Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Marichesse.com

Marichesse.com

Conseils, science, sante et bien-être


Primaire à droite: l'intox Sarkozy

Publié par MaRichesse.Com sur 26 Septembre 2016, 21:40pm

Catégories : #POLITIQUE, #FRANCE

Primaire à droite: l'intox Sarkozy

C'est fait! Nicolas Sarkozy a gagné la primaire de la droite et donc, a priori, la prochaine élection présidentielle. Il écrase à la fois la campagne et ses adversaires, notamment Juppé, ce vieillard de la politique qui, décidément, ne parvient pas à suivre le rythme effréné imposé par l'ex-président - un meeting par jour, une provocation par jour, une énormité par jour... En appliquant cette méthode à la lettre, Sarkozy détermine aussi les thèmes à débattre, ceux qui provoqueront la polémique et, par définition, lui serviront à tout écraser sur son chemin par définition victorieux. Ainsi l'identité nationale et les Gaulois, un modèle du genre. Quand je veux... Comme je veux...

Les "professionnels de la profession", qu'ils soient responsables politiques ou observateurs, ministres, députés ou journalistes, quels que soient leurs bords, sympathies ou accointances, portent désormais Nicolas Sarkozy au pinacle. Il faut les entendre... Un maître tacticien! Le roi des campagnes électorales! Formidable, le coup des livres à répétition que "tout le monde veut lire" [le commentaire est de ... Sarkozy lui-même mais il n'a même pas fait rire...]! Il conduit une campagne à la droite de Marine Le Pen, mais ce n'est que tactique! Au soir du premier tour de la primaire, il se recentrera! Vous le connaissez, Sarkozy, il ne croit pas un mot de ce qu'il dit!!! Mais qu'importe puisque seule compte la victoire... Les "professionnels de la profession" jouent parfois les dégoûtés - avoir si peu de convictions, c'est mal... En réalité, Nicolas Sarkozy les subjugue et ils sont incapables de s'en tenir à la réalité, évidemment plus complexe que le roman à l'eau de rose qu'ils s'épuisent à imposer. 

 

Des chiffres qui invalident la stratégie ultra droitière de Sarkozy

Et soudain, voilà qu'un vulgaire et banal sondage BVA pour la presse régionale et Orange les contraint à revenir un tant soit peu à la raison. Ils l'ont lu, disséqué, analysé, bien entendu, bien obligé. Sur les plateaux de télévision, au micro des radios, dans les journaux, les sites et les réseaux sociaux, ils se sont curieusement faits discrets sur le sujet. On comprend cette gêne soudaine: l'étude d'opinion BVA persiste à donner Alain Juppé en tête au premier tour de la primaire (38%- Sarkozy 34%- Fillon et Le Maire 11% chacun- Nathalie Kosciusko-Morizet 4%) et vainqueur au second (56% contre 44%). Les "professionnels de la profession" ont donc choisi de ne retenir qu'un seul chiffre, celui qui les arrange et les conforté: les sympathisants LR (Les Républicains) préfèrent Sarkozy à Juppé - 58% contre 42. Les autres indications? A la trappe, notamment celle-ci: BVA prévoit plus de 3,5 millions d'électeurs à la primaire, soit bien plus que le cercle des sympathisants LR. Jusque-là, les "professionnels de la profession" serinaient qu'une imposante participation serait tout à l'avantage d'Alain Juppé. Mais puisqu'ils ont choisi Nicolas Sarkozy pour toute une série de raisons différentes les unes des autres (le charme, la trouille, la conviction, etc.), ils deviennent oublieux. Ce n'est pas grave, il suffit de leur rappeler ce qu'il psalmodiait il y a peu encore.

Au-delà de ces péripéties et goujateries qui n'affectent en effet que le microcosme, le sondage BVA  autorise nombre d'enseignements qui, au-delà des pourcentages et des pronostics électoraux, invalident en partie la stratégie et les choix de Nicolas Sarkozy. Sa campagne ultra droitière focalisée sur l'identité nationale enthousiasme militants et groupies. Il suffit d'assister à un meeting pour s'en convaincre. Mais les électeurs potentiels de la primaire, ceux qu'il est indispensable de conquérir pour remporter le second tour, le seul qui importe, partagent-ils cette sensibilité? Rien n'est moins acquis. 

L'identité nationale, ce thème évidemment important, mais qui sert aussi de défouloir à tant de fantasmes et de constructions conspirationnistes, n'arrive qu'au 4erang des préoccupations des Français. La lutte contre le terrorisme (54%), la croissance et l'emploi (49%), la sécurité et la délinquance (39%) précèdent, et de beaucoup, l'interrogation (légitime) quant aux valeurs de la société française et à l'identité nationale (28%). Et la fiscalité, autre thématique chère à Nicolas Sarkozy, ne préoccupe que 25% des sondés. Ne serait-il donc pas temps, grand temps, que l'ex-président recentre sa campagne en dépit des satisfecit que les "professionnels de la profession" s'obstinent à lui accorder sans la moindre interrogation ni trêve?

Une démarche politique dont les excès dérangent les modérés

S'il s'agit d'entamer le socle électoral du Front National, si l'objectif est de ramener des électeurs lepénistes dans le giron de la droite républicaine quitte à troubler, à choquer les "modérés", l'ensemble des sondages prouvent que, jusque-là, Nicolas Sarkozy échoue dans cette reconquête. Jamais Marine Le Pen n'a été aussi haute ; jamais l'électorat frontiste n'a semblé aussi stable, les provocations extrême droitières de Sarkozy ne faisant que renforcer son envie et sa volonté de voter en faveur de la présidente du parti d'extrême droite. La droitisation ultra ressoude à coup sûr le noyau sarkozyste. Fort bien. Mais pour gagner il faut élargir. Sur le flanc extrême-droitier, cette opération, jusque-là, n'a pas pris; et parmi les modérés, les excès de Sarkozy font très mauvais genre. On peut donc légitimement s'interroger sur la pertinence de cette démarche politique ultra provocatrice. 

Certains indices semblent montrer que Nicolas Sarkozy lui aussi commence à subodorer la nécessité de se recentrer. Ainsi est-il revenu sur sa "gauloiserie", cherchant à s'en expliquer pour mieux déminer une polémique qui ne lui profite pas forcément puisqu'elle aura troublé, voire choqué, bien des républicains de droite. Faisant allusion aux soldats de la Légion étrangère, aux tirailleurs sénégalais et aux harkis, l'ex-chef de l'État a notoirement changé de tonalité: "La France est la mère adoptive de tous ceux qui veulent l'aimer. Elle ne regarde pas l'arbre généalogique". Nicolas Sarkozy a repris ses esprits. Tant mieux. 

 Source

Commenter cet article

Archives