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Présidentielle 2017: pourquoi les candidats nous mentent sur l'Europe

Publié par MaRichesse.Com sur 27 Septembre 2016, 01:23am

Catégories : #POLITIQUE, #EUROPE

Présidentielle 2017: pourquoi les candidats nous mentent sur l'Europe

Un grand mensonge est en train de s'installer dans le débat de la primaire de la droite et du centre. Dans la déferlante des propositions économiques, sociales, culturelles et sociétales, l'Europe n'est jamais vraiment présente. Certes, les candidats en parlent mais elle n'est en aucun cas au centre de leurs discours. En dehors de vibrantes et brèves professions de foi, ils n'en évoquent pas les contraintes, sauf pour les dénoncer,  et n'en dessinent pas l'avenir.

Certes, nous avons déjà connu cette situation dans le passé. En 2012, François Hollande nous avait annoncé qu'on allait voir ce qu'on allait voir: il renégocierait les traités, tordrait le bras de l'Allemagne et remettrait l'Union sur le chemin de la croissance. De mâles déclarations, imprécises au demeurant. On a donc vu ce qu'on a vu: une fois élu, François Hollande est passé sous les fourches caudines de Bruxelles et n'a pas vraiment pesé sur son destin, sauf au moment de la crise grecque où il fit tandem avec Madame Merkel pour trouver une issue.Nous revivons avec la droite le même scénario. Aucun des prétendants de la primaire ne se risque sur le terrain européen. Certes, tous peuvent arguer de propositions européennes dans leurs programmes mais ils ne les transforment surtout pas en arguments de campagne. Car ils font de Bruxelles le bouc émissaire de toutes nos difficultés. La crise migratoire, la faute à l'espace Schengen instauré en 1985. Le déficit budgétaire, une nécessité pour relancer la croissance. On oublie de préciser que 26 pays ont adhéré aux accords de Schengen et que leur renégociation ne sera pas une mince affaire tant les intérêts nationaux sont divergents. Bref, revenir sur ces accords et les modifier sera une épreuve de force et un marathon. On ne remet pas en cause en un tournemain un processus fruit de trente années de discussions et de compromis. 

 

La nécessité d'un projet européen au coeur de la campagne présidentielle

Il en va de même pour les questions budgétaires. Là encore, les aspirants élyséens oublient de rappeler que la France est liée par le traité de Maastricht, approuvé par référendum par les Français en 1992. Ce texte a abouti à la création de l'euro mais l'une des contreparties est claire: maintenir le déficit budgétaire en dessous de 3%. Nicolas Sarkozy envisagea même pendant sa présidence de graver dans la Constitution la règle d'or allemande: l'interdiction de tout déficit budgétaire et un équilibre entre dépenses et recettes. Il s'en moque aujourd'hui et plaide pour un déficit qui ignorerait les obligations européennes de la France. Tous ses concurrents ou presque pensent à l'unisson et omettent de dire qu'ils placeraient ainsi notre pays hors la loi européenne. Après tout, se disent-ils sans doute, voilà bien longtemps que nous sommes incapables d'atteindre cet objectif et que Bruxelles nous offre des accommodements.

En vérité, nous nageons en pleine démagogie et manipulation. Pour trois raisons. D'abord, tous les candidats de droite cherchent à faire croire qu'ils peuvent se jouer de cette contrainte pour ne pas laisser l'extrême droite capitaliser sur la dénonciation radicale de l'Europe. Il en ira de même à gauche lorsque François Hollande se déclarera et affrontera les anti-européens de gauche, Arnaud Montebourg et Jean-Luc Mélenchon. Ensuite, tous pensent que les Français sont devenus eurosceptiques et qu'il serait risqué de se présenter en défenseur de l'Union. Enfin, chacun entend se présenter comme le seul garant de la souveraineté française.

La France, en fait, est prise dans l'étau européen et une grande partie de sa fameuse souveraineté a bel et bien été transférée à l'Union. L'honnêteté voudrait donc que la campagne présidentielle repose d'abord sur cette réalité. La politique française commence à Bruxelles. C'est donc leur projet européen que les candidats devraient nous présenter en premier lieu car tout le reste en dépend. Bref, la campagne, comme souvent, repose sur l'illusion d'une France qui vivrait en dehors du monde et de l'Europe. Mensonge, mensonge, mensonge. 

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