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Marichesse.com

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Conseils, science, sante et bien-être


Ma nuit avec une animatrice du téléphone rose

Publié par MaRichesse.Com sur 12 Septembre 2016, 03:21am

Catégories : #VIE, #TRAVAIL

Ma nuit avec une animatrice du téléphone rose

Elle attend en tailleur sur son lit, pull noir et pantalon de jogging, pour être à l’aise, mais « lingerie fine en dessous, pour [se] mettre dans l’humeur ».

Sarah (prénom d’emprunt) est un peu stressée ce jour-là. Il y a de quoi. Elle laisse entrer quelqu’un chez elle, dans son intimité. Pour la première fois, une inconnue (c’est moi) va la regarder travailler. Est-ce qu’elle restera naturelle ? D’habitude, elle se sent protégée derrière son numéro surtaxé, anonyme, bien à l’abri dans sa petite ville cossue et un peu paumée de la frontière allemande.

Finalement, ça va.

Sarah, smartphone en main, devant son ordi portable, regarde quelle hôtesse s'est connectée à son réseau Audiotel
Sarah, smartphone en main, devant son ordi portable, regarde quelle hôtesse s’est connectée à son réseau Audiotel - Alice Maruani/Rue89

« Je veux toucher tes seins.
– Oh vas-y tire mes seins, j’adore quand on tire mes seins, en plus, ils pointent, si tu les voyais... Oh oui, oh Alex, oh encore.
– Je veux te bouffer le cul aussi.
– Alors je me mets à quatre pattes devant toi, j’écarte bien mon cul et j’attends juste ta langue.... Oh oui, enfonce bien ta langue. [Gémissements.] »

Cléo (Sarah) parle avec Alex

Chaque mois, Sarah fait l’amour par téléphone à plus de 1 000 personnes environ (pour près de 3 000 appels). Elle est animatrice de téléphone rose. On dit aussi hôtesse ou opératrice, mais elle préfère « animatrice, comme au temps du Minitel ». Son entourage proche est au courant. Mais pas au-delà, pour protéger sa famille :

« Je sais que les gens peuvent être méchants. Mais ce n’est pas par honte, surtout pas. Les présentateurs radio aussi devraient avoir honte dans ce cas. Après tout, ce n’est que de la voix. »

La nuit, Sarah devient Cléo

« Je ne suis pas une sorcière, tu vois », s’amuse-t-elle à mon arrivée dans son appartement bien tenu et chaleureux.

Plutôt petite et menue, Sarah, 43 ans, en fait bien dix de moins. Elle est jolie aussi et elle le sait : sur ses sites, elle met de vraies photos d’elle, un peu retouchées, et prises par un photographe professionnel car « il faut bien enjoliver les choses, non ? » Sarah aime jouer, et rigoler. Elle dit « délirer ».

Le livre
Le livre « Cinquante Nuances de Grey », source d’inspiration de Cléo - Alice Maruani/Rue89

La nuit, elle est Cléo, son personnage de téléphone rose et son pseudo. Pour se préparer, d’habitude, elle fait du yoga. Puis elle peigne ses perruques, sort ses accessoires et sa décoration. Met un peu de musique pour créer sa « bulle ». Elle travaille dans une chambre. Mais pas la sienne. Une manière de séparer la « vie réelle » de sa vie au téléphone, de « faire la part des choses ».

La pièce est simple : un matelas au sol, son ordinateur sur une chaise, et ses téléphones, cinq en tout :

« Avant, j’en avais six mais je me perdais. »

Les téléphones de Sarah : l'orange pour l'Audiotel, le gris en cas de panne, le noir pour le
Les téléphones de Sarah : l’orange pour l’Audiotel, le gris en cas de panne, le noir pour le « dial privé » (temps prépayé par CB) et deux portables, un pro et un perso - Alice Maruani/Rue89

A minuit, elle se connecte sous le pseudo de CleoB ou de MissCléo, sa version dominatrice ; sa voix change en fonction.

« Mais chaque fille a sa voix, son personnage à elle. A un moment, on me demandait de jouer trois ou quatre personnages, trans, salope, dominatrice... j’étais perdue ! J’écrivais mes descriptions sur des bouts de papier mais je n’y arrivais pas. En plus, certains habitués qui faisaient le tour des réseaux reconnaissaient ma voix. Je ne peux jouer que Cléo. »

Cléo comme Cléopâtre :

« Mon modèle : une femme très séduisante, qui a été la maîtresse de Marc Antoine et de César, puis qui les a lâchés tous les deux quand elle en a eu marre ! Bim ! »

Sarah : « MissCléo, c’est une guerrière »

Rires gênés et bâillements

Le téléphone sonne. Premier appel de la nuit. C’est un inconnu, Jean (prénom d’emprunt). Pendant 45 minutes, Sarah monologue (ou presque). Il faut poser les lieux et les personnages. Elle commence par se décrire, demander à Jean à quoi il ressemble, et où il est. Puis : « Tu veux que je te rejoigne ? » C’est laborieux. Jean n’est pas bavard. Il se contente de malheureux « ah ouais ».

Cléo réprime des rires gênés et quelques bâillements. Elle lève les yeux au ciel, fait mine de jeter le téléphone au loin. Une fois qu’elle a raccroché, elle qualifie Jean de « vrai lourd ».

Sarah sur son lit. Elle replie les jambes pour coller au
Sarah sur son lit. Elle replie les jambes pour coller au « scénario » - Alice Maruani/Rue89

Quel que soit le client, c’est toujours un jeu de rôle. Le scénario s’écrit à deux. La parole performative : dire, c’est faire.

« Mon travail, c’est pas juste faire “ oh oui, oh oui, baise-moi ” au téléphone, ce serait trop facile. »

C’est aussi très explicite. Il y a de tout. Certains, « les petits coups vite fait », l’appellent juste pour jouir, comme ils regarderaient un porno, « et ça, tu le sens tout de suite dans la voix, alors tu vas droit au but ». D’autres encore cherchent à se confier quand ils sont tristes. Et c’est parfois plus dramatique :

« Un jour, un mec m’a appelée en me disant qu’il était malheureux et qu’il allait se jeter du haut d’un pont. Je ne l’ai pas cru, puis j’ai entendu des gens qui lui criaient d’arrêter. »

Quelques voix excitantes

Quelques clients appellent une fois seulement, d’autres reviennent à elle régulièrement :

« Une fois qu’ils ont trouvé leur voix, ils veulent la garder. Ils ont une fille sur chaque réseau. »

Ses « call » préférés, c’est quand le mec a « une belle voix », et sait ce qu’il veut, qu’il l’emmène dans son fantasme. Elle aime fantasmer sur les voix qu’elle a au bout du fil, certaines très viriles « qui me font trembler ». Evidemment, pour que le sexe au téléphone marche, « il faut que les mecs soient cérébraux, aient de l’imagination ».

Parfois des clients comme Jordan (prénom d’emprunt) – l’un des réguliers qui « vient à certains moments, il a ses périodes » – mènent la danse. Il fait les bruitages, raconte l’histoire.

Cléo (Sarah) parle avec Jordan

C’est lui l’animateur, jusqu’à ce que Cléo simule avec lui l’orgasme de manière hyper-réaliste.

L’orgasme simulé et l’orgasme réel

« C’est reposant, mais je m’ennuie quand je n’ai rien à faire », dit Cléo.

Les voix de Cléo : typologie des clients

Il y a aussi des emmerdeurs, comme Bastien. Il ne rentre pas dans son jeu. Et on arrive à une conversation proprement hallucinante pour le profane :

« Je te pousse et tu t’allonges sur le côté.

– Non.

– Si, si, tu es fatiguée donc tu ne résistes pas.

– Si, je résiste.

– Allez, s’il te plaît quoi ! Je te caresse et...

– Non. »

La cam’ ? « Ils préfèrent rêver »

Quelques hommes veulent passer « en visio », la voir en cam’ (c’est 30 centimes de plus la minute), « parfois uniquement ma bouche ou mes fesses » ou simplement se montrer. Mais d’autres « ne le voudront jamais » :

« Ils préfèrent continuer à rêver. Une fois qu’ils me voient dans ma chambre, pour eux, il n’y a plus de magie. »

Un régulier de longue date, Victor (prénom d’emprunt), à qui elle a posé la question pour moi et qui pratique le tél et la cam’ depuis ses 18 ans, explique que « le téléphone permet de développer un fantasme, le faire vivre sans le pratiquer car du coup ce ne serait plus un fantasme », en « entrant dans un rôle, plus qu’avec la cam’ ».

Fachos, pédophiles et violeurs

Sarah n’a pas froid aux yeux et peut manger du chocolat « à la place des excréments », mais elle a ses limites :

  • « les fachos, qui me traitent de sale Beurette, ou de singe » (Sarah a des origines maghrébines et d’Afrique noire) ;
  • « les pédophiles, qui me demandent d’avoir 6 ans » ;
  • « les violeurs, qui veulent des scénarios violents dans des ruelles sombres ».

« Il y a deux écoles : ceux qui disent que dans le tél, on évacue. Et ceux qui, comme moi, pensent qu’au contraire, on s’entraîne. Pour moi, la police devrait mettre nos réseaux sur écoute. »

Elle a besoin de clients réguliers mais « ça prend du temps [...], ça se construit petit à petit ». Avec certains, elle noue des relations plus proches mais elle ne déroge jamais à l’un de ses principes majeurs : ne jamais rencontrer les gens qui l’appellent.

« Il faudrait être malade ! »

Un autre homme plus bavard, Alex, appelle :

« Je veux qu’on s’occupe de moi.

– Tu veux que je m’occupe de quelle partie de ton anatomie ?

– Mon cul.

– Si je m’occupe de ton cul, moi, je t’encule.

– Je préfère qu’on me lèche.

– Alors, je passe derrière je crache sur la raie de tes fesses, comme ça, pff, pff, pff. »

Bruits et accessoires

Les bruits sont ce qu’il y a de plus fascinant et réaliste. Même sans l’image, j’ai l’impression qu’un couple fait l’amour devant moi. C’est assez perturbant.

Les bruitages de Cléo

Elle a ses trucs. Parfois, elle se donne des tapes sur les mains ou sur les cuisses, joue avec son nombril.

Elle utilise aussi des accessoires : un godemichet – « pour imiter parfaitement le bruit de la masturbation ou de la gorge profonde » –, un fouet qu’elle claque dans l’air quand un soumis l’appelle, et qu’elle joue à la domina.

Les accessoires de Clé : un fouet, un godemichet, du chocolat...
Les accessoires de Clé : un fouet, un godemichet, du chocolat... - Alice Maruani/Rue89

« Ça existe encore, ce truc ? »

Quand on évoque le téléphone rose, deux clichés viennent très vite en tête. Il y a l’image de Thierry Ardisson, dans un reportage succulent de 1988, accessible en ligne, qui s’imaginait « une vieille avec des bigoudis qui tricotait avec un micro barrette, en train de lire un texte ».

Comme dans le film « Short Cuts », de Robert Altman, sorti en 1993. En plein boom du téléphone rose, on y voyait une femme qui cuisinait tout en gémissant, ses enfants dans les pattes. J’y allais aussi avec cette image en tête, et j’ai trouvé tout le contraire. Quand Sarah travaille, elle est « dedans ».

La deuxième réaction habituelle est le « ça existe encore, ce truc ? » Eh oui le principe est vieux… comme le téléphone. C’est ce qu’explique Eric Bordas, ex-directeur des études de l’ENS Lyon, dans une conférence passionnante sur la « branlotel » dans la littérature :

« La composante érotique de la relation téléphonique fut très tôt et très vite perçue par les utilisateurs. Dès 1910, des courts métrages pornographiques, destinés aux maisons closes, montrent des hommes et des femmes s’adonnant à des pratiques solitaires, le téléphone en main. »

Le téléphone rose s’est ensuite développé de façon semi-industrielle, en même temps que le Minitel dans les années 80.

Le téléphone rose vintage de Sarah, offert par une amie, il est là pour la déco
Le téléphone rose vintage de Sarah, offert par une amie, il est là pour la déco - Alice Maruani/Rue89

Et si le Minitel est mort, notamment avec l’avènement des sites de rencontre type Meetic, au début des années 2000, le téléphone rose, lui, ne l’est pas encore. Le sociologue Fred Pailler, ingénieur d’études à l’EHESS, qui travaille sur la médiation de la sexualité, le décrit comme « invincible ». Il survivra selon lui au porno sur Internet, aux tubes, aux tchats et même aux cams.

Call centers

Mais internet a quand même changé quelque chose pour les « animatrices ». Avant : pas de sites de racolage avec des photos porno trafiquées. Pas non plus de réseaux sociaux pour faire sa pub et trouver des clients. On travaillait dans des appartements loués pour un temps limité, souvent en Suisse. Puis, sont venus les call centers, les filles en open space, alignées les unes à côté des autres, qui parlent et ahanent en même temps.

Jusqu’en 2000, beaucoup étaient en Roumanie pour des clients français. Ça existe encore, « mais aujourd’hui, ça doit être dans des pays de l’hémisphère sud », dit Fred Pailler.

C’est comme ça que Sarah a commencé quand elle avait 18 ans, à la fin des années 90. Dans un call center :

« C’était un délire, avec une copine on a vu l’annonce dans le journal, “ cherche animatrice ”. On n’avait aucune idée de ce que c’était. On a fait ça une semaine, et on a arrêté. Je ne pensais pas y revenir un jour. »

« J’ai fait MacDo, comme tout le monde »

Cléo a passé le bac, essayé d’être infirmière, presque travaillé dans la Marine, voyagé, « fait MacDo, comme tout le monde », assistante de direction dans une entreprise qui louait des bureaux.

« Ex-libertine », elle a expérimenté les « cabarets » suisses – autrement dit, les maisons closes – côté client et côté pro. « C’était la belle vie, le vrai luxe avec jacuzzi et tout. » Mais aussi les clubs échangistes, « par curiosité », pendant plusieurs mois, tous les week-ends, avant d’en sortir « écœurée, comme quand on mange trop de chocolat ».

En 2007, au chômage, elle revient au téléphone rose, surprise que « ça existe encore ».

« Pour l’argent d’abord. Pour quoi d’autre ? Et ça me permet aussi de travailler sans sortir de chez moi. Tu n’as aucun frais, et t’es tranquille. »

Argent

Sarah fait durer l’appel le plus longtemps possible. Les clients payent à la minute. « C’est le TMC, le temps moyen de connexion qui compte », explique Fred Pailler. Le TMC de Cléo ce mois-ci est d'environ neuf minutes.

Pour faire monter la pression, mais pas trop, Sarah a ses techniques. «  Il faut essayer toutes les parties du corps une à une. Quand tu trouves la bonne, tu n'y vas pas, surtout pas. Tu fais autre chose. Ce truc-là, tu ne lui donneras qu'à la fin. Le but n'est pas qu'il ait fini en deux minutes et qu'il te raccroche au nez sans même dire au revoir.  »

Sur son réseau, la minute enAudiotel est à 40 cents. Sur d'autres, c'est variable, et ça peut aller jusqu'à 2 euros, «  en Suisse notamment  ».

Aujourd’hui, comme Cléo, la plupart des animatrices sont en télétravail, en horaires décalés, avec trois ou quatre plages horaires différentes, et un minimum de quatre heures de connexion par jour. Ce qui leur permet d’être disponible pour se consacrer à leur vie de famille et à leurs enfants, quand elles en ont.

Seules conditions : avoir un numéro de Siret et une ligne fixe.

« Et aimer ça. Il faut être libertine, quelque part. Celles qui le font pour l’argent soit-disant “facile” mais qui n’y prennent pas de plaisir ne restent pas. »

Cléo est restée, depuis huit ans, parce qu’elle s’est « prise au jeu » :

« Je ne dirais pas que c’est ma vocation, mais j’ai trouvé quelque chose dans lequel je suis bonne, et que j’aime. »

Sarah : « Tu peux pas te faire chier au téléphone rose »

Elle parle comme une chef d’entreprise, râle sur ses hôtesses qui « l’ont lâchée », « ne font pas leurs heures et veulent être payées mais sans rien faire ».

Car l’animatrice est depuis deux ans à la tête de son propre réseau – encore petit, cinq hôtesses en tout, trois régulières avec elle – appelé AphrodisiaTerra.

« Je me suis faite toute seule, personne ne pourra dire le contraire. »

Marre d’être invisible

C’est pour se faire de la pub qu’elle a accepté de me faire voir son « antre », comme elle dit. Mais c’est aussi autre chose :

« J’en ai marre d’être invisible. C’est un milieu très fermé. Je voulais montrer qu’il y a de vraies femmes au bout du fil. »

Le travail est dur. Souvent, ceux qui appellent, protégés par l’absence d’image et l’anonymat, « ont l’impression que tout est permis » : 

« Quand je refuse, ils me disent qu’ils payent. »

En étant à la tête de son propre réseau, Sarah peut parfois dire « non ». Et elle assure que ses hôtesses ont la même liberté. Mais elles n’ont normalement pas le droit de refuser un service, et elles peuvent se faire écouter par leur boss à tout moment :

« Tu ne peux pas non plus raccrocher. Par contre, tu peux lui faire comprendre que c’est pas ton truc, pour qu’il aille voir ailleurs. »

Fred Pailler parle de cette pénibilité au travail :

« Derrière un tchat, ça peut être un robot, quelqu’un qui tient plusieurs discussions. Dans la voix il y a une authenticité et une fragilité. Une manière de s’impliquer affectivement, car on ne peut pas tout jouer. »

Des travailleuses du sexe

Pour le sociologue, les animatrices sont des « travailleuses du sexe, même si elles ne se définissent jamais comme telles » :

« Ces personnes engagent leur culture sexuelle, leurs ressources sexuelles, leurs affects dans leur travail. Elles doivent apprendre à avoir une sexualité pour soi et une sexualité pour le travail, faire la part des choses. »

D’autant plus que sur tous ces appelants, une bonne part de mecs ont des fantasmes hard : urophilie et zoophilie, notamment. Ce soir là, il y aura un scatophile, et un mec violent.

« Il y en a qui fantasment sur leur mère ou leur père. Là, il faut rester zen. »

Tous les jours, Sarah fait du yoga et s'entoure de bouddhas pour améliorer sa
Tous les jours, Sarah fait du yoga et s’entoure de bouddhas pour améliorer sa « zénitude » - Alice Maruani/Rue89

Elle rêve de devenir comme ces « filles à la tête d’un empire qui ont construit une belle maison avec l’argent du tél ». Pour le moment, Sarah est loin d’être riche, mais cravache dur pour réussir.

« Je me paye le moins possible, 600 euros par mois. Ma meilleure hôtesse gagne entre 800 et 900 euros, mais elle ne compte pas ses heures. »

Le profil Facebook de Cléo. Sarah est tout le temps connectée sur les réseaux sociaux pour parler à ses clients réguliers
Le profil Facebook de Cléo. Sarah est tout le temps connectée sur les réseaux sociaux pour parler à ses clients réguliers - Alice Maruani/Rue89

Elle est fière de ce qu’elle fait. AphrodisiaTerra, c’est « son bébé ».

« T’as regardé la télé récemment ? Même le saucisson est cancérigène. L’imaginaire, c’est le seul truc qui nous reste aujourd’hui. » 
 

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