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Quand Moscou cède des territoires

Publié par MaRichesse.Com sur 24 Septembre 2016, 13:16pm

Catégories : #RUSSIE, #JAPON, #PAIX, #POLITIQUE

70 ans après la fin de la guerre, la Russie et le Japon seraient sur le point de signer un accord de paix

Quand Moscou cède des territoires

Quand la Russie grignote des territoires à l’Ouest, elle est prête à en céder en Extrême-Orient. On parle de confettis, mais ce n’est pas moins significatif.

De quoi parle-t-on? A l’Ouest, Moscou a annexé la Crimée et continue de déstabiliser le Donbass qui échappe au contrôle de Kiev et se trouve, de facto, dans l’orbite russe. En Extrême-Orient, Vladimir Poutine serait à l’inverse sur le point de rendre au Japon deux îles de l’Archipel des Kouriles saisies à la fin de la Deuxième Guerre mondiale par les troupes soviétiques. Ce geste pourrait suffire à Tokyo pour tourner une page d’Histoire et enfin signer un accord de paix, 70 ans après la fin des hostilités. 

 

Deux îles au lieu de quatre

L’accord n’est pas encore signé. Mais après une rencontre à Vladivostok, début septembre, Vladimir Poutine et son homologue Shinzo Abe se retrouveront au Japon en décembre. Tous deux semblent disposés à forcer le destin, en forgeant un compromis qui ne satisfera pas leurs formations ultranationalistes mais devrait trouver grâce aux yeux d’une majorité de leurs concitoyens.

Pour la Russie, ce serait une première depuis l’éclatement de l’URSS (si l’on excepte un minuscule îlot sur le fleuve Amour cédé à la Chine il y a une décennie). Pour le Japon, ce serait aussi une concession: Tokyo revendique quatre îles, il n’en récupérerait que deux, les plus petites. 

 

Avantages pour Moscou

Après la large victoire de son parti, Russie unie, aux législatives du week-end dernier, Vladimir Poutine est plus puissant que jamais sur le plan intérieur. Ses choix seront difficilement contestables même s’il s’agit d’abandonner un bout de souveraineté. Shinzo Abe reste pour sa part l’homme fort du Japon et cherche à laisser une trace dans l’histoire de son pays. Son administration parle de «nouvelle approche» envers la Russie. De même qu’à Moscou on parle, à la suite des Etats-Unis, d’une politique de «pivot vers l’Asie».

Côté russe, un rapprochement avec le Japon aurait de multiples avantages: il permettrait de diversifier les débouchés pour ses hydrocarbures et l’Extrême-Orient russe pourrait accueillir d’importants investissements promis par Tokyo. Moscou pourrait par ailleurs faire monter les enchères face à Pékin. Poutine espère enfin planter un coin dans le système de sécurité américain dans la région. 

 

Le front des sanctions s’effrite

Le Japon veut pour sa part sécuriser son approvisionnement pétrolier et gazier. Ce serait également une première pour régler l’un de ses multiples différends frontaliers. Le rapprochement avec Moscou permettrait enfin de limiter l’extension de l’axe militaire Pékin-Moscou.

Une telle issue serait donc profitable aux deux pays, mais risque de compliquer les relations avec leur grand allié respectif: les Etats-Unis pour le Japon, la Chine pour la Russie. Sur le plan géopolitique, ce serait toutefois une victoire particulièrement savoureuse pour Vladimir Poutine. En tant que membre du G7, le Japon s’est jusqu’ici associé aux sanctions contre Moscou après l’invasion de la Crimée. Il est probable que Tokyo serait le premier à rompre un front qui s’effrite également en Europe. 

 

Coup rude pour Washington et Pékin

Le coup serait rude pour Washington, l’ancien occupant transformé en protecteur du Japon depuis plus d’un demi-siècle. Shinzo Abe pourrait profiter d’une fenêtre d’opportunité, à savoir l’élection présidentielle américaine, pour aller de l’avant. Si Washington est officiellement favorable à un traité de paix russo-japonais, il est clair que dans les circonstances actuelles, celles d’un pouvoir russe affirmant sa sphère d’influence, un tel accord serait un revers. Il ne serait pas mieux accueilli par le pouvoir chinois pour qui le ressentiment anti-Japonais est le principal ressort du nationalisme.

N’en déplaise à Washington et Pékin, si un tel accord de paix devait être signé, ce serait une rare lueur d’espoir de régler les conflits par le dialogue dans un monde de plus en plus incertain. 

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