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Mère Teresa, une sainte à géométrie variable

Publié par MaRichesse.Com sur 3 Septembre 2016, 11:00am

Catégories : #RELIGION, #VATICAN, #PEOPLE

Mère Teresa, une sainte à géométrie variable

Ils étaient 300 000 fidèles à célébrer sa béatification, en octobre 2003. Ce dimanche ils devraient être près du double, au moins un demi-million à inonder la place Saint-Pierre, lorsque Mère Teresa de Calcutta sera élevée au rang de sainte. C’est un temps record, même en regard des procédures express introduites par Jean-Paul II, qui avait converti l’Église catholique en une «fabrique de saints». Mère Teresa (de son vrai nom Agnès Gonxha Bojaxhiu) est morte il y a moins de vingt ans. D’ordinaire, il faut en compter au moins cinq ne serait-ce pour envisager de lancer la procédure de canonisation. 

 

Ferveur planétaire

Malgré la vélocité de l’exercice – un deuxième miracle vient de lui être reconnu, qui lui a ouvert la voie de la sainteté – s’agit-il bien de la même personne qui va être chantée une nouvelle fois au Vatican? Sainte, Mère Teresa l’est considérée depuis longtemps, comme en témoigne la ferveur planétaire qui avait accompagné sa mort en 1997. Déjà consacrée par l’obtention du Prix Nobel de la paix en 1979, la petite nonne albanaise au corps voûté, tenant habituellement un bébé dans les bras, était aussi devenue un emblème de la charité chrétienne que s’arrachaient les médias et les personnalités publiques.

Son travail inlassable en faveur des malades et des déshérités lui ouvrait à lui seul les portes du Paradis. Mais c’est aussi sa rigidité morale qui l’avait rendue si proche de Jean-Paul II. Sur les questions de l’avortement, de la contraception et du divorce, Mère Teresa était surtout une sainte pour ceux qui prônaient une Eglise verrouillée en matière de doctrine. En attendant le Paradis, Agnès Gonxha trouvait portes ouvertes au Vatican, où elle était devenue l’ambassadrice du pape pour défendre la cause de la famille et les valeurs traditionnelles. 

 

Réconcilier l’Église

Nouveau chef de l’Église et nouvel éclairage. C’est aujourd’hui une sainte en droite ligne avec ses enseignements que va célébrer le pape François. «Une Eglise pauvre pour les pauvres» dit la formule qui résume les volontés du souverain pontife. Une Eglise à l’œuvre dans les «périphéries», comme aime à le répéter le prélat sud-américain, adepte sinon de la théologie de la libération, du moins de cette «théologie des pauvres» qui poursuit grosso modo les mêmes objectifs mais qui s’est débarrassée des oripeaux marxistes dont se réclamaient les maîtres à penser du cardinal Bergoglio, le futur pape François.

De quoi réconcilier aujourd’hui ces deux versants de l’Église, le dogme et le chambardement, sous la même figure de Sainte Mère Teresa de Calcutta? C’est ce que disent les analystes du Vatican. Mais avec un risque: celui de prêter aussi davantage le flanc aux critiques, à force de vouloir élever à la sainteté une figure exemplaire sur tous les tableaux. A l’approche de la cérémonie de dimanche, les reproches se sont faits en effet plus bruyants. Son œuvre est considérable, avec l’ouverture de centaines de centres d’accueil à travers le monde, et la prise en charge de dizaines de milliers d’enfants, de malades et de mourants. 

 

Plus conservatrice que révolutionnaire

Mais Mère Teresa, qui n’avait de cesse de comparer la souffrance des protégés de sa congrégation des Missionnaires de la Charité à celle du Christ sur la Croix, a-t-elle réellement agi comme une sainte envers eux? Ressortent les accusations – solidement documentées – de médicaments périmés, ou de seringues non stérilisées, qui accompagnaient la compassion des religieuses.

Mère Teresa visait-elle seulement à soulager la douleur du monde, ou obéissait-elle au contraire à «un culte fondé sur la mort, la souffrance et la sujétion», comme le résumait l’écrivain – violemment athée – Christopher Hitchens, décédé en 2011, qui lui avait consacré une biographie dévastatrice (La Position du Missionnaire)?

Si sa congrégation est venue en aide à des dizaines de milliers de miséreux, si elle a fini par devenir synonyme de charité désintéressée, jamais Mère Teresa n’a remis en question de manière frontale la mécanique qui rendait ces injustices possibles. C’est une sainte bien plus conservatrice que révolutionnaire que proclamera dimanche le pape François. La sainte, en somme, de Jean-Paul II. 

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