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Obésité : le Trésor propose de taxer la malbouffe

Publié par MaRichesse.Com sur 1 Septembre 2016, 15:58pm

Catégories : #OBESITE, #SANTE-BIEN-ETRE

Obésité : le Trésor propose de taxer la malbouffe

La taxe serait fonction du niveau de calories ou de la qualité nutritionnelle, et son coût pour les ménages défavorisés devrait être contrebalancé par des aides sociales.

Adieu, taxes sur les sodas, les farines, les huiles ou les produits de la mer. Demain, une seule taxe pourrait frapper la malbouffe, en fonction du « niveau de calories » ou de la « qualité nutritionnelle ». Cette proposition émane de la Direction générale du Trésor, qui a publié ce jeudi une étude sur le coût socio-économique des kilos en trop, avec une liste de mesures à prendre. Les députés, toujours à la recherche de moyens pour financer les politiques publiques, ne manqueront pas d'y jeter un coup d'oeil à la veille du vote des textes budgétaires. 

 

Un coût de 20,4 milliards par an

En 2012, 24,6 millions de Français sont en surpoids ou obèses, soit le tiers de la population. Si l'augmentation des effectifs de « gros » est modérée, celle des obèses s'accélère, au rythme de +4,1 % par an en 1997-2012. Alors qu'il y a 35 ans, 5 % de la population souffraient d'obésité, ce pourcentage avoisine désormais 15 %. Ces personnes consomment plus de soins que la moyenne (22 % des dépenses hors hôpital), car les risques sont plus élevés : diabète, hypertension, maladies respiratoires ou articulaires, cancers de l'utérus ou du côlon, dépression...

« Les évaluations du coût socio-économique de l'obésité qui avaient été réalisées jusqu'à présent étaient partielles, souligne Michel Houdebine, chef économiste de la Direction générale du Trésor. C'est pourquoi nous avons cherché à élargir le champ, comme cela a été fait pour le tabac ou l'alcool. » A grands traits, outre le coût des dépenses d'assurance-maladie (17 milliards), l'étude comptabilise celui des journées non-travaillées (7 milliards)... et en sens inverse, les économies de pensions de retraite (-7 milliards) liées à une mortalité précoce. On considère en effet que le surpoids réduit l'espérance de vie de 1 an et demi, et l'obésité de 3,5 à 8 ans. En fin de compte, les kilos en trop de 30 millions de personnes coûtent 20,4 milliards d'euros par an.

Ce coût est à mettre en parallèle avec celui du tabac, 26,6 milliards, et de l'alcool, 15 milliards. Mais comparaison n'est pas raison, puisque le coût par personne et par an de ces drogues est bien supérieur (presque 2.000 et 4.000 euros respectivement) aux 660 euros de la surcharge pondérale. 

 

Cibler la valeur calorique ou la qualité nutritionnelle

La principale mesure envisagée par cette direction de Bercy est... fiscale. Il existe déjà depuis 2012 une contribution sur les boissons sucrées et édulcorées qui rapporte 400 millions d'euros, et une « taxe Redbull » à 3 millions d'euros. L'étude propose de changer de paradigme en ne se contentant plus de viser un nutriment (le sucre...) ou un aliment spécifique, mais en ciblant la valeur calorique (ce que fait le Mexique depuis 2014) ou la qualité nutritionnelle. Cette taxe sur la « malbouffe » devrait être conséquente, car entre 1 % et 8 % de hausse du prix, l'effet dissuasif est insignifiant.

Une autre piste pourrait consister à augmenter la TVA sur les produits « les plus nocifs pour la santé », comme au Royaume-Uni. L'arme de la TVA est sous-utilisée en France, car seuls l'alcool, le caviar, la confiserie et les graisses végétales ne bénéficient pas du taux réduit, souligne le Trésor. 

 

Ajouter une mesure de redistribution ?

En tout état de cause, comme ces taxes alimentaires pèsent plus lourdement sur les pauvres, qui consacrent une partie plus importante de leur budget à la nourriture, « rien n'empêcherait d'adjoindre à cette taxation une mesure de redistribution », par exemple une hausse du RSA, mentionne l'étude. Par ailleurs, le Trésor suggère d'accroître les incitations financières des médecins pour prendre en charge l'obésité et le surpoids, de légiférer pour rendre les produits néfastes moins visibles en vitrine, de fixer des portions standard dans les cantines, de réglementer la publicité ciblant les enfants, et de poursuivre les expérimentations sur l'étiquetage nutritionnel.


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