Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Marichesse.com

Marichesse.com

Conseils, science, sante et bien-être


Les psychopathes ressentent la peur mais n'ont pas conscience du danger

Publié par MaRichesse.Com sur 8 Septembre 2016, 06:49am

Catégories : #SCIENCE, #VIE

Les psychopathes ressentent la peur mais n'ont pas conscience du danger

Sur un plan cognitif et neurologique, rien ne prouve que les psychopathes aient un ressenti de la peur qui soit anormal ou dysfonctionnel.

Les psychopathes sont capables de ressentir la peur, mais leur cerveau a du mal à détecter automatiquement le danger et à y réagir en conséquence. Telle est la principale conclusion d'un tour d'horizon de la littérature scientifique effectué par des chercheurs affiliés à l'université Radboud de Nimègue et à l'iniversité libre d'Amsterdam, aux Pays-Bas. Et un tour d'horizon conséquent, vu que leur corpus débute en 1806.

En outre, il s'agit de la première étude à prouver empiriquement que les processus conscients et automatiques peuvent être distincts. Une découverte qui pourrait bouleverser bien des consensus théoriques, mais aussi s'avérer des plus utiles pour mieux comprendre et mieux soigner d'autres troubles mentaux, comme le syndrome de stress post-traumatique.

Dans cette revue systématique, doublée d'une méta-analyseSylco S. HoppenbrouwersBerend H. Bulten et Inti A. Brazil examinent les liens entre la peur –dans ses dimensions neurobiologiques et cognitives– et la psychopathie chez des adultes. Depuis des décennies, on estime que les cerveaux des psychopathes ont du mal à traiter cette émotion, certains psychiatres considérant même que les psychopathes sont incapables de la ressentir.

Le travail des chercheurs néerlandais, notamment spécialistes de psychiatrie criminelle et médico-légale, prend une direction relativement différente: les psychopathes n'ont pas tant de mal à ressentir la peur qu'ils en ont à détecter des dangers et à y réagir, une fonction essentielle à notre survie.

L'étude montre qu'à un niveau cognitif et neurologique, rien ne prouve formellement que les psychopathes aient un ressenti de la peur qui soit anormal ou dysfonctionnel. Par contre, là où les cerveaux des psychopathes divergent réellement du reste de la population, c'est dans les automatismes régissant la conscience du danger et les réactions qui s'ensuivent. Les chercheurs isolent d'autres émotions dont le traitement cérébral semble anormal chez les psychopathes, notamment la colère et la joie, sans que les données scientifiques soient aujourd'hui assez solides et cohérentes pour affirmer quoi que ce soit à ce sujet.

«Une conséquence de nos recherches, explique Hoppenbrouwers, c'est que certaines théories très influentes qui assignent un rôle de premier plan à la témérité dans l'étiologie de la psychopathie devront être réexaminées et mises en conformité avec les faits neuroscientifiques actuels. Une telle réévaluation (…) permettra davantage de précision dans la recherche et la pratique clinique, ce qui pourrait ouvrir la voie à des interventions thérapeutiques mieux ciblées et plus efficaces».

Commenter cet article

Archives