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Malgré leur serment, des élus appellent à désobéir

Publié par MaRichesse.Com sur 21 Septembre 2016, 20:04pm

Catégories : #SUISSE, #POLITIQUE

Malgré leur serment, des élus appellent à désobéir

«Lois iniques et inhumaines, certes votées par le peuple, mais c'était aussi le cas à l'époque de l'Apartheid (ndlr: en Afrique du Sud)». «Rafles de la police». «Le milicien Philippe Leuba (ndlr: ministre vaudois PLR).» «La charité supplée à la légalité». Réthorique et référence historique étranges mercredi matin, à la conférence de presse du Collectif R, dans une chapelle. Cette association s'oppose aux renvois automatiques des migrants en situation illégale à Lausanne (et dans le canton de Vaud) dans les pays européens de transit, conformément aux Accords de Dublin. Des parrains et marraines accueillant ou ayant accueilli des individus susceptibles d'être interpellés et expulsés de Suisse y ont dénoncé les perquisitions policières qui ont eu lieu chez eux, à 6 heures du matin, le 15 septembre dernier, sur mandat de la justice vaudoise. «J'ai vécu cela, en présence de mes deux enfants, comme une intimidation», a déclaré la marraine Céline Cerny, qui revendique son refus d'accepter les Accords de Dublin, «certes voulus par le peuple mais scandaleux». 

 

«Indigne de faire référence à l'Apartheid» 

«Moi aussi, je fais parfois face à des législations qui ne me plaisent pas, et contre lesquelles j'ai votées. Pourtant, je les respecte et les applique», explique Philippe Leuba. Le ministre vaudois déclare aussi trouver «indigne» de comparer les lois suisses, votées par le peuple et appliquées, à l'Apartheid, dans une Afrique du Sud où seul les blancs votaient alors.
"Le Collectif R a fait appel à moi pour ne pas paraître trop gauchiste", a admis à la conférence de presse mercredi Manuel Donzé. Elu au Grand conseil vaudois et au conseil communal lausannois sous la bannière PDC, il a tenu, en tant que parrain, a faire valoir les valeurs humanistes de sa démarche. Tout comme l'ancien conseiller national PDC Jacques Neirynck, aussi présent.

A ses côtés, le secrétaire vaudois du parti d'extrême gauche SolidaritéS et conseiller communal (législatif) lausannois Pierre Conscience. Membre très actif du Collectif R et lui-même parrain accueillant un migrant (de Côte d'Ivoire, et présent à la conférence de presse), il a aussi été perquisitionné le 15 septembre. Tout comme Léonore Porchet, présidente des Verts lausannois et également conseillère communale. Ils fustigent le Conseil d'Etat vaudois et l'appellent à «changer sa politique de l'asile quoi que cela ça lui en coûte». Ils font là référence aux conséquences négatives auxquelles le Canton devrait faire face, notamment vis à vis de la Confédération, s'il venait à violer la loi suisse et des accords européens. Nouveau conseiller municipal à l'Exécutif de Lausanne, le POP David Payot témoigne aussi. Il a accueilli chez lui en début d'année un exilé sénégalais, qui avait transité par l'Italie. Il a respecté son assignation à résidence, jusqu'au 21 mars, où «la police est venue le cueillir pour ensuite l'expulser en Sicile», raconte David Payot. Selon nos sources, l'individu est revenu illégalement dans le canton de Vaud... 

 

Solidaire de l'appel à la désobéissance civile

Le municipal POP affirme n'accueillir personne actuellement mais il n'hésiterait pas à le faire si on le lui demande. Et de se dire solidaire de l'appel à la désobéissance civile lancée par le collectif, mais «à titre personnel, sans impliquer la Municipalité» de Lausanne, qu'il n'a pas avertie de sa participation à la conférence de presse. Certains de ses collègues au sein de cette municipalité lausannoise, à large majorité de gauche, parlent eux de faute politique, selon l'émission Forum de la RTS mercredi soir. «Il faut respecter la légalité certes, mais il faut aussi qu’elle corresponde à une légitimité», explique David Payot. 

 

Pas de changement ni de moratoire

Face à ces propos, le Conseiller d'Etat vaudois Philippe Leuba se dit outré: «C'est irresponsable d'appeler à la désobéissance civile, qui plus est de la part d'élus qui ont juré de respecter l'Etat de droit et de le faire respecter!» Responsable de l'économie et du sport, ainsi que du Service de la population, il souligne que «dans une démocratie semi directe, c'est le peuple qui fixe la loi. S'ils veulent la faire modifier, qu'ils lancent alors une initiative. A moins qu'ils redoutent le verdict des urnes.» Il annonce qu'il n'y aura aucun changement dans la politique vaudoise à ce sujet et qu'il n'est pas question que le Canton adopte un moratoire dans l'application des Accords de Dublin, acceptés en votation populaire («y compris par une majorité de Vaudois»), et ce «afin de ne pas créer un appel d'air» au sein des migrants. 

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