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Conseils, science, sante et bien-être


On a retrouvé «la pire odeur qui puisse exister»

Publié par MaRichesse.Com sur 1 Septembre 2016, 06:45am

Catégories : #SCIENCE

On a retrouvé «la pire odeur qui puisse exister»

Les médecins s'accommodent des odeurs des blocs opératoires, mais pour le commun des mortels, c'est une atrocité.

C’est quelque chose que la plupart des gens ignorent au sujet de la chirurgie:parfois, durant une opération, des odeurs peuvent envahir la salle. De très mauvaises odeurs.

J’ai découvert cela par hasard, lorsque j’avais à peu près 11 ans et que mon père, qui est chirurgien, m’avait laissée assister à l’une de ses opérations. La plupart des gens voient les salles d’opération de loin –par l’intermédiaire de la télévision ou d’un film au cinéma– ou brièvement, avant d’être assommés par l’anesthésie. En outre, les salles d’opération sont des endroits si stériles et bien organisés que l’on a du mal à imaginer qu’elles puissent sentir quelque chose.

Pourtant, une fois l’intervention commencée, le chirurgien doit inciser le corps du patient. Pour ce faire, il coupe la peau avec un scalpel, puis, en règle générale, se sert d’un électrocautère. Cet outil est doté d’un bout en métal qui chauffe à une température incroyablement élevée: une cautérisation à «basse température»peut atteindre plusieurs centaines de degrés. Le chirurgien utilise cet instrument pour pratiquer une incision dans la couche de graisse du patient et, parfois, dans son muscle afin d’atteindre la partie du corps qu’il faut traiter.

L’électrocautère a un intérêt majeur: en brûlant les petits vaisseaux sanguins, le chirurgien limite les saignements. Mais, voilà, durant la procédure, l’air de la salle d’opération se met à sentir la chair brûlée. 

 

Côte de bœuf ou barbecue

Dans mon souvenir, c’est une odeur est envahissante et écœurante (j’ai dû quitter la salle d’opération rapidement après le début de cette partie de l’intervention, car je ne pouvais pas la supporter). Découper un corps produit de la fumée, et je me souviens que l’odeur me rappelait celle de cheveux brûlés. En pire. En bien pire.

Le sang se caractérise par une odeur métallique. La bile dégage une odeur, mais pas spécialement forte. Les cerveaux sont également inodores

 

Si vous interrogez des chirurgiens au sujet de cette odeur, ils vous répondront sans doute que ce n’est pas si gênant que cela. Ce n’est pas un problème pour eux. Ils s’y habituent. Certains disent même que c’est une odeur agréable, qui leur évoque celle d’un barbecue ou, s’ils sont en train d’inciser la couche de graisse, celle d’une «côte de bœuf» en train de cuire.

Mais pour le commun des mortels… cela peut être atroce.

Outre l’odeur de chair brûlée, il existe une autre odeur caractéristique à certaines opérations: celle de l’os coupé, qui, apparemment, ressemble aussi à l’odeur de cheveux brûlés. En dehors de ces quelques exemples, la majorité des interventions ne s’accompagne pas d’odeur particulièrement incommodante. Le sang se caractérise par une odeur métallique. La bile dégage une odeur, mais pas spécialement forte. Les tumeurs cancérigènes ne sentent rien en particulier non plus (même si les chiens peuvent être entraînés à sentir certains marqueurs cancéreux dans l’urine humaine). Les cerveaux sont également inodores

 

Petit musée des horreurs

Il existe néanmoins des interventions pour lesquelles même les chirurgiens s’accordent à dire qu’elles sentent mauvais.

En règle générale, ce sont les chirurgies touchant les intestins ainsi que les tissus morts ou nécrosés –sorte de «système clos» dans lequel les bactéries, le pus, etc. se retrouvent bloqués. La gangrène gazeuse, dans laquelle les bactéries infectent et tuent les tissus de manière très vigoureuse, empeste véritablement. La péritonite, infection de l’abdomen, sentirait «à peu près comme un corps en décomposition». Le sang en partie digéré est également quelque chose que personne ne souhaiterait humer.

Un soir, il y a peu, alors que nous dînions dans un restaurant indien, j’ai demandé à mon père de me donner quelques exemples de chirurgies qui sentent particulièrement mauvais, et un membre de ma famille a montré une coupelle contenant une sauce brune-rougeâtre foncée et a demandé si cette couleur, lors d’une opération, pouvait être le signe d’une odeur anormalement dégoûtante. Après avoir répondu par la négative, mon père a montré la coupelle d’à côté, contenant une sauce à la menthe d’un vert vif.

C’est le genre de couleur dont il faut réellement s’inquiéter, nous a-t-il expliqué.

Ce genre de vert peut se voir dans les abcès périrectaux, pour lesquels du pus s’accumule dans les tissus entourant l’anus. Pour les traiter, les chirurgiens doivent percer les abcès afin de faire sortir toute la substance qui s’est amassée à l’intérieur. Lorsque l’abcès est crevé, on peut généralement voir le vert et le blanc du pus mélangé au rouge du sang (si vous souhaitez voir des vidéos peu ragoûtantes de ce genre d’interventions, sachez qu’on en trouve en ligne). L’odeur vous prend de plein fouet au même moment. 

 

«La pire odeur qui puisse exister»

La gangrène de Fournier a aussi la réputation de sentir terriblement mauvais. Tous les types de gangrènes peuvent dégager une odeur fétide, mais celle-ci serait une «catastrophe génitale» qui touche le périnée ou la région génitale des gens et peut mettre leur vie en danger. Cette gangrène se retrouve principalement (mais pas exclusivement) chez les hommes, et présente essentiellement des chairs mortes tout autour des parties intimes dont l’odeur est souvent épouvantable. Le traitement se compose à la fois d’antibiotiques et d’une opération d’excision des chairs mortes.

Elle s’installe sur toi. Elle ne te quitte plus. C’est une puanteur abominable qui s’accroche à toi

L’odeur? Un étudiant en médecine l’a décrite comme «un mélange d’excréments, d’odeurs d’égouts et de diverses choses pourries et mortes».

La chirurgie qui touche les intestins nécrosés est également connue pour être une intervention qui vous en met plein le nez. Cette pathologie ressemble, en gros, à ce que son nom laisse supposer: pour une raison ou pour une autre, la circulation sanguine s’arrête dans une partie des intestins et cette portion meurt. À l’œil, ils présentent une couleur noir foncé au lieu d’avoir un aspect charnu et rose. Le chirurgien doit enlever la partie nécrosée et recoudre ensemble les deux extrémités de ce qui reste.

Un médecin a décrit l’odeur des intestins nécrosés comme «la pire odeur qui puisse exister». C’est, en gros, une combinaison de deux odeurs: celle des selles et celles des chairs mortes. (Vous avez déjà senti l’odeur d’une souris morte? Les chairs mortes sentent à peu près la même chose.) Elle s’insinue aussi partout.

«L’odeur semble pouvoir traverser la blouse et les gants pour imprégner la peau des mains, m’a expliqué mon père. Elle s’installe sur toi. Elle ne te quitte plus. C’est une puanteur abominable qui s’accroche à toi.»

On peut mettre deux paires de gants et se laver les mains autant de fois qu’on le souhaite, cela ne fait aucune différente. C’est une odeur des plus tenaces.

Mais cela fait partie du travail. Et pour les malades qui subissent l’opération, mieux vaut que tous ces organes nauséabonds ne soient plus à l’intérieur de leur corps. Comment font les chirurgiens (ainsi que les autres membres du personnel médical présents dans la salle d’opération) pour supporter ces mauvaises odeurs? Il existe une astuce toute simple: une goutte, ou plusieurs, d’un produit qui sent meilleur et plus fort sur le masque chirurgical qu’il est obligatoire de porter. Un peu de Vicks Vaporub, d’essence de wintergreen ou de teinture de benjoin fait en général l’affaire. 

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