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Les Français plus sujets aux pensées suicidaires que leurs voisins européens

Publié par MaRichesse.Com sur 10 Septembre 2016, 03:14am

Catégories : #FRANCE, #EUROPE, #SANTE-BIEN-ETRE

Les Français plus sujets aux pensées suicidaires que leurs voisins européens
À l'occasion de la Journée de prévention du suicide, la fondation Jean Jaurès publie la première enquête européenne comparative.

 

Chaque année, 200 000 Français tentent de mettre fin à leurs jours et on estime qu'entre 10 000 et 11 000 y parviennent. À l'occasion de la 15e Journée mondiale de prévention du suicide ce samedi, la fondation Jean Jaurès, un think tank au service de «la défense de la démocratie», publie la première enquête comparative européenne sur le sujet. Réalisée par l'Ifop dans 4 pays (France, Allemagne, Espagne et Italie), elle démontre que «les Français sont les plus exposés aux pensées suicidaires». 

 

Les Français plus touchés

Vingt pour cent des 2007 Français sondés avouent «avoir déjà songé sérieusement» au suicide, contre 15, 16 et 12 % respectivement pour les Espagnols, Allemands et Italiens. Par ailleurs, 5% témoignent avoir déjà fait une tentative nécessitant une hospitalisation - là encore, ces chiffres sont bien moins élevés chez nos voisins.

Pour Michel Debout, professeur de médecine légale au CHU de Saint-Étienne et président de l'association Bien-être et société à l'initiative de l'enquête, «les raisons peuvent être liées à la crise économique et sociale. La France a un modèle social plus affirmé que l'Italie et l'Espagne. Dans ces pays, le système d'entraide familiale est plus ancré, ce qui se ressent dans les résultats de l'enquête.» 

 

Les femmes plus concernées

D'après les résultats de l'étude, les femmes seraient plus concernées: 23 % de femmes interrogées auraient déjà pensé sérieusement au suicide, contre 17 % chez les hommes. Ces chiffres complètent les observations faites dans le dernier rapport de l'Observatoire national du suicide (ONS) qui avait conclu que si les femmes passaient plus fréquemment à l'acte que les hommes, les tentatives de ces derniers avaient plus de risques d'aboutir.

D'autres facteurs comme l'âge, le statut professionnel et le niveau de diplôme rentreraient en jeu pour expliquer la vulnérabilité d'un individu. En France, les moins de 35 ans déclarent à 24 % avoir déjà eu une intention réelle de se suicider, contre 19% chez leurs aînés. Par ailleurs, moins on est diplômé, plus on pense au suicide. En outre, l'enquête tend à montrer que le chômage ainsi que les conditions de travail dégradées favorisent les pensées suicidaires des actifs. «Le suicide est multifactoriel, souligne Michel Debout. Cependant, le rôle du chômage n'est pas négligeable. Il est traumatique et fragilise la personne. On le voit dans l'étude: un Français sur cinq déclare éprouver des pensées suicidaires sérieuses. Parmi les individus au chômage, on passe à 30 %.» 

 

L'impact du suicide d'un proche

La prise de psychotropes augmente aussi le risque de pensées suicidaires, mais c'est assez logique, explique le Pr Debout. «Beaucoup de psychotropes sont utilisés pour soigner des états dépressifs ou des maladies chroniques. Il y a une cohérence dans le fait que les pensées suicidaires soient plus fréquentes chez quelqu'un à qui l'on vient de prescrire des antidépresseurs. Les médecins doivent donc être plus attentifs à la possibilité de risque suicidaire lorsqu'ils prescrivent ces traitements.»

Plus surprenant, l'enquête montre aussi qu'avoir fait l'expérience d'une tentative de suicide ou d'un décès de ce type parmi ses proches augmente le risque d'avoir des pensées suicidaires. Michel Debout explique que «la détresse de la perte d'un proche est très forte chez les parents d'enfants suicidés et les enfants de parents suicidés. Le suicide d'un proche “ouvre la voie d'une solution possible” en quelque sorte. Il y a une contagiosité que l'on ne retrouve pas quand on perd un proche d'une autre cause, comme de maladie.» 

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