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Pourquoi Hollande refuse à Valls la rupture dangereuse avec Macron

Publié par MaRichesse.Com sur 26 Septembre 2016, 21:05pm

Catégories : #POLITIQUE, #FRANCE

Pourquoi Hollande refuse à Valls la rupture dangereuse avec Macron

Mauvaise nouvelle pour François Hollande. Manuel Valls et les Hollandais ont décidé d’être ses snipers. Et de tirer sur Emmanuel Macron autant que sur Nicolas Sarkozy. Au risque de se couper du fondateur de "En Marche", et de ses électeurs potentiels, sans lesquels il est impossible de prétendre à la victoire en 2017. Le spectacle de la désertion massive des forces hollandaises sociale-démocrates ce week end, à Lyon, où se tenait un colloque des réformistes européens s’est finalement révélé contre-productif. Les absents ayant toujours tort, Emmanuel Macron en a profité pour se mettre en scène autant qu’il est possible, entre discours et conférence de presse impromptue.

En désertant le champ de bataille, les stratèges de la Hollandie médiatique lui ont fait un double cadeau: la vedette, c’était, lui, Macron, et les boycotteurs ont endossé le rôle des méchants qui veulent tuer le gentil. A Lyon, Macron était le héros ayant survécu  à un petit complot monté par de petits courtisans. Effet boomerang garanti. Et mauvais message envoyé à cette partie de l’opinion tentée par une voie réformiste que le président, son Premier ministre et le PS n’incarnent plus aujourd’hui.

Ces derniers jours, un trouble est de plus en plus perceptible au sein de la Force hollandaise. La chronobiologie, commandeur suprême des ambitions et des stratégies en politique, semble commencer à produire d’étranges effets au sein du cercle de ceux qui prétendent servir au mieux la future candidature de François Hollande.

Pour dire les choses comme elles sont, certains de ceux qui sont parmi les plus proches amis du président s’interrogent sur la pureté des intentions de ces spadassins et snipers qui, le cœur sur la main, ont fait serment de se dévouer corps et âme à la cause du président sortant. Et de s’interroger: sert-on vraiment la candidature Hollande 2017 quand on passe son temps à éreinter Emmanuel Macron et à travers lui, ces Français dont les voix seront indispensables pour remporter une élection qui s’annonce, comme chacun le sait, très compliquée? 

 

Valls défend sa chronobiologie personnelle

Les amis du président, hors cercle de la Hollandie politique historique, se posent bien des questions au sujet de Manuel Valls. Lucides, ils savent que le Premier ministre pense plus 2022 que 2017. Conscients, ils comprennent qu’en ciblant Macron, le locataire de Matignon entend d’abord et avant tout détruire celui qui lui a tout volé, espace, projet et stratégie et prospère désormais sur des terres centrales qu’il convoitait pour son propre compte. Politiques, ils contemplent Manuel Valls proclamer qu’il va défendre François Hollande de manière « libre », et ils en déduisent que, fidèle à lui-même, l’homme d’Evry sera d’abord préoccupé de son avenir, refusant de l’hypothéquer en se contraignant au silence, tel Raymond Barre invité à disparaître par Giscard durant la campagne 1981. En clair, Ils soupçonnent Manuel Valls de vouloir détruire Macron pour des raisons tenant davantage aux impératifs de sa chronobiologie personnelle plutôt que pour assurer à François Hollande une chance de réélection. Se trompent-ils?

Idem pour le premier cercle de la Hollandie politique et historique. Ceux-là sont toujours les premiers à faire feu sur Emmanuel Macron, et parfois plus que de raison. La détestation que leur inspire, depuis longtemps, l’ancien ministre de l’Economie, n’explique pas, à elle seule, cette persistance extrême à vouloir détruire Emmanuel Macron. Il est sans doute nécessaire de se réunir entre Hollandais de choc autour de Vincent Feltesse, conseiller du président et organisateur souterrain de pré-campagne, sous les radars médiatiques, mais ces réunions ne peuvent avoir pour seul objectif d’inventer les moyens de nuire à Emmanuel Macron à n’importe quel prix. A quel avenir songent-ils en réalité, ces hollandais plus zélés que Hollande lui-même?

Idem encore pour le Parti socialiste et son Premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis. De ce côté-là aussi, on tape sur Macron, qui entend monter une maison concurrente à gauche et au centre gauche, sans retenir les coups. On soutient aujourd’hui la possible candidature Hollande (Martine Aubry incluse) parce qu’il est, dans un premier temps au moins, le dernier rempart contre les tentations pouvant mener le PS à imploser sous le poids des pressions internes contradictoires. Donc haro sur Macron, l’homme qui pourrait être l’instrument infligeant au PS français un destin à la PASOK grec, qui finirait écrasé entre la gauche Mélenchon et la réforme Macron. Cela peut se comprendre dans la perspective de l’après 2017, au cas où le phénomène Macron persisterait au-delà des échéances présidentielle et législatives de l’année. Mais pour le moment, force est de constater que cela percute de plein fouet la nécessité politique qui est celle de François Hollande.  

 

Ne pas couper les ponts avec Macron

Comme toujours, les circonstances commandent. Et François Hollande le sait mieux que quiconque. Tout indique, en l’état, que la personne Macron, ce qu’il inspire et porte avec lui, entre réformisme réaliste et gauche moderne, rencontre un écho au sein d’une tranche importante de l’électorat. Les sondages sont ce qu’ils sont, sans doute imparfaits, mais ils indiquent tous que quelque chose se passe autour de Macron. Que des individus ou des groupes, pour des raisons de temps long, estiment qu’au regard de ces sondages, il est impératif de détruire Macron dès maintenant, c’est somme toute logique. Mais cette chronobiologie de temps long ne peut être celle d’un président de la République sortant qui constate que Macron élargit le spectre électoral de la gauche et se retrouve confronté à l’urgence du temps court.

Les proches du président le savent, et le président le sait aussi. Il n’est pas possible, en l’état, d’infliger à Macron une guerre ayant pour objectif de le détruire sans se l’aliéner, et avec lui ceux des électeurs qui sont aujourd’hui enclins à souhaiter sa candidature. Lucide, conscient et politique, François Hollande entend ceux qui lui disent qu’il ne faut pas couper les ponts avec Macron et mieux encore, il charge certains d’entre eux de maintenir le dialogue. L’objectif étant, à terme, d’une façon ou d’une autre, de ramener Emmanuel Macron dans le giron du hollandisme au terme de l’exercice d’un rapport de force qui finirait par jouer en faveur de François Hollande. A stratégie d’empêchement, stratégie d’empêchement et demie. Et au cœur du bras-de-fer, entre autres, la question des 500 parrainages…

A ce stade, François Hollande anticipe que rien ne sera possible sans Macron et la France Macron. Et il sait aussi, que les balles de certains de ceux qui tirent aujourd’hui à vue sur Macron risquent de l’atteindre, par ricochet. Involontairement ou pas, c’est toute la question. François Hollande face à Macron, c’est tout sauf la guerre qu’entendent lui imposer Valls, le PS et la Hollandie historique. C’est l’instant Mazarin, qui disait : "Tout ce que tu peux régler pacifiquement, n’essaie pas de le régler par la guerre". 

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