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Conseils, science, sante et bien-être


Ni profs ni psys, les coachs pour enfants arrivent

Publié par MaRichesse.Com sur 10 Septembre 2016, 07:08am

Catégories : #SANTE-BIEN-ETRE, #ENFANT, #FAMILLE, #PARENT

Ni profs ni psys, les coachs pour enfants arrivent
Ces nouveaux accompagnateurs cherchent à faire grandir confiance en soi et motivation chez les plus jeunes.

 

Pendant longtemps, il y eut, pour accompagner le développement de nos chères têtes blondes, les gouvernantes, les répétiteurs, les professeurs… Et, bien sûr, les parents! Désormais, il faut aussi compter avec une nouvelle catégorie de pédagogues: les coachs pour enfants. Une profession très «tendance» au point qu'une sociologue de l'éducation, Anne-Claudine Oller, s'y est intéressée dans sa thèse («Coaching scolaire, école, individu. L'émergence d'un accompagnement non disciplinaire en marge de l'école»).

Spécificité, selon elle, de ces éducateurs d'un nouveau genre: près des trois quarts viennent du milieu de l'entreprise, ce qui, selon eux, les différencie nettement des enseignants ou autres conseillers d'orientation qui ont passé leur carrière dans le cocon scolaire.

Virginie Bapt, coach d'enfants mais aussi psychothérapeute, confirme cette influence. C'est en formant des managers à la gestion des conflits et au développement du leadership qu'elle a un jour l'idée de transmettre ces principes aux enfants. «Je me suis dit: pourquoi sommes-nous obligés d'attendre d'avoir 50 ans pour connaître ce qui fonde la confiance en soi et de meilleures relations aux autres?»

Oui, mais comme psychothérapeute, n'offrait-elle pas déjà ce savoir à ses petits patients? «Psychothérapeute, je regarde d'abord essentiellement ce qui va mal, une angoisse permanente par exemple», explique Virginie Bapt. «Comme coach, je cherche avant tout à répondre à une demande de l'enfant, qu'on aura pu élaborer ensemble… Et il s'agit bien souvent de déterminer quel est le besoin réel derrière cette demande initiale… L'objectif est d'aider (mais seulement aider) l'enfant à trouver la bonne posture lui permettant d'être proche de sa vérité à lui, de ce qui lui semble juste.» 

 

Entre thérapie et accompagnement

Même objectif chez Nathalie de Boisgrollier, fondatrice de l'association OZE pour une approche éducative bienveillante et auteur d'Heureux à l'école : tout commence à la maison(Éd. Albin Michel ; cf. www.lemanifesteheureuxalecole.fr): «Nous travaillons avec les enfants pour leur faire savoir qu'ils peuvent être acteurs de leurs changements.»

Cette distinction entre une thérapie et un accompagnement plus «soft» est essentielle à préciser face à des parents qui viennent plus ou moins avec les mêmes demandes pressantes: «il n'écoute pas», «il ne travaille pas assez», «il est incapable de se concentrer»… «Les parents ne se remettent guère en question, observe Nathalie de Boisgrollier, pourtant ces difficultés que les enfants connaissent dans leurs comportements viennent du fait que ceux-ci ont été trop surveillés ou à l'inverse trop laissés à eux-mêmes. Ils n'écoutent plus l'adulte.»

Soit. Mais ce sont les parents qui amènent leur progéniture en coaching… «Mon client, c'est l'enfant!, précise Virginie Bapt. Je ne travaille qu'avec lui. Simplement, à la fin d'une séance, je peux lui demander: “Est-ce qu'on parle de ceci à tes parents?” Ainsi, à propos de cette jeune fille soudain “odieuse” avec sa mère et à la maison, nous avons pu expliquer à ses parents qu'elle vivait des temps vraiment difficiles avec ses copines», raconte la coach.

Même s'il est désigné comme «en difficulté», l'enfant n'est en réalité jamais seul. Il est toujours pris dans un système: famille, école, bande d'amis… Pour Nathalie de Boisgrollier, le problème est souvent à détecter dans ces relations, les enfants d'aujourd'hui devenant porteurs de (grandes) peurs éprouvées dans d'autres contextes. «Jamais leur marge d'action n'a été aussi réduite! Les voitures, l'urbanisation les empêchent de se déplacer autant qu'avant, de jouer seuls dans des terrains vagues», regrette-t-elle avant d'ajouter: «Je rêve de squares interdits aux parents pour que les petits puissent vraiment s'amuser et se défouler!» 

 

Être plus solide face aux difficultés

Travailler sur la confiance, celle des parents mais aussi celle des jeunes, est la préoccupation première de ces coachs. «Donner à l'enfant les moyens d'agir lui-même, sur son environnement (l'écologie de ses systèmes) ; lui apprendre des règles de communication non violente, par exemple, ou à accueillir ses émotions… Voilà ce qui peut lui permettre d'être plus solide face aux difficultés et aux mauvaises tentations», estime Virginie Bapt. «Ce sont les compétences “d'être” et pas seulement de “faire” qui sont nécessaires aux enfants d'aujourd'hui», ajoute dans ce même esprit Nathalie de Boisgrollier.

Pour faire grandir celles-ci, rien de mieux selon ces professionnelles qu'un lieu refuge où justement on n'attend rien de l'enfant. «La baby-sitter, le prof, le parent… tout le monde a de hautes exigences envers lui, observe Virginie Bapt. Le coach, lui, offre la liberté à l'enfant de travailler sur tout ce qui lui importe vraiment, et de développer sa propre parole.» La chercheuse Anne-Claudine Oller relève d'ailleurs que ce qui importe dans cet accompagnement d'un genre nouveau «tient moins à ce qui y est fait qu'à la relation elle-même». 

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