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Mutations des enseignants : le cri d’alarme d’une professeure des écoles

Publié par MaRichesse.Com sur 30 Septembre 2016, 05:20am

Catégories : #ECOLE, #FRANCE

Mutations des enseignants : le cri d’alarme d’une professeure des écoles
Ses enfants et son mari sont partis vivre à Rennes, mais Aline travaille toujours en région parisienne. Sur Facebook, cette professeure des écoles a raconté son combat pour être mutée en Bretagne. L’occasion de faire le point sur une situation qui est loin d’être un cas isolé.

 

"L’Education nationale broie les gens, les élèves, ma famille." Lundi 26 septembre, Aline a poussé un cri d’alarme sur Facebook. Voilà deux ans que cette professeure des écoles de 34 ans demande sa mutation à l’académie de Rennes pour rejoindre son mari et ses enfants. Mais après avoir essuyé son deuxième refus, elle sort du silence. "Les Hauts-de-Seine manquent d’enseignants, alors le directeur académique refuse de m’autoriser à quitter le département", déplore-t-elle.

 

Rien que dans les Hauts-de-Seine, on dénombre près de 1300 demandes de mutation chaque année pour seulement 10% de satisfaits. "L’an dernier, le recteur a carrément bloqué toutes les mutations", soupire Elisa Raducanu, secrétaire départemental du SNUipp-FSU. Au niveau national, une demande de mutation sur quatre est acceptée.

 

En cause : des académies qui n’attirent plus (Créteil, Versailles, Amiens, Lille ou Reims). "Ce sont des zones où les exigences de travail sont parfois difficiles", précise Elisa Raducanu. Les conditions de vie personnelle rentrent également en compte (prix du logement, temps de transport…). "Avec un salaire d’enseignant, on vit mieux en province", abonde la syndicaliste. Pourtant, ils sont des milliers de futurs enseignants à venir chaque année passer les concours dans ces régions. Elisa Raducanu dénonce un effet pervers : "Beaucoup de jeunes de province viennent ici car ces académies sont moins demandées donc les concours sont plus faciles. Mais une fois installés, ils se retrouvent bloqués".

 

Si vous êtes célibataire, pas la peine d’essayerElisa Raducanu, secrétaire départemental du SNUipp-FSU

 

Mais bloqués pour combien de temps exactement ? "Certains collègues doivent patienter jusqu’à six, sept voire huit ans dans certaines académies avant de pouvoir partir", nous explique Joël Pehau, secrétaire national chargé du secteur revendicatif du SE-Unsa. "Je me suis pacsée avec mon copain pour pouvoir rentrer plus vite en Bretagne, confie un jeune enseignante parisienne. Mais je vais quand même devoir attendre au moins cinq ans". "Sortir de certains départements d’Ile-de-France peut être difficile, concède-t-on du côté de la Direction des services départementaux de l'Education nationale (DSDEN) des Hauts-de-Seine. Pour les collègues qui attendent, ils peuvent trouver le temps long". 

 

Et n’est pas muté qui veut. Les conditions sont très précises pour déterminer qui reste et qui part. Sont prioritaires les professeurs en rapprochement de conjoint, en reconversion professionnelle, en situation de handicap, ou ceux qui exercent dans un quartier urbain avec des problèmes sociaux et de sécurité difficile. "Si vous êtes célibataire, vous pouvez attendre au moins vingt ans. Ce n’est même pas la peine d’essayer", déplore Elisa Raducanu. 

 

 
Le droit à la mutation est un faux droitJoël Pehau, secrétaire national chargé du secteur revendicatif du SE-Unsa

 

Certains enseignants se disent aujourd’hui dégoûtés du métier. "L’Education nationale me broie, moi qui aimait mon métier, ce défi quotidien d’enseigner. Mais que lui importe, désespère Aline sur Facebook. Mes enfants ont le droit de vivre avec leur maman, mes élèves ont le droit d'avoir une maîtresse sereine en classe". La question est particulièrement sensible dans les Hauts-de-Seine. "Aline est le reflet de ce qui se passe dans le département", estime Elisa Raducanu. Ici, les enseignants n’ont plus aucun espoir d’être muté, ils se sentent complètement enfermés. Et concilier la vie professionnelle et la vie personnelle devient vite un enfer".

 

"On doit tenir les deux bouts et satisfaire des demandes individuelles tout en tenant compte des grands objectifs d’éducation", explique-t-on à la DSDEN du 92. "Le droit à mutation est un faux droit, abonde Joël Pehau. On a le droit de vouloir muter mais c’est assujetti à l’intérêt supérieur du service public". Aline, entre autres, en fait les frais. Contacté par LCI, le cabinet du recteur de Versailles n’était pas en mesure de s’exprimer sur ce cas précis. 

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