think tank, la Gauche Libre, et un nouveau rapport avec le ministre semble s'instaurer. "Après le lancement, son cabinet nous appelle et nous dit 'Emmanuel Macron veut vous voir.'” Le 14 mars, les instigateurs des "JAM" sont invités dans le bureau d'Emmanuel Macron."Continuez à faire comme vous avez fait jusque-là, contactez-moi si besoin", leur dit alors le ministre, pour qui ce soutien spontané constitue une aubaine. "Il nous a dit : 'Dans quelques semaines, je lancerai ma propre initiative', se souvient Mickaël Nogal. Depuis, on est en lien avec ses équipes." 

 

60% d'adhérents venus de province

"Les Jeunes avec Macron" prétendent compter "8.000 adhérents" dont "500 inscrits sur la seule journée du 30 août (date de la démission du ministre, ndlr)". Le collectif s'organise autour des quatre amis. Originaires de Nantes, Nancy, Poitiers et Douai, ils sont représentatifs de l'enthousiasme qu'Emmanuel Macron semble provoquer en province : 60% des JAM en sont originaires. “On est tous des provinciaux dans la bande de départ. On est à Paris car on a trouvé du boulot ici", explique Mickael Nogal, comme soucieux de casser l'image des traditionnels jeunes militants, Parisiens, étudiants à la Sorbonne ou en école de commerce.

Chez les JAM, 70% des adhérents sont des primo-engagés, selon le collectif. La moyenne d'âge est de 29 ans. La plus jeune adhérente a 16 ans mais quelques personnes "de plus de 80 ans" se sont jointes à ces "Jeunes". “Pendant presque un an, la cote de popularité d'Emmanuel Macron montait mais il n'y avait pas d’initiative propre à Macron, alors des personnes âgées nous ont aussi demandé si elles pouvaient faire partie des JAM, ce que nous avons accepté”, justifie Mickael Nogal.

François Hollande n'allait pas assez loin pour moi.

Augustin Michaëly, membre des "JAM"  

Engagé pendant un an au Mouvement des jeunes socialistes pendant la campagne de 2012, Augustin Michaëly, 23 ans, ne s'engage "pas plus que ça" une fois François Hollande élu puis repère la personnalité Macron. "Avec le temps, j’ai découvert le monde du travail. La politique de François Hollande n’allait pas assez loin pour moi, on avait tendance à éloigner le socialisme du travail, du patronat, alors qu’en travaillant dans une TPE, j’ai pu voir les difficultés des petits patrons". Augustin rejoint les JAM quelques jours après le lancement de "En marche !", le 6 avril. Lyonnais d'origine, il étudie la communication politique et publique à Paris et affirme que sa formation a accru son intérêt pour Emmanuel Macron. 

Pour lui, l'ancien ministre incarne la nouveauté "sans être en rupture totale ni tomber dans le populisme vulgaire" et "renoue le lien avec le peuple en remettant par exemple au goût du jour le porte-à-porte", affirme Augustin. Cette technique, Emmanuel Macron en fait un élément-clé de son action, une forme de "nouvelle proximité avec les Français", selon Augustin, qui voit en lui une sorte de "socialisme 2.0", bien que l'ancien ministre ait récemment affirmé qu'il n'était, finalement, "pas socialiste"

 

De DSK à Emmanuel Macron

En se rapprochant d'un groupe de jeunes soutiens, Emmanuel Macron prend le pli de bon nombre d'hommes politiques. "Aujourd'hui, chaque personnalité politique de premier plan a son association de jeunes, 'les jeunes avec', reconnaît Mickael Nogal. Mais, la plupart du temps, cela vient des personnalités en question. Avec Macron, c’est l’inverse : l’ex-ministre n'est pas venu à nous, le collectif a été construit de manière autonome et indépendante, par des jeunes intéressés par la politique et par Macron". Cette singularité, largement mise en avant dans les discours de ses soutiens, est progressivement devenue une signature politique de l'ancien ministre. Une singularité d'autant plus forte que, s'il est porté par certains, Emmanuel Macron n'est officiellement pas en lice pour la présidence de la République.

Au moment du lancement du think tank "La Gauche libre", nos confrères duMonde évoquaient entre autres la présence, chez les JAM, de "beaucoup d’anciens soutiens de Dominique Strauss-Kahn", que les membres du collectif assument parfaitement. “On (les personnes à l'origine des "JAM", ndlr) en fait partie, explique Mickael Nogal. Il y a une cohérence, beaucoup d’éléments communs, entre DSK et Macron." Il évoque l’égalité réelle, défendue par l'un et par l'autre. Mais les "Jeunes avec Macron", ce sont aussi des adhésions moins attendues. "Il y a de tout, y compris des gens qui nous ont dit avoir voté pour le Front national dans des élections précédentes et qui ont rejoint le collectif, concède Mickael Nogal. Par ras-le-bol, pas par idéologie ni par conviction".

Avec ces soutiens et cette sortie du gouvernement, la perspective d'une candidature pour la présidence de la République devient de plus en plus crédible. Mais l'électron libre Macron manque de structure partisane et certains, dans ses propres rangs, doutent de ses capacités à rassembler pour 2017, comme le faisait récemment remarquer Le Figaro. "Il n'a pas de parti mais il a des dizaines de milliers de gens hyper motivés et hyper engagés sur le terrain, tranche Mickael Nogal. Il est en train de se constituer un énorme réseau d’élus, de Gérard Collomb à Richard Ferrand en passant par François Patriat". Tout semble valider l'hypothèse d'une candidature pour l'Élysée. Mais chez les JAM, comme dans l'équipe de l'ancien ministre, pas question d'affirmer que cela fait partie du plan. "Les adhérents le veulent mais je pense que c’est chaque chose en son temps, affirme Mickael Nogal. En tout cas, on sera là. On ne va rien lâcher".  

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