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Conseils, science, sante et bien-être


Prudence avec les médicaments pendant la grossesse

Publié par MaRichesse.Com sur 14 Septembre 2016, 14:10pm

Catégories : #GROSSESSE, #MEDICAMENT, #SANTE-BIEN-ETRE

Prudence avec les médicaments pendant la grossesse
Les médicaments jusque-là utilisés sans problème pour un rhume, un mal de tête ou une allergie doivent être pris avec précaution.

 

Les questions soulevées par l'affaire de l'acide Valproique (Dépakine et Dépakote) viennent nous rappeler combien les médicaments sont à manipuler avec prudence chez la femme enceinte en raison des risques toxiques pour le fœtus. Une toxicité qui reste difficile à déceler avant la mise sur le marché des médicaments. Pour des raisons éthiques évidentes, les essais cliniques sont en effet interdits dans cette population.

 

«Lorsqu'une firme demande l'autorisation de mise sur le marché, elle doit cependant mener des essais sur deux espèces animales dont une “non rongeur”. Si cela avait été la règle à l'époque de la thalidomide, nous aurions évité les malformations», explique le docteur Isabelle Lacroix, pharmacologue dans le service de pharmacologie médicale du CHU de Toulouse. Tout le monde se souvient du drame de la thalidomide: dans les années 1950, des milliers d'enfants sont nés avec des membres atrophiés car leur mère avait pris ce sédatif antinausée (non commercialisé en France) pendant la grossesse. Ces médicaments dits tératogènes, c'est-à-dire qui entraînent des malformations du fœtus, sont heureusement assez rares. De nombreux médicaments sont néanmoins toxiques pour le fœtus et peuvent être responsables d'atteintes plus ou moins graves.

Chez les femmes enceintes, plus que chez toute autre personne, le rapport bénéfice-risque doit donc être évalué avec soin avant d'administrer un médicament. «Moins une femme enceinte prend de médicaments, moins elle court le risque de nuire à son futur enfant. Il faut donc agir avec discernement», rappelle le professeur François Chast, pharmacien hospitalier et auteur de Les Médicaments en 100 questions, à paraître aux éditions Taillandier. Or, au cours de sa grossesse, une femme se voit prescrire en moyenne dix médicaments.

Ces données sont issues de la base efemeris.fr qui suit depuis 2004 les prescriptions réalisées chez les femmes enceintes de Haute-Garonne et le devenir des enfants exposés in utero. «Avec des écarts qui vont de zéro à 70 médicaments!», précise Isabelle Lacroix, à l'origine avec le Dr Christine Damase-Michel de cette base de données. «Il ne faut toutefois pas créer de psychose. Si les médicaments les plus à risque doivent être absolument écartés: l'isotrétinoïne (traitement de l'acné), les anticoagulants par voie orale, les contraceptifs et les psychotropes, les professionnels de santé doivent informer les patientes avec compétence et intelligence», insiste François Chast. 

 

L'automédication est vivement déconseillée

C'est pourquoi l'automédication est vivement déconseillée. Les médicaments jusque-là utilisés sans problème pour un rhume, un mal de tête, une allergie, méritent d'être pris avec la plus grande précaution. Par exemple, l'ibuprofène, l'aspirine et tous les anti-inflammatoires non stéroïdiens sont fortement déconseillés en début de grossesse et strictement interdits au-delà du cinquième mois. Or, ces molécules sont présentes dans bien des préparations vendues sans ordonnance. «Même certaines préparations à base de plantes et notamment les huiles essentielles peuvent présenter un risque. Les femmes enceintes ne doivent jamais hésiter à interroger leur pharmacien. Seule l'homéopathie ne présente aucune toxicité pour le fœtus», souligne Vivien Veyrat, officinal et professeur à la faculté de pharmacie de Paris-Sud.

En cas de maladie chronique comme l'asthme, le diabète, la polyarthrite rhumatoïde, l'épilepsie, l'hypertension…, il est recommandé d'anticiper la grossesse et d'en parler à tous les spécialistes concernés. «Le contact entre le spécialiste et le gynécologue-obstétricien est primordial. Car ce n'est pas ce dernier qui va modifier le traitement si cela s'avère nécessaire en cours de grossesse», rappelle le professeur Bernard Hedon, président du collège national des gynécologues et obstétriciens français.

«La meilleure façon est de se préparer avant même d'arrêter sa contraception. Cela permet de poser toutes les questions au médecin traitant ou au spécialiste sans être dans l'urgence. Et si un changement de traitement doit être envisagé, cette anticipation permet de réévaluer la stratégie thérapeutique et éventuellement, d'essayer d'autres médicaments» surenchérit le docteur Elisabeth Elefant, responsable du Centre de référence sur les agents tératogènes (Crat).

Cette structure, indépendante de l'industrie pharmaceutique, analyse les données de la littérature sur les risques liés, entre autres, aux médicaments. C'est une ressource précieuse pour tous les professionnels de santé mais aussi pour le public. Le Crat propose en effet de nombreuses informations utiles et pratiques, accessibles sur son site. « Chaque année, nous traitons 3500 dossiers et notre site enregistre 23.000 connexions par mois», note Elisabeth Elefant. La spécialiste met en garde contre la tentation d'arrêter les traitements chroniques par peur des risques pour le fœtus. Elle rappelle qu'une maladie non traitée peut être dangereuse pour la mère et le fœtus. 

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Commenter cet article

Odette 14/09/2016 16:55

Quand les consommateurs de médicaments comprendront-ils que traiter une maladie représente une "intoxication dirigée" et que par conséquent toute prise de médicament devrait être surveillée par une personne compétente au courant de tous les effets des médicaments?

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