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Les Gabonais de Suisse disent s'être fait voler leur élection

Publié par MaRichesse.Com sur 11 Septembre 2016, 06:22am

Catégories : #SUISSE, #AFRIQUE, #POLITIQUE

Les Gabonais de Suisse disent s'être fait voler leur élection

Il n’y a pas qu’au Gabon que les opposants au président Ali Bongo dénoncent un «hold-up» électoral. Les membres de la diaspora gabonaise à Genève disent ne pas avoir pu voter le 27 août. «Le jour de l’élection, je me suis rendu à la mission permanente auprès de l’ONU mais les bureaux étaient carrément fermés», s’étrangle une Gabonaise installée en Suisse depuis 1989. Le petit pays d’Afrique centrale, l’un des plus prospère du continent grâce à son pétrole, était alors dirigé par l’inamovible Omar Bongo. Son fils lui a succédé en 2009 à l’issue d’un scrutin déjà controversé. La famille Bongo monopolise le pouvoir depuis 49 ans.

Ali Bongo a coiffé au poteau son rival Jean Ping, un ancien ministre d’Omar Bongo, pour moins de 6000 voix. Le président sortant n’a rattrapé son retard qu’à la faveur du vote dans son fief du Haut-Ogoué, dont les résultats ont été annoncés avec deux jours de retard. La province aurait voté comme un seul homme pour l’enfant du pays: à 95 % et surtout avec un taux de participation exorbitant de 99 %. Les observateurs européens ont relevé une «évidente anomalie». Jeudi, Jean Ping a finalement saisi la cour constitutionnelle Son camp la surnomme «la Tour de Pise», «car elle penche toujours du côté du pouvoir». La cour doit se prononcer d’ici quinze jours.

 

«A Genève, lors des précédentes élections, nous avions toujours pu voter», continue l’exilée gabonaise. «Après notre départ, les urnes étaient sûrement bourrées mais au moins nous pouvions voter», soupire-t-elle. D’autres Gabonais disent que le vote à Genève a été purement et simplement annulé. «Soit disant parce qu’il n’y avait pas assez d’inscrits», croit savoir une autre Gabonaise.

Une troisième catégorie d’exilés dit ne pas avoir reçu leur carte électorale malgré leurs papiers en règle et leurs demandes répétées auprès de la mission gabonaise à Genève. Cette dernière n’a pas retourné nos appels. Il n’existe aucune autre représentation du Gabon en Suisse. Pour renouveler leur papiers, la petite communauté gabonaise, quelques centaines de personnes, doit se rendre à Paris.

En France, où vivraient 12 000 Gabonais, le scrutin a bien été organisé, témoigne une Gabonaise résidant à Paris. «Le régime a fait spécialement venir des étudiants dans la capitale depuis Strasbourg. Il croyait qu’ils étaient acquis au clan Bongo. Résultat: ils ont presque tous voté contre Ali Bongo», raconte-t-elle. «La diaspora a voté à 78 % pour Jean Ping», assure Lionel Essono Ondo, porte-parole de l’opposant en Europe. 

 

Pillage en règle

«Ce n’est pas un vote d’adhésion à Jean Ping mais de rejet d’Ali Bongo», estime Achille De Peretti Della Rocca Mboumba. Avec quelques dizaines de compatriotes, le jeune Gabonais qui n’a connu que les Bongo a crié, mercredi devant l’ONU, son ras-le-bol de la dynastie au pouvoir. «Omar Bongo usait du bâton mais il savait aussi utiliser la carotte, dit-il. Ali Bongo a davantage pillé le pays en sept ans que son père en 40 ans.» Les protestataires dénoncent la vague de répression qui s’est abattue sur le Gabon.

L’annonce des résultats du scrutin a provoqué des émeutes et le quartier général de Jean Ping a été attaqué par les forces de sécurité. Le bilan officiel des heurts, trois victimes, est une autre gifle à la face des Gabonais de l’étranger. Ils assurent que des centaines de personnes ont été tuées et blessées. «Des hommes armés cagoulés, parlant anglais ou portugais, patrouillent dans les rues. Ils tuent de sang froid. Ils violent les femmes et ils n’hésitent pas aller chercher les jeunes opposants chez eux. C’est du jamais vu au Gabon», souffle une manifestante. Tous disent que plus rien ne sera désormais comme avant. 

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