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Présidentielle 2017 : les trois chantiers titanesques d’un Hollande pressé par le temps

Publié par MaRichesse.Com sur 7 Septembre 2016, 03:11am

Catégories : #POLITIQUE, #FRANCE

Présidentielle 2017 : les trois chantiers titanesques d’un Hollande pressé par le temps

Le chef de l’Etat prononce jeudi un long discours sur «la démocratie face au terrorisme». Il entend tracer des perspectives vers 2017, alors qu’il n’a plus que trois mois devant lui pour sauver sa candidature.

C'est un moment important et, cette fois, présenté comme tel par son entourage. Un moment important de plus pour un président qui, depuis son élection, n'a cessé de s'enfoncer dans les sondages mais bataille pour éviter la débâcle annoncée. François Hollande prononce ce jeudi un long discours sur « la démocratie face au terrorisme », lors d'une rencontre organisée par la Fondation Jean Jaurès, le think tank Terra Nova et la Fondation européenne d'études progressistes.

En mai, lors d'un colloque sur « la gauche et le pouvoir », il avait défendu son bilan , tentant de tordre le coup au procès en trahison instruit contre lui. Mais quatre mois plus tard, sa situation est « plus compliquée que jamais », admet un de ses fidèles, qui pensait pourtant « qu'on avait atteint le fond ». Le chef de l'Etat n'a plus que trois mois avant d'annoncer sa décision de briguer, ou pas, un nouveau mandat. Or les chantiers sont immenses :

1 : montrer qu'il n'est pas mort

La formule peut paraître excessive puisqu'en politique, on n'est jamais mort. Mais c'est peu dire que François Hollande est, en cette rentrée, particulièrement affaibli. Son espace s'est encore un peu plus restreint. Trois de ses anciens ministres ( Arnaud Montebourg , Benoît Hamon et Cécile Duflot ) sont, d'une manière, ou d'une autre candidats pour 2017 ; un autre vient de quitter le gouvernement pour se préparer ( Emmanuel Macron ) et le Premier ministre lui-même s'applique à apparaître comme un possible recours.

« On ne peut pas répéter en public ''je suis fidèle'' et dire en privé à des parlementaires ''Hollande ne pourra pas y aller, tu me soutiens ?'' », accuse un fidèle du président. Confronté au risque du « tout sauf Hollande », le chef de l'Etat n'a d'autre choix que d'avancer ses pions. Sans changer son calendrier ( il n'entend pas se déclarer avant décembre ), il est contraint de se projeter, d'envoyer des signaux pour installer sa candidature.

« Il doit affirmer sa force, montrer que ceux qui veulent l'empêcher ne l'empêcheront pas », juge un ministre. Ses soutiens le poussent à « fendre l'armure », à « prendre des risques » et à se montrer enfin tranchant, très loin du « ni... ni » affiché sur le burkini. « Beaucoup de gens veulent qu'il relève le gant. Ce n'est pas ''tonton laisse pas béton'' [comme l'avait dit le chanteur Renaud pour soutenir la candidature de François Mitterrand en 1988] mais ''François, vas-y on est avec toi ! », dit-on à l'Elysée. Les hollandais, eux, sont inquiets. « Le trou de souris est microscopique », soupire l'un d'eux.

2 : rassembler à gauche

Pour espérer l'emporter, le chef de l'Etat va devoir éviter la multiplication des candidatures à gauche. Et, plus difficile encore, il est contraint de devoir redonner aux électeurs de gauche « envie d'Hollande » - dixit un proche. Or la gauche est très émiettée. Et ses électeurs de 2012 se sont détournés de lui. Selon le baromètre Elabe pour BFMTV publié mercredi, 88% des Français et 72 % des sympathisants de gauche ne souhaitent pas que François Hollande soit candidat en 2017. Et selon un sondage TNS Sofres pour « Le Figaro » et LCI avec 11 à 15 % des intentions de vote, il serait éliminé dès le premier tour dans tous les cas de figure, derrière Emmanuel Macron s'il était candidat face à lui .

Le président entend s'appuyer sur la crainte du FN et sur la surenchère de la primaire à droite pour reparler à la gauche. « Comme c'est la pagaille partout, il peut finir par être le seul élément stable », espère un ministre, taclant, à droite, « les candidats de la cassure, de la désunion, de la violence sociale ».

Mais comment rattraper quatre années en quelques mois ? Un hollandais s'avoue totalement dépité : « Pas de ligne de rassemblement, des erreurs de casting, un exécutif cabossé de partout, un manque d'autorité, une sale image, trop de bruits parasites : rien ne va. Rien n'est en phase avec les attentes de la population », regrette-t-il, tout en jugeant « la mélasse dangereuse pour tout le monde ».

3 : donner du sens à une nouvelle candidature

D'ici à décembre, François Hollande doit réfléchir au sens qu'il pourrait donner à une candidature, et même commencer à l'installer dans le débat. Jusqu'ici, il a tenté, sans grand succès, de se poser en protecteur du modèle social. Et s'est posé comme le garant de l'Etat de droit face à l'état d'exception. Un discours sur les institutions est prévu début octobre.

Mais « moi ou le chaos ne suffira pas », prévient un élu socialiste. Pour un président impopulaire qui avait promis un « vrai » changement « maintenant », de « réenchanter le rêve français » et de « faire redémarrer le progrès », donner une ligne à sa campagne ne sera pas aisé. Un de ses partisans prévient : « C'est même le plus compliqué... »


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