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Marine Le Pen au cœur de l'exaspération rurale

Publié par MaRichesse.Com sur 3 Septembre 2016, 08:11am

Catégories : #POLITIQUE, #FRANCE

Marine Le Pen au cœur de l'exaspération rurale

Samedi à Brachay, la présidente du Front national devrait profiter de sa cinquième visite dans ce village de Haute-Marne pour dévoiler son programme présidentiel pour l'agriculture.

Marine Le Pen avait promis de revenir à Brachay, chaque année, jusqu'à la présidentielle. Gérard Marchand, le maire de la petite commune de Haute-Marne, est visiblement ravi d'accueillir la présidente du Front national pour la cinquième fois, samedi. Cerise sur la gâteau, Brachay, le village aux 72% de votes FN à la présidentielle de 2012, est également le lieu choisi symboliquement par la députée européenne pour prononcer son premier discours de rentrée politique. Un discours où la candidate à la présidentielle devrait dévoiler son programme électoral pour l'agriculture.

 

«Nous avons été bafoués par Sarkozy et cela va mal se terminer!», lâche, amer, l'agriculteur élu, âgé de 58 ans. Spécialisé dans le lait, les céréales et la viande, Gérard Marchand, gérant d'une exploitation avec trois associés, dénonce un manque à gagner croissant l'obligeant à pratiquer des prix de court terme et à gager ses capitaux propres. Après une très mauvaise moisson, il se dit inquiet: «Nous sommes pris à la gorge. Nous allons perdre 180.000 euros cette année sur un chiffre d'affaires de 850.000 euros. Franchement, on commence à ne plus très bien dormir», confie-t-il en se demandant comment le monde agricole pourra tenir. «Quand toutes les lois Hollande arriveront sur la marché, qu'allons-nous devenir?», s'interroge le maire FN. Selon lui, l'exaspération est à son comble dans les campagnes du secteur et le nombre d'agriculteurs souffrant de dépression ne cesse de grimper. «L'Europe ne sert à rien, insiste-t-il, puisque nous sommes envahis par une surproduction de lait. Les quotas n'existent plus et le marché de la viande est engorgé, les négociants ne veulent plus nos bêtes. Dans quel système voulez-vous vous débattre?» 

 

61 habitants

Gérard Marchand croit en la victoire de Marine de Pen en 2017: «Elle gagnera, pas de grand-chose, mais j'y crois.» Si elle était élue et s'il avait trois priorités à attendre de sa candidate, il lui demanderait en premier lieu de «s'occuper sérieusement» de l'Union européenne. Pour que la France ne soit plus «tributaire de l'Allemagne». Il attend aussi une action énergique pour sauver un monde rural victime de la désertification et privé de ses compétences. «En 2020, nous n'aurons même plus le droit de gérer l'eau de nos villes», se plaint-il, avant de réclamer une France «mieux gérée».

Aucun des trois enfants de Gérard Marchand n'est disposé à reprendre la ferme. «Je leur ai tout proposé mais ils ne veulent plus», regrette-t-il. Quand il observe l'échec du FN aux dernières régionales, il n'en veut pas au parti. Il s'avoue plutôt «découragé» par des électeurs qu'il ne comprend pas. «Les gens se plaignent mais votent toujours dans le même sens», déplore-t-il, en se défendant de faire de la «politique au village».

Cette année, Brachay ne compte plus que 61 habitants. Ils étaient 65 l'an passé mais cela n'empêchera pas le traditionnel bain de foule de Marine Le Pen, après le discours en fin de matinée. La présidente du FN participera ensuite à l'apéritif avec une centaine de personnes, suivi d'un déjeuner champêtre. Selon le maire, 2850 personnes étaient venues écouter Marine Le Pen sur la place du village l'an dernier, contre 350 lors de la première édition.

Hormis une participation du comité des fêtes au coût du repas, tout est pris en charge par le Front national. Brachay n'a plus un seul commerce mais Gérard Marchand a tenu à faire travailler les gens du pays, comme le boulanger de Doulevent-le-Château ou le boucher de Joinville. Un imitateur bénévole de Johnny Hallyday est également prévu.

Quelques jours avant la visite des frontistes, l'agriculteur a collé des affiches dans toute la région. En 2017, il imagine une victoire du FN parce qu'il affirme constater une défiance croissante sur les terres de Haute-Marne. «Les gens ont les nerfs à fleur de peau. Quand ils voient de prétendus futurs présidents ne parler que de foulard, cela les rend malades», conclut Gérard Marchand, comme s'il parlait de sa propre exaspération. 

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