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Les Français seraient prêts à travailler plus... sans gagner plus

Publié par MaRichesse.Com sur 16 Septembre 2016, 09:55am

Catégories : #TRAVAIL, #EMPLOI, #FRANCE

Les Français seraient prêts à travailler plus... sans gagner plus

Selon une étude Randstad, près d'un salarié sur deux se dit temporairement disposé à travailler plus sans voir son salaire augmenter si son entreprise traverse une période difficile.

Travailler plus pour ne rien gagner de plus. L'idée semble très éloignée des habitudes des Français. Et pourtant, les choses semblent évoluer. D'après une enquête réalisée par Randstad, le géant mondial de l'intérim, auprès d'un échantillon d'environ 6000 salariés à temps plein, 48,3% des salariés se disent prêts à travailler davantage sans hausse de salaire. Mais à deux conditions: que leur employeur connaisse des difficultés et que cela soit temporaire. Pour Randstad, cette réponse est «pour le moins inattendue», peut-être «l'amorce d'un changement de mentalité».

Elle est d'autant plus surprenante que les Français ont jusqu'ici très peu plébiscité les outils de flexibilité interne, comme la modulation de salaire et/ou du temps de travail, en cas de dégradation de la conjoncture. Le schéma français consiste plus traditionnellement à solliciter les outils externes, tels que les plans de sauvegarde de l'emploi. «Dans ce contexte, il est peu surprenant que les efforts des pouvoirs publics pour changer la donne n'aient jusqu'à présent pas été couronnés de succès. Ainsi en est-il des accords de maintien de l'emploi, créés en juin 2013, par la loi de sécurisation de l'emploi, dont tout juste 10 exemplaires avaient été signés près de deux ans après leur entrée en vigueur», expliquent les auteurs de l'étude.

Mais les Français semblent désormais prêts à revoir leur position, comme l'a illustré en décembre 2015, le choix des salariés de l'usine Smart d'Hambach. Ces derniers étaient plus de 90% à accepter de signer l'avenant à leur contrat de travail les faisant passer de 35 à 39 heures par semaine, acceptant ainsi d'augmenter leur temps de travail de 12% en échange d'une augmentation des salaires de seulement 6%.

Outre-Rhin, le recours à des outils de flexibilité interne en cas de crise, comme l'extension du chômage partiel, est plus systématique. L'Allemagne a ainsi mieux traversé la crise de 2008-2009, avec un taux de chômage qui a à peine augmenté, passant de 7,3% à 7,5% entre ces deux années contre un bond de 7,8% à 9,4% en France.

 

De manière plus globale, cette étude balaye le principe même des 35 heures en France. Selon elle, ce seuil ne reflèterait plus la réalité. «Les aménagements successifs du temps de travail ont rendu cette durée relativement théorique pour les salariés. Plus d'un sur deux (55,9%) a ainsi une durée hebdomadaire du travail égale ou supérieure à 36 heures d'après son contrat de travail», expliquent les enquêteurs. En comptant les heures supplémentaires, la part des salariés travaillant 36 heures ou plus par semaine atteint même 72%. «Conclusion: la grande majorité des salariés à temps plein en France travaille donc chaque semaine bien au-delà de 35 heures», affirme l'étude.

Cette évolution a été rendue possible par les nombreuses mesures prises ces dernières années. Comme par exemple les relèvements des contingents d'heures supplémentaires, leur défiscalisation (introduite en 2007 puis supprimée en 2012) ou l'extension du forfait-jours aux autres salariés que les cadres. À cela va bientôt s'ajouter la loi El Khomri. Promulguée cet été, cette dernière prévoit de permettre aux entreprises de modifier le temps de travail des salariés selon des dispositions moins favorables que celles prévues par l'accord de branche. À condition d'obtenir un accord d'entreprise majoritaire. «Elle ouvre possiblement la voie à une diversité de situations encore plus grande qu'aujourd'hui», prédisent les auteurs de l'étude. 

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