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Poutine impressionne l'Occident mais pas la Chine

Publié par MaRichesse.Com sur 20 Septembre 2016, 13:27pm

Catégories : #POLITIQUE, #POUTINE, #CHINE, #MONDE

Poutine impressionne l'Occident mais pas la Chine

Le directeur de l'Ifri* Thomas Gomart montre comment Moscou entretient l'illusion d'une influence géopolitique supérieure à son pouvoir réel.

En 2009, Evgueni Primakov (1929-2015), ancien premier ministre de Boris Eltsine, publiait Le Monde sans la Russie? dans une indifférence presque générale. «On comprend parfaitement que tout ne dépend pas des États-Unis», concluait-il, avant d'ajouter que d'autres acteurs existaient, «parmi lesquels une place éminente appartient à la Russie». Sept ans plus tard, on ne compte plus les ouvrages sur le retour de la puissance russe, rendu possible par le désarroi européen et le retrait américain.

Longtemps sous-estimée, la portée de la politique étrangère russe ne doit pas être surestimée, mais appréciée au plus juste. Si ses ressources s'érodent avec la crise économique, elle conserve une capacité de passage à l'acte, mise en œuvre par un système de commandement organisé autour de Vladimir Poutine. Ce dernier ne répugne pas à prendre des risques, tout en maintenant une forte cohérence idéologique. Un an après son déclenchement, la campagne de Syrie place la Russie au centre du jeu au Moyen-Orient, fait oublier l'annexion de la Crimée, mais élude les principaux défis qui se posent à elle. L'analyse de la Russie souffre de deux biais. Le premier tient à la persistance du modèle occidental de convergence vers la démocratie et l'économie de marché. Or, à l'instar de la Chine, la Russie a découplé développement économique et modernisation politique au nom de sa «spécificité». Le second biais tient à l'intense travail d'influence conduit par les autorités russes pour brouiller le système de perception de leurs partenaires. En France, cette action produit des effets visibles sur les élites politiques dont des voix éminentes reprennent ouvertement l'argumentaire du Kremlin. En revanche, elle provoque peu d'effet sur l'opinion au sein de laquelle l'image de la Russie est dégradée.

La polarisation des positions passe par une focalisation sur Vladimir Poutine. La sécurité de l'État se confond désormais avec sa sécurité personnelle. Commandant en chef et doyen de la scène internationale, le président russe incarne à ce point la Russie que ses conseillers estiment publiquement qu'il n'est plus possible de concevoir l'avenir du pays sans lui. Pour le Kremlin, le système international a basculé dans un moment autoritaire auquel les démocraties occidentales ne devraient pas échapper. Cela crée des opportunités. Parallèlement, le Kremlin combine des mesures économiques et militaires, ainsi que des mesures d'urgence, afin que le régime puisse encaisser les chocs venant de l'extérieur.

En avance de phase, Vladimir Poutine a obtenu des résultats tangibles, de la Syrie à la Turquie, en passant par l'Iran et Israël. En Europe, il touche les bénéfices indirects du Brexit et des oppositions au traité transatlantique. La crise migratoire favorise la montée de forces politiques idéologiquement proches. Cette politique extérieure bénéficie d'un large soutien de l'opinion. Le narratif des «guerres justes» alimente la popularité de Vladimir Poutine, qui sait jouer avec un militarisme profondément enraciné dans le corps social. La reconstruction d'un outil militaire crédible est le fil rouge de ses seize années à la tête du pays, désormais engagé dans un cycle d'interventions extérieures.

La Russie suit une évolution paradoxale, qui pourrait bien connaître une accélération d'ici à 2018, date des élections présidentielles et de la Coupe du monde football qu'elle accueillera. D'un côté, elle pèse peu sur les dossiers globaux, à l'exception notable du nucléaire, en raison de sa faiblesse économique, et surtout du poids de la relation sino-américaine. De l'autre, elle voit son influence s'accentuer dans son voisinage et au Moyen-Orient en raison de sa force militaire, et surtout des erreurs occidentales. Moscou entretient l'illusion d'un directoire avec Washington et Pékin sur les affaires mondiales. En réalité, à l'image d'un grand nombre de ses sportifs, la Russie dopée joue au-dessus de sa catégorie. Si elle est parvenue à imposer son agenda aux Européens en moquant leurs principes, elle est engagée dans une surenchère dont elle n'a pas les moyens sur la durée. Il est certain que l'élection de Donald Trump lui offrirait une victoire symbolique supplémentaire, en ridiculisant un peu plus la démocratie représentative. Cependant, la nature des relations futures avec les États-Unis dépendra de celles entretenues avec la Chine. De Pékin, la Russie espérait un soutien politique en Ukraine et un soutien financier après les sanctions. Elle n'a obtenu ni l'un ni l'autre.

Pour l'heure, Vladimir Poutine apparaît comme le maître du jeu. Grâce à la Syrie, il est parvenu à obtenir par la voie militaire ce qu'Evgueni Primakov n'avait pas obtenu en préconisant une alliance avec l'Inde et la Chine par la voie diplomatique: être pris au sérieux par Washington. En revanche, Pékin a parfaitement conscience de la faiblesse structurelle d'une Russie belliqueuse et solitaire.

* Institut français des relations internationales. 

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lidia 20/09/2016 14:10

La Russie n'impressionne que ceux qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez !
Quel ''produit Russe'' utilisez vous ?
Qu'a donc apporté la Russie au reste du monde ? RIEN .
Rien du tout , ou presque, et uniquement quelques produits issus de son ''complexe militaro-industriel''.

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