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Conseils, science, sante et bien-être


Mamans au foyer et fières de l’être

Publié par MaRichesse.Com sur 3 Septembre 2016, 10:29am

Catégories : #FAMILLE, #PARENT, #MAISON, #PHOTO

Mamans au foyer et fières de l’être

Diplômée en biologie médicale, Virginie Rhéaume-Milot rêvait d’une carrière dans un laboratoire de recherche jusqu’au jour où l’instinct maternel l’a poussée à mettre ses ambitions professionnelles de côté pour exercer ce qu’elle qualifie du «plus beau métier»: être maman à la maison.

Virgine Rhéaume-Milot ne s’était jamais imaginée au foyer.

«J’ai été tiraillée le jour où j’ai goûté à la maternité. J’ai réalisé que je voulais travailler, mais que je voulais surtout passer du temps avec mes filles», raconte la maman de 25 ans, qui ne renonce pas à intégrer le marché du travail lorsque Magalie, deux ans, et ­Annabelle, huit mois, auront grandi.

 

En 1976, rester à la maison pour élever les enfants était une norme pour les femmes. Quarante ans plus tard, c’est plutôt une exception. Malgré la tendance, plusieurs mères font toujours le choix, en 2016, de demeurer au foyer plutôt que de poursuivre une carrière.

Briser l’image de la ménagère

L’an dernier, l’Institut de la statistique du Québec a mené une enquête sur l’expérience des parents d’enfants de 0 à 5 ans, qui révèle qu’en 2015, 11 % des mères québécoises restent au foyer par choix. Du côté des pères, on tombe à 0,8 %.

On y apprend que, chez les femmes diplômées universitaires, 4 % sont mamans à la maison par choix.

Difficile de dresser un portrait exact des motivations des mères au foyer de notre époque puisqu’il existe peu de statistiques sur le sujet.

La sociologue Annie Cloutier s’est justement intéressée à ces raisons qui motivent les mères au foyer «modernes», loin d’être «les ménagères des années 50».

«Ce n’est plus une question d’obligation. On voit des femmes scolarisées, dont certaines avaient même une carrière prometteuse, qui, lorsqu’elles deviennent mamans ont comme une révélation et font le choix de rester à la maison», explique Mme Cloutier, qui s’est intéressée à la question après avoir elle-même choisi de rester auprès de ses enfants.

Une question de choix

Mme Cloutier s’est penchée sur les femmes diplômées et de la classe moyenne, qui ont choisi de quitter le marché du travail après avoir donné naissance à leur premier enfant.

«Le modèle qu’on nous a présenté depuis les 30 dernières années, c’est que pour être une femme accomplie, on doit être indépendante financièrement. Les femmes disposent de plusieurs outils pour demeurer sur le marché, par exemple les CPE et le congé parental», rappelle la sociologue.

Avec toutes ces structures pour concilier travail et famille, il est difficile pour plusieurs de comprendre pourquoi certaines préfèrent encore rester à la maison, dit le sociologue Gilles Pronovost, qui s’est penché sur la parentalité au Québec.

«Rester à la maison, c’est moins valorisé qu’à une autre époque. Lorsqu’une femme insiste pour dire qu’être à la maison la rend heureuse, certains ont de la ­difficulté à le comprendre», dit M. Pronovost.

Pour plusieurs, c’est même un signe de soumission ou de paresse, souligne Valérie Guillemette, 23 ans, mère de trois enfants.

«J’ai l’impression que certains trouvent que c’est lâche, qu’on ne veut pas travailler, alors qu’au contraire, on a juste envie d’être présente [pour les enfants] et c’est la façon dont on veut le faire», explique la maman d’Alexia, quatre ans, Ophélie, deux ans, et Adam, huit mois.

QUELQUES CHIFFRES

  • 11 % des mamans québécoises sont à la maison par choix
  • 65 % des mamans québécoises travaillent
  • Chez les femmes qui détiennent un diplôme d’études universitaires, 4 % restent à la maison par choix
  • 30 % des mamans québécoises sont à la maison (par choix, en congé de maternité ou à la recherche d’emploi)

Source: Enquête sur l’expérience des parents d’enfants de 0 à 5 ans en 2015, Institut de la statistique du Québec


  • 30 % des mamans québécoises travaillaient en 1976
  • Environ 60 % des mamans québécoises étaient à la maison pour diverses raisons, en 1976

Source: Rapport sur le marché du travail et les parents, Institut de la statistique du Québec, 2009

PORTRAITS DE MAMANS

Virginie Rhéaume-Milot

PHOTO AMÉLI PINEDA
  • 25 ans
  • Détentrice d’un baccalauréat en biologie médicale

Maman de Magalie, 2 ans, et Annabelle, 8 mois

«J’ai dû choisir entre mon ambition ­professionnelle et ma vie de famille. J’ai été tiraillée, mais je suis convaincue d’avoir fait le bon choix.»

«Je pense avoir le meilleur des deux mondes. J’ai décidé de continuer à me spécialiser avec des cours à distance. Je suis donc avec mes filles toute la journée et lorsqu’elles font leur sieste, j’en profite pour étudier.»


Bianca Pichette

PHOTO AMÉLI PINEDA
  • 26 ans
  • Détentrice d’un diplôme en secrétariat 

Maman de Naïla, 6 ans, Tyler, 3 ans, et Esteban, 1 an

«La norme aujourd’hui, c’est que les deux parents travaillent alors ça arrive d’être jugée. Certains croient qu’on ne veut pas ­travailler, qu’on est à la maison à ne rien faire, mais je vis bien avec ça, parce que je sais que c’est faux.»

«Ça arrive qu’on me parle de l’égalité homme/femme, mais je considère justement que ça fait partie de notre liberté de choisir comment on veut élever notre famille.»


Celyna Hoffman

PHOTO AMÉLI PINEDA
  • 29 ans
  • Détentrice d’un diplôme de secondaire 5

Maman de Dalie, 5 ans, Auguste, 3 ans, et Axel, 2 ans

«Dans la société actuelle, nous sommes des marginaux. Nous sommes une famille vegan, zéro déchet et je leur fais l’école à la maison. Pour moi, c’était non négociable, je voulais être à la maison pour mes enfants.»

«Peu de gens comprennent qu'on peut volontairement faire ce choix. Beaucoup pensent que de vivre avec un salaire, et de bien vivre, c’est impossible. Mais c’est faux. Nous avons une belle vie, mais nous ­faisons des compromis.»


Marie-Ève Boudreault

PHOTO COURTOISIE
  • 34 ans
  • Détentrice d’un baccalauréat en ­sociologie et écrivaine

Maman de Joshua et Damien, 7 ans, Emma, 1 an, et enceinte d’un bébé à ­naître en octobre

«On doit faire face aux préjugés. Ça semble “dépassé” d’être maman à la maison et ce n’est pas toujours valorisé. J’ai l’impression que ce n’est pas jugé moderne.»

«Il y a des mesures pour soutenir les frais de garde et les écoles, mais il n’y en a pas en particulier pour les familles à la maison avec des enfants en bas âge qui décident de faire l’apprentissage en famille.»


Valérie Guénette

PHOTO AMÉLI PINEDA
  • 23 ans
  • Détentrice d’un diplôme de secondaire 5

Maman d’Alexia, 4 ans, Ophélie, 2 ans, et Adam, 8 mois

«On m’a déjà dit que j’avais l’opportunité de faire des études, d’avoir une grande carrière, mais je n’ai pas l’impression d’y avoir renoncé. Au contraire, je pense que j’ai fait les choses à l’envers. J’ai ma famille, mais le jour où mes enfants seront à l’école, je vais avoir le temps de choisir si je veux retourner aux études.»

«Mes parents ont toujours travaillé tous les deux et je pense que j’ai réalisé que lorsque j’allais être maman, je voudrais avoir plus de temps avec mes enfants.»


Mélanie White

PHOTO AMÉLI PINEDA
  • 35 ans
  • Détentrice d’un diplôme en secrétariat dentaire

Maman d’Ameliane, 8 ans, Lauryane, 6 ans, et Charlyane, 2 ans

«J’ai travaillé lorsque j’ai eu ma ­première fille, mais nous avons eu une malchance. Elle a été brûlée au deuxième et troisième degré à la ­garderie. Notre façon de voir la vie a changé et mon cœur de maman en a pris un coup.»

«Avoir un parent à la maison, c’est une fierté, mais c’est aussi des ­compromis. Avec un salaire, on ne sort pas toutes les semaines, mais on trouve d’autres façons d’avoir du temps de qualité.» 

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