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Les étudiants latino-américains: «Nous sommes le cauchemar de Trump»

Publié par MaRichesse.Com sur 23 Septembre 2016, 09:41am

Catégories : #POLITIQUE, #RACISME, #ETATS-UNIS, #TRUMP

Les étudiants latino-américains: «Nous sommes le cauchemar de Trump»

Le vote des latino-américains sera déterminant pour ces élections. Personne ne peut gagner sans eux. Et ils ne voteront pas pour Donald Trump.» Dans son bureau au troisième étage de la Maxwell School of Citizenship and Public Affairs de Syracuse, la prestigieuse université de l’État de New York, dont les bâtiments néo-classiques et les tours crénelées rappellent le Poudlard de Harry Potter, le professeur Rafael Fernandez De Castro Medina semble convaincu. Mais le politologue, qui fut pendant longtemps le conseiller de Felipe Calderón, l’ancien président du Mexique qui a décriminalisé l’immigration illégale, sait bien que ces 27 millions d’électeurs (les hispaniques sont très nombreux aux États-Unis) sont surnommés «le géant endormi» à cause de leur incapacité à se mobiliser politiquement et à peser dans la balance.

«Le vote des latino-américains est sans doute la clé de ces élections. Mais la grande inconnue, comme toujours, c’est le nombre de personnes qui vont effectivement aller s’inscrire et voter. Nombreux sont ceux, dans la communauté, qui ne parlent pas anglais, ne connaissent pas les lois, vivent dans des conditions très précaires et ne sont pas conscients de leur pouvoir. Mais, cette année, quelque chose a changé: je pense que le géant endormi s’est réveillé.» Voilà donc l’arme secrète d’Hillary Clinton: selon le dernier sondage Wall Street Journal/Nbc News/Telemundo publié hier, c’est aux latino-américains qu’elle devrait ses 6% d’avance sur Trump. 65% d’entre eux se disent en effet prêts à voter pour elle, alors que seulement 17% lui préfèrent Trump. Clinton séduit donc environ 8 hispaniques sur 10: une proportion encore plus élevée que pour Barack Obama en 2012 (44%). «Trump est allé trop loin avec ses insultes et ses menaces. Toute la diaspora latine se mobilise pour le contrer. Et elle fera tout pour pousser les gens à aller voter. C’est ce vote qui fera la différence», explique de Castro.

Les étudiants hispaniques sont, naturellement, très préoccupés par ces élections. Ils viennent de toute l’Amérique du Sud pour poursuivre leur cursus ici, à Syracuse, grâce à une bourse qui leur est dédiée. Selon eux, les États-Unis sont dans une situation paradoxale. «Je suis venue de Lima, au Pérou, pour étudier dans cette prestigieuse université», explique Adriana Arapiega Munoz qui termine ses études avec un Master en administration publique. «Je discute de choses passionnantes avec des professeurs et des étudiants qui viennent du monde entier. Nous réfléchissons aux moyens d’améliorer les relations diplomatiques, nous débattons sur des questions d’économie et nous méditons sur l’éthique du citoyen. Et pourtant, il existe un vrai risque: avant même la fin de nos études, nous pourrions nous retrouver dans un pays différent. Un pays où nous serions rejetés et considérés comme des citoyens de seconde zone. Niveau éthique, ce serait le monde à l’envers.» Son amie Diana Chaman, originaire elle aussi du Pérou, pense la même chose: «Trump propose un modèle économique intenable qui va à l’encontre de la modernité. Nous espérons que les électeurs l’ont compris. Et nous espérons que les latino-américains sont conscients qu’il en va de l’avenir de tous, y compris de leurs pays d’origine

 

 

 

 

Tournée électorale des mosquées dans la capitale musulmane des Etats-Unis

 PAR DAVID HAEBERLI (TRIBUNE DE GENÈVE), DEARBORN, MICHIGAN

 

Le Soir et six journaux européens ont envoyé douze journalistes sillonner l’Amérique avant les élections. A Dearborn, 45% de la population est de confession musulmane. Adel Mozip y fait campagne pour être élu le 8 novembre au niveau local.

A l'intérieur de la mosquée American Muslim Society, au sud de Dearborn

Adel Mozip a prévenu les siens: il ne le verront pas beaucoup d’ici au 8 novembre, jour d’élection aux Etats-Unis. Ce jeudi soir, nous l’accompagnons à Dearborn, en banlieue de Detroit. Il y fait la tournée des mosquées. Pour prier. Mais aussi pour rappeler à sa communauté qu’elle doit voter pour lui. Cet ingénieur informaticien de 29 ans espère être élu au conseil des écoles de sa ville, Dearborn.

La mosquée Masjid Alsalam est pleine pour la prière de 17 heures. Avec 45% de musulmans, cette banlieue de Detroit est la capitale musulmane des Etats-Unis. C’est l’industrie automobile qui a provoqué les premières vagues d’immigration. Le père d’Adel a quitté le Yémen pour travailler dans les usines Ford de Dearborn. «Je n’ai vu mon père que lorsque j’avais 4, 6 et 12 ans, lors de ses retours au Yémen.» Finalement, toute la famille fera le voyage vers le Midwest. Adel avait 13 ans. Il a désormais vécu plus de temps aux Etats-Unis qu’au Yémen: «Mon foyer, c’est Dearborn. C’est là que j’élève mes enfants

Adel a créé une organisation qui promeut les études auprès des jeunes. Accès à l’éducation et d’égalité des chances, les idéaux démocrates lui tiennent à coeur. «Mais j’ai des valeurs conservatrices: le mariage gay et l’avortement ne m’enthousiasment pas. Je suis pris entre les deux alternatives. En Europe, vous avez la chance de pouvoir choisir entre plusieurs partis. Ici, c’est soit l’un, soit l’autre

Abdullah Hammoud, candidat à la Chambre des représentants.

Cette ambiguïté, Abdullah Hammoud veut l’affronter. Candidat démocrate à la Chambre des représentants du Michigan à seulement 25 ans, il répond ce soir à des questions d’habitants du sud de Dearborn, là où les cheminées de Rouge Plant, l’usine historique de Ford, donnent à l’air une odeur acre. Adel est venu le soutenir. «Nous sommes une communauté religieusement conservatrice, répond le jeune homme à une questions sur les problèmes de drogue. Il faut provoquer des discussions sur ces sujets, ne pas attendre qu’un accident arrive pour dire que cela existe.» «Je ne me présente jamais comme le candidat arabe-américain, toujours comme celui de Dearborn», lance-t-il à son assemblé pourtant majoritairement musulmane.

A la mosquée American Muslim Society, après la prière de 18 heures 30, Adel sert des mains. Il rappelle que bientôt, il organise une soirée pour récolter des fonds. Sa campagne lui coûte 14 000 $. Nous croisons Nagi Mohamed, 21 ans, étudiant en médecine. Son espoir pour les élections présidentielles? «On vit comme sur un volcan. J’aimerais que les choses redeviennent normales

Adel Mozim dans la mosquée American Muslim Center, à l'est de Dearborn

Ce volcan, c’est la suspicion permanente dans laquelle les musulmans américains vivent depuis quinze ans. «Pour moi, les difficultés commencent lorsque je voyage au-delà de Dearborn, dit Adel. Des réflexions, des insultes. Aux douanes, on fouille mes affaires avec beaucoup de zèle…» Chaque faits divers ravive la tension: «Les médias américains baladent leurs caméras dans nos rues au moindre événement.»

Les provocations de Donald Trump n’arrangent rien. «Il y a une anxiété par rapport à ce qu’il a dit à propos des musulmans. Les gens vont voter en masse pour Hillary, même si elle n’est pas très convaincante.» Un souvenir douloureux fera certainement voter démocrate, lui aussi. En 2000, beaucoup d’Arabes-Américains avaient voté Bush, convaincus qu’il serait moins conciliant que Gore avec Israël. «Ils le regrettent amèrement», souffle Adel.

A l'intérieur de la mosquée American Muslim Society, au sud de Dearborn

La tournée se termine dans le recueillement du American Muslim Center, dans la quartier plus cossu de Dearborn. Une ancienne église. «Il n’y avait plus de fidèles. Dans les années 70, les murs ont été vendus à la communauté musulmane, qui l’a transformée en mosquée.» 

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