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Les taux négatifs laminent les banques.

Publié par MaRichesse.Com sur 24 Septembre 2016, 09:09am

Catégories : #ECONOMIE

Les taux négatifs laminent les banques.

La faute aux politiques monétaires agressives des banques centrales européenne et japonaise.

« Les taux bas ne sont pas responsables de tous les maux qui touchent le secteur financier ». C'est en substance ce qu'a déclaré le président de la Banque centrale européenne (BCE) Mario Draghi lors de sa dernière réunion . Certes, d'autres facteurs - comme le Brexit ou la croissance chinoise - plombent les perspectives pour les banques, mais il ne faut pas sous-estimer l'impact du taux de dépôt négatif (-0,4%) pratiqué par l'institut monétaire européen. Encore moins le taux négatif de la Banque du Japon instauré en janvier dernier .

En effet, les économistes de Citi ont fait une comparaison du cours de Bourse des banques basées dans un pays où il n'existe pas de taux négatifs (Etats-Unis, Royaume-Uni, Canada et Australie) et celles où les taux négatifs ont été instaurés par les banques centrales (zone euro et Japon). La différence est flagrante.

 


En rouge le cours des banques dans les pays avec taux négatifs et en bleu les cours de banques dans les pays sans taux négatifs. - Citi

Là où les banques centrales ne pratiquent pas les taux négatifs, le cours de Bourse des principales banques cède légèrement du terrain depuis le début de l'année. A l'inverse, en zone euro et au Japon, les titres ont perdu environ 25% de leur valeur. A titre d'exemple, BNP Paribas a perdu un peu moins de 10% depuis le début de l'année. Société Générale a cédé près de 25% et Deutsche Bank, 50%. Pour l'allemande, ces pertes sont liées à une situation interne difficile qui dépasse largement la politique monétaire de la BCE.

 

Les effets secondaires

Ce graphique a été publié dans une note à la suite de la décision de la Banque du Japon de revoir sa politique monétaire . Mercredi, elle a fait savoir qu'elle allait tenter de contrôler les rendements des bons du Trésor pour les ramener autour de 0%, afin de soulager les groupes financiers. « La BoJ a souligné que, si les taux négatifs ont tiré vers le bas les rendements et le coût du financement, ils ont été accompagnés d'effets secondaires négatifs (notamment sur la rentabilité des banques) », relève Citi dans sa note.

À 

Depuis le début de l'année, les établissements bancaires sont malmenés par les marchés. A la suite des résultats des tests de résistance menés par l'Autorité bancaire européenne, les valeurs bancaires ont été sanctionnées en Bourse. Mais ce qui inquiète les investisseurs est moins la solidité des banques, qu'une perspective morose en termes de rentabilité.

 

Les gagnants et les perdants

Le taux de dépôt négatif de la BCE fonctionne comme une taxe sur les dépôts des établissements auprès de la banque centrale. La facture pour les banques est estimée à 2,9 milliards d'euros. De plus le vaste programme de rachats d'actifs (80 milliards d'euros par mois) tire vers le bas tous les taux. Le Bund allemand à 10 ans est ainsi tombé en territoire négatif en juin dernier. Certaines entreprises, comme Henkel en Allemagne et Sanofi en France se financent même à taux négatifs . Ce qui veut dire qu'elles vont rembourser moins qu'elles n'ont emprunté.

L'environnement de taux bas est une bonne nouvelle pour les Etats qui peuvent se financer à très bon marché. Les autres emprunteurs profitent également de ce contexte : les taux du crédit immobilier ne sont jamais tombés aussi bas . C'est en revanche un boulet pour les épargnants et les institutions financières. Les premiers voient le rendement de leurs économies fondre. Les secondes accusent le coup avec des marges rognées sur l'activité traditionnelle de crédit aux particuliers et aux entreprises.

A noter toutefois que pour les activités de banques de financement et d'investissement, cette situation a été bénéfique car le prix des obligations a grimpé (le taux a baissé). Les traders ont ainsi pu revendre à la BCE des titres au prix fort. Un exemple ? Goldman Sachs a vu les revenus de son activité « Fixed income » (taux, change) bondir de 20% au deuxième trimestre. Cela n'a pas empêché la banque de Wall Street d'enregistrer un recul de son activité globale .


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